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Newsletter hebdomadaire - n° 50 - jeudi 26 février 2009
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La plume dans le rougeLe Français moyen n’est jamais là où on l’attend. Sommé, il y a quelques semaines, par Gérard Lefort dans «Libé» de choisir, face à la crise, entre «Les Raisins de la colère» et «The Shop Around the Corner» (Lubitsch est mon propre choix, j’y ajouterais Borzage), lui, prend aujourd’hui «Le Guépard». Burt Lancaster qui «accepte un nouvel ordre social pour préserver l’essentiel de l’ordre ancien», écrivent d’une belle plume unique comme un couteau planté dans le rouge, Véronique Langlois et Xavier Charpentier (Publicis Groupe) in «Les Nerfs solides. Paroles à vif de la France moyenne», aux Editions Nouveaux Débats publics. Un bouquin, un outil, comme un brûlot, pour tous ceux, politiques, chefs d’entreprise, publicitaires, journalistes qui, face à la crise, font aussi bien preuve d’immobilisme, ou en profitent (Leclerc et le pouvoir d’achat). L’investigation quali que permet le Web 2.0, autour d’un panel de 600 personnes représentatives des classes moyennes sur blog fermé, livre en quelques pages un portrait unique et pluriel, choral et discordant, mais toujours saisissant du ressenti de ceux «qui ne font pas l’opinion mais qui sont l’opinion». 20 millions de personnes nées pour la peine mais, aujourd’hui aussi, pour la parole. Et qui mettent bas les élites. Comme les bonnes vieilles méthodes marketing. Une réelle «révolution sociologique». «Payer une marque, c’est pouvoir se faire plaisir et, donc, vivre, alors qu’actuellement nous en sommes au stade de la survie.» Devenus en dix ans des travailleurs pauvres, les classes moyennes, «principales clientes des marques, cheville ouvrière de l’économie française, pivot de notre modèle social»… se sont métamorphosées à la grâce du Web 2.0 en majorité, non plus silencieuse mais, radicale. Le cri rédigé d’une colère qui n’exclut ni rigorisme, encore moins devoir d’intelligence. Dénuées d’empathie, les classes moyennes endiguent les souffrances jusqu’au renoncement à l’enfant pour, avec volontarisme, retrouver leur prospérité en tant que nation comme sauver leur niveau de vie individuel. Un nouveau stoïcisme pour une rupture sociologique qui, si elle est ignorée, débouchera sur une crise majeure de civilisation, «la valeur travail comme la méritocratie, fondements du pacte républicain n’étant plus pris en compte », assurent leurs auteurs. Mon Gérard, les classes moyennes visionnent, en somme, un ancien «Age d’or» pour pouvoir dire, demain, «La vie est belle», version Capra. PS : Voir aussi sur le sujet «Guadeloupisation» (Livraison), Etres Humains (La Phrase de la semaine et le nouveau discours de la méthode (l’Interview de la semaine). |
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LIVRAISON/« Guadeloupisation »
LES NERFS SOLIDES, PAROLES A VIF DE LA FRANCE MOYENNE, VERONIQUE LANGLOIS, XAVIER CHARPENTIER – Outre l’analyse et les commentaires qu’il suscite (cf. édito), «Les Nerfs solides» sont d’abord un constat. Un livre qui démarre sur une citation de Jaurès ne peut pas être mauvais : «La classe moyenne se compose de tous ceux qui, ayant un certain capital, vivent beaucoup moins de ce capital que de l’activité qu’ils y appliquent.» Dire les classes moyennes, plutôt en colère car se demandant si la société de conso est encore faite pour elles. Comme un ascenseur social en panne qui fragilise leur descendance. Et une honte collective et citoyenne devant l’étendue du désastre : une vie dégradée. La France a reculé. Piégée dans une société du labeur qui est venue remplacer la société des loisirs qu’on lui avait vendue – relique du passé, réalité insupportable. Travailler dur pour gagner peu et le stress permanent d’être dans le rouge, de ne plus maîtriser sa consommation. Risque de perte d’emploi, de précarisation. Ils se «restrictionnent». Impuissance, lassitude. Sans prise réelle sur l’avenir. Et, aussi, une liberté de parole et d’échange qui sonne le glas du monopole des idées et de la production de sens. Quand l’écrit redevient un moyen d’expression irremplaçable qui développe une intelligence collective sur un sujet, in fine, qui est eux. Jaurès serait content. «Les Nerfs solides, paroles à vif de la France moyenne», Editions Nouveaux Débats publics – 18 €.CB News - E. .V.
