Imbroglio entre Google et Havas au Royaume-Uni

Le 19/03/2017 à 14:36 par Amelle Nebia

C'est peut-être la première crise provoquée par le programmatique.  Vendredi, la filiale britannique de Havas a ainsi annoncé qu’elle retirait ses publicités de Google et YouTube dans ce pays après une polémique sur des bannières et vidéos publicitaires placées sur des contenus inappropriés ou choquants. Une décision spectaculaire qui a toutefois été contestée par le PDG de la maison mère, Yannick Bolloré. "Cette décision ne correspond pas du tout à la position du groupe" qui n’en a pas été tenu au courant et "qui a un partenariat très fort avec Google", a indiqué ce dernier, vendredi. "À titre personnel, je trouve ça très bien de proposer aux clients au cas par cas" de retirer des publicités, "mais je trouve ça un peu extrême de le faire à leur place", a-t-il poursuivi. Selon lui, le groupe va mener une investigation "pour essayer de comprendre ce qui s’est passé dans notre filiale UK". Havas compte parmi ses clients en Grande-Bretagne l’opérateur de télécommunications O2, la BBC, le vendeur de pizzas Dominos ou le groupe automobile Hyundai Kia. Un peu plus tôt, la filiale britannique de Havas avait indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP que "le groupe Havas Royaume-Uni a (vait) pris la décision pour ses clients britanniques de faire une pause dans tous ses investissements sur YouTube ou Google", faute d’avoir trouvé un accord avec le géant du numérique. La vente et l’achat d’espaces publicitaires sur Google ou sa filiale de vidéo YouTube n’est pas réalisé par des humains mais par un système automatisé basé sur des algorithmes. Google assure filtrer les contenus sur lesquels sont placées les publicités mais n’est pas à l’abri de failles. Réagissant à cette décision de Havas UK, Robert Thomsom, directeur exécutif du groupe de médias News Corp du magnat australien Rupert Murdoch a déclaré qu’il était temps pour les publicitaires de "revenir aux fondamentaux du métier pour protéger leurs marques de dommages importants et s’éviter de se retrouver involontairement associés à de potentielles activités criminelles, comme le soutien à des groupes extrémistes ou la pornographie". Le journal The Guardian, la BBC et le gouvernement britannique ont également annoncé qu’ils retiraient leurs publicités de YouTube et Google. Des publicités pour le Guardian avaient été placées sur des contenus extrémistes comme des vidéos d’Américains suprématistes ou d’un prêcheur islamiste controversé, a indiqué le journal en annonçant sa décision sur son site. "Nous avons le devoir d’assurer à nos clients que leurs marques sont placées sur le marché britannique dans le bon contexte et qu’ils puissent être certains que cet environnement est sûr et régulé", a expliqué Paul Frampton, directeur général de Havas pour le Royaume-Uni, cité dans le communiqué de Havas UK. Google "n’a pas été en mesure de fournir des assurances" sur ses pratiques ou de garantir que les contenus étaient "classés de façon assez rapide ou avec les bons filtres", a souligné Havas UK. Interrogé par l’AFP, un porte-parole de Google a répondu avoir "des règles très strictes qui définissent les emplacements où les publicités Google peuvent apparaître". Dans la grande majorité des cas, ces règles fonctionnent mais "nous reconnaissons que nous ne sommes pas infaillibles et que, parfois, des publicités peuvent apparaître là où elles ne devraient pas", a-t-il poursuivi. "Nous sommes déterminés à nous améliorer et apporterons des modifications à nos politiques et systèmes de contrôle pour les annonceurs", a assuré la filière britannique du groupe. 

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