1,147 Md€ pour compenser l'arrêt de la publicité sur France Télévisions
La compensation de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques devrait entraîner des besoins de financement de 1,147 Md€ pour 2009, selon des soures proches de France Télévisions ayant assisté au conseil d'administration extraordinaire du 27 février et citées par l'AFP. Pour l'année 2008, le CA publicitaire a un objectif fixé à 849 M€, mais accuse au 12 février un retard de 37 M€ par rapport aux objectifs du 1er trimestre. A la fin de 2008, l'estimation de la perte de recettes publicitaires est chiffrée à 203 M€, selon ces sources. Si la publicité était totalement interdite au 1er janvier prochain, il manquerait au groupe 854 M€ en 2009, auquels s'ajouterait le coût des 1 761 heures de programmes de substitution, évalué à 220 M€. En outre, la réforme du groupe public pourrait entraîner, d'après les sources interrogées par l'AFP, le départ de près de 10% des effectifs de France Télévisions. Cette information a été démentie "catégoriquement et avec la plus grande fermeté" par la direction. Selon l'agence de presse, le Pdg du groupe Patrick de Carolis aurait, au cours du conseil, évoqué "une réflexion du gouvernement sur la possibilité de fusionner des services ou des chaînes et le départ de 1 000 personnes du groupe", qui en compte 11.000. Ces "propos tronqués prêtés à Patrick de Carolis (...) relèvent de la malhonnêteté intellectuelle, et ne correspondent ni au projet d’entreprise porté depuis près de trois ans, ni aux réformes en cours", a rétorqué la direction, qui a condamné "avec la plus grande vigueur cette manipulation scandaleuse, caractéristique d’une volonté manifeste de nuire." L'intersyndicale de France Télévisions a été reçue hier par leur Pdg. Interrogé par l'AFP, son porte-parole Jean-François Téaldi a indiqué que Patrick de Carolis, questionné sur d'éventuelles suppressions d'emplois, avait répondu: "nous ne sommes pas dans cet état d'esprit, on doit pouvoir réorganiser autrement et jouer sur la mobilité pour ne pas en arriver là". Néanmoins "on en ressort encore plus inquiets qu'avant", a commenté le syndicaliste.
29/02/2008 - CBNEWS - Didier Si Ammour