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TEA TIME DESIGN/Coupe au bol
BOLS CLAYDIES AND GENTLEMEN, CLAYDIES – Les Claydies ce sont deux designers danoises, aussi douées que barrées, qui travaillent ensemble depuis treize ans et fomentent des projets un peu azimutés : vases en forme de botte d’herbe coupée, casques de vélo haute-couture, pots atrocement blessés (étranglés, transpercés, etc.), chacun des objets made in Claydies est le fruit d’une histoire allumée, inventive et souvent à base de céramique. La plus longue de ces historiettes, entamée en 2003, est celle de la coupe au bol et de ses copines capillaires transfigurées en une série de tasses géantes, à utiliser soit comme récipient soit comme accessoire de mode. A banane, style années 30, à trous, à accroche-cœur ou avec la raie au milieu, chaque bol est unique et la source d’inspiration des Claydies, sans limite. CB News - Anne Melcer
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TEA TIME DESIGN/Mémoire d’éléphant
THEIERE ELEPHANT, LIPTON – Ah, le bon vieux temps de la théière à Maman… Disparue des placards design des années 2000, revoilà la petite théière éléphanteau lancée par les thés Lipton en 1981. Ici, pas de monument de la création, juste le plaisir de retrouver la rondouillarde silhouette à l’air effronté de cet objet du quotidien, proposé en sept couleurs bien voyantes. Comme quoi, les eighties n’en finissent pas de revenir. CB News - Anne Melcer
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TEA TIME DESIGN/Repose-cuillère de demain
NILUFER TEA SET, SAIT ALANYALI – Quoi de plus ignoble que de devoir, la mort dans l’âme, se résigner à faire du bruit en posant sa petite cuillère sur une coupelle à thé mal fichue ou, pire, à la voire s’abîmer sans grâce au fond de ladite coupelle, au risque d’être gravement gêné pour reposer sa tasse ? Dieu merci, sur une idée brillante et fleurie du designer Sait Alanyali, l’heure du thé sera dorénavant un moment de pure jouissance esthétique, grâce à son principe de sous-tasse nénuphar, en verre et métal, qui s’ouvre en corolle pour accueillir avec douceur la tasse précédemment portée aux lèvres, et bloquer tout en feutré la petite cuillère meurtrière. Essentiel et très élégant. CB News - Anne Melcer
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MATIERES ASSISES/Toutencarton ?
KINICHI OGATA, BEDG – Eh ben nan ! Ce serait trop facile et un peu à la portée de tout le monde… Ce tabouret est, en fait, tout en cuir, entièrement fait main. Il offre une nouvelle version du travail sur le cuir mené par le designer japonais Kinichi Ogata. Un véritable travail d’orfèvre pour cette œuvre d’art éditée par British European Design Groupe (BEDG). www.bedg.org CB News - Cécilia Blachas
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MATIERES ASSISES/A poule ?
CHEHOMA – Plutôt inhabituel pour un fauteuil, le grillage à poule fait son effet, soutenu par une armature en métal. Traité antirouille, ce fauteuil trouvera sa place aussi bien à l’intérieur que dans le jardin ou sur le balcon. Pourquoi pas, même, faire grimper une plante dessus ? Signé par les Belges Chehoma. www.chehoma.com CB News - Cécilia Blachas
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MATIERES ASSISES/En bois ?
MAARTEN BAAS, DESIGN BOOM – Alors ? Une petite idée ? Il y a un piège… Et bien, pas du tout, la Plastic Chair porte bien son nom, elle est en plastoc, mais reprend à s’y méprendre l’apparence du bois. Une réinterprétation de la chaise Grofilex, l’affreuse chaise de jardin en plastic, en blanc ou vert, que tout le monde a dans un débarras, parce que c’est laid, mais, on ne sait jamais, ça peut toujours servir ! www.designboom.com CB News - Cécilia Blachas
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MATIERES ASSISES/Recyclée ?
PO ! – En baril d’essence recyclé, ultratendance, ce fauteuil, un poil décalé, permettra une petite fantaisie à un univers classique. A l’encontre de la nouvelle loi sur l’automobile, plutôt que d’envoyer votre vieille voiture à la casse, pensez à en faire des fauteuils ! Points de vente au : 08 70 49 20 70. CB News - Cécilia Blachas
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LA PHRASE DE LA SEMAINE/Êtres humains
MAURICE LEVY, PREFACE DU LIVRE « LES NERFS SOLIDES », ED. NOUVEAUX DEBATS PUBLICS – «Au passage, permettez-moi de souligner à quel point je n’aime pas définir les clients de nos marques sous le vocable réducteur de consommateur. C’est un peu comme si l’on s’adressait uniquement à la part de porte-monnaie des gens. Or, les hommes, les femmes à qui l’on s’adresse sont des êtres humains, pas des catégories socioprofessionnelles ou des cibles, ou encore des styles de vie ou des tribus.» Ça fait du bien quand c’est un grand patron comme Maurice Lévy qui l’écrit dans la préface «Eloge de la curiosité», du livre « Les Nerfs solides », écrit par Véronique Langlois et Xavier Charpentier (Free Thinking chez Publicis Groupe). Et quelque service, département ou agence marketing ferait bien de graver ces mots simples à son frontispice. Comme quelque publicitaire, face à cette volonté de rester en prise avec le réel en une prise de parole simple et humble. Une remarque qui amuse l’un des deux coauteurs du livre, Xavier Charpentier, dans une autre vie prof de philo, qui cite la préface de «La Raison pure» comme un tropisme où sont inexorablement orientés les philosophes. Ils s’envolent dans le ciel des idées où tout est plus simple. Volant dans un air pur, ils ne sont pas ralentis par les choses matérielles. Pas alourdis par le réel. Déconnectés, sans Kant. CB News - E. V.
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EXPO/Paper dress
RRRIPP ! PAPER FASHION, MOMU, ANVERS – Pendant la seconde guerre mondiale, la mode a joué la récupération avec, notamment, des bouts de papier journal. Quelques années plus tard, via le non-tissé, le « papier » est devenu un élément de la mode, mais joué en mode mineur. Après l’exposition, à Luxembourg, d’une collection de ces robes (Atopos Cultural Organization), c’est le MOMU d’Anvers qui les expose et rend hommage au papier. Offerte en 1966 par la Scott Paper Company, une première robe publicitaire suscita l’engouement pour la formule. Mais c’est le Tyvek qui devint le matériau privilégié de ces robes créées épisodiquement par nombre de créateurs (Helmut Lang, Jean Colonna, Hussein Chalayan, Walter Van Beirendonck…). Des modèles des années pop avec des impressions hommage à Warhol, des robes à contenu politique pour soutenir les campagnes (Robert Kennedy, Pierre Trudeau…) et un style en toute simplicité. Une autre façon de voir la mode et de nouvelles idées face à la crise ? Paper fashion, au MOMU d’Anvers, du 6 mars au 16 août 2009.CB News - Antigone Schilling
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EXPO/« Céré-vertè-bral »
PIERRE BUISSERET, SET GALERIE STEPHANE PLASSIER – Partout se célèbre l’anniversaire de Darwin. Debout, l’homme utilise sa colonne vertébrale. L’artiste Pierre Buisseret se consacre aux vertèbres qu’il traduit de différentes façons, avec humour et en couleurs (comme la vertèbre en or rose, que la Belgique offrit à Cécile de France !). Plexiglass, plumes, encadrement à la façon des entomologistes, résine… Après un an de squat de la résidence de l’ambassade de Belgique (des vertèbres en hommage aux couleurs du drapeau belge, en noir, rouge, jaune), l’artiste présente sa curieuse leçon d’anatomie à la Set Galerie Stéphane Plassier, à Paris. Du 6 mars au 30 avril 2009. CB News - Antigone Schilling
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EXPO/Primitif
ASGER JORN, DESSINS – L’artiste danois bourlingueur a peint partout en Europe et dans le monde, avec une énergie et une curiosité intactes. A Paris, il est l’élève de Fernand Léger, avant de seconder Le Corbusier à la fin des années 30. Durant la guerre, cloîtré au Danemark, il incube les leçons de Kandinsky, Klee, Miró… De retour à Paris, après guerre, il participe à la création de l’éphémère et vivifiant mouvement CoBrA (1948-51), avec Dotremont, Constant, Appel, Corneille… en réaction à la polémique abstraction/figuration de l’époque. Asger Jorn est de toutes les avant-gardes ; séduit par le principe d’une révolution permanente de la vie quotidienne de Guy Debord, il se lie d’une amitié durable avec celui-ci. Il rejoint pour quelque temps l’Internationale situationniste puis, de retour de Cuba, réalise 4 affiches lors de la révolte de Mai 68. Peintre, sculpteur, graveur, céramiste et tisserand, c’est le dessin qui détermine son processus créateur. A l’instar de Pollock, Asger Jorn, entre abstraction et surréalisme, est profondément marqué par l’art populaire et l’art primitif de son pays. Ses dessins éclatent en jets de couleur ou d’encre de Chine : lyrisme, spontanéité, trait primal, dessins d’enfant vifs et brutaux où apparaissent, sortis des rets de la tourmente de l’imaginaire, monstres marins, animaux grimaçants, demi-dieux défroqués, incubes et succubes jetés en taches d’énergie pure, ombres fuyantes anthropomorphiques engloutissant tout : têtes aux orbites évidées, bouches édentées, ossements rongés, fureurs… Le Centre Pompidou présente une centaine de dessins et d’aquarelles issus du Silkeborg Kuntstmuseum, au Danemark. Asger Jorn « Dessins », Centre Pompidou, Galerie d’art graphique, niveau 4 – 75003 Paris. Du 11 février au 11 mai 2009. www.centrepompidou.frCB News - Gérard Valat
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LE CHIFFRE DE LA SEMAINE/7,9 M€
MARCEL DUCHAMP, VENTE SAINT LAURENT/BERGE – «Œuvre d’art, écrivait Antigone Schilling dans le “CB News” n° 973, Spécial Femmes/Hommes du 16 juin 2008, ambiguïté et parfum fictif s’incarnent dans le flacon de la Belle Haleine, Eau de Voilette (1921) d’un Marcel Duchamp, photographié par Man Ray, travesti en femme à l’image de son personnage Rrose Sélavy (Eros, c’est la vie).» Le flacon de verre et sa boîte auront été adjugés à 7,9 M€. Et «CB News» avait huit mois d’avance sur le commissaire priseur. Mieux qu’un prix Jasmin pour une fragrance factice, moqueuse, mais persistante. CB News - E. V.
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L’INTERVIEW DE LA SEMAINE/Le nouveau discours de la méthode
VERONIQUE LANGLOIS, XAVIER CHARPENTIER, FREETHINKING – Au sein de Publicis Groupe, Véronique Langlois et Xavier Charpentier, auteurs de «Les Nerfs solides, paroles à vif de la France moyenne», ont créé, en mars 2007, un laboratoire de conseil et de recherche 2.0 : FreeThinking. L’outil étudie la société du débat par blogs fermés et sécurisés de 50 personnes recrutés par Panel On the Web. Culture Zap by CB News : La révolution des conversations par le blog est-elle une réelle révolution sociologique ? Doit-on jeter bas les bons vieux concepts marketing ? Culture Zap by CB News : Le Web 2.0 métamorphose-t-il l’inconscient collectif en intelligence collective ? Culture Zap by CB News : «Une liberté de parole et d’échange qui sonne le glas du monopole des idées et de la production de sens», écrivez-vous. Si on ne peut que se réjouir du renouveau de l’écrit par le blog, votre analyse ne pêche-t-elle pas par angélisme ? Propos recueillis par EV
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