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Newsletter hebdomadaire - n° 5 - jeudi 14 février 2008
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L’apologie du cygne « Ces arbrisseaux flétris et dépouillés, je les ai vus verdoyants et fleuris ; cette tige hérissée d’épines m’a donné d’agréables couronnes. » Avec son collier Ronces, Lalique façonne le cristal avec la relecture de « L’Art d’aimer », d’Ovide. Et, après une précédente collection sur le thème d’Ophélie, renvoie à nouveau des reflets de paganisme… Enfin ! Depuis que ce con d’Apollon a ordonné à Hercule de chasser l’Envie du temple des Muses… Depuis que la doctrine catholique a imposé l’indignité des corps et son cortège de parties honteuses et autre pudeur… l’idée de chasteté prévaut sur l’idée de volupté, même si, pour faire passer la pilule, au fil des siècles, charme et grâce n’ont jamais été exclus. La Saint-Valentin, c’est ainsi l’histoire d’un jeune galant présentant à une femme de qualité un miroir pour qu’elle puisse y contempler ses charmes. Quel ennui pour le peuple de France ! Un vrai crime de lèse-humanité pour tous ceux qui aiment la Vilaine ! Je réclame l’infarctus pour tous ces cœurs de pacotille qu’on veut nous refourguer, je réclame un dieu pour séduire Léda de son envergure plumitive… Je réclame l’apologie du cygne ; je renie l’Eve du paradis terrestre pour celle du classicisme moderne dessinée par les maîtres de la Renaissance italienne : une Eve moderne, une Eve de la vie façonnée en vue de l’amour, de la maternité, une Eve comme la Joconde, nue, dessinée par Vinci. Qu’ils sont beaux nos amoureux, si vivants, chassés par Dieu, leur nudité révélée. Au XVIIe siècle, l’Ancien Testament ainsi illustré faisait fureur… loin des peintures érotiques pour protestants, les Cranach de Francfort… La Saint-Valentin, plutôt que de s’angliciser pour faire passer une pilule mièvre ou la fin des soldes doit se paganiser pour être, à son cœur complice, aussi populaire qu’un Premier ministre sous présidence actuelle. « Dès à présent, écrit Ovide, songez à la vieillesse qui arrive : ainsi vous ne laisserez point fuir le temps sans en profiter. Aimez tant que vous le pouvez, tandis que vous êtes à la fleur de votre âge. Les années s’écoulent comme les eaux d’un fleuve : l’onde ne remonte point […]. Il faut profiter du moment […]. Ces arbrisseaux flétris et dépouillés, je les ai vus verdoyants et fleuris… » Allez, tous au lit ! |
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JAMES JEAN, JAMES LIMA, PRADA – Hi ! Production Milan a
confié à James Lima et à Sight
Effects, Los Angeles, la réalisation d’un court
métrage d’animation de quatre minutes, pour Prada,
à l’occasion de la semaine de la mode à
New York. Un film à destination des Ipodes et des
téléphones Prada, inspiré de
l’univers de l’illustrateur James Jean qui, pour
Prada, a dessiné l’été
dernier papiers peints, espaces de vente et ateliers de la marque. La
bande-son de CocoRosie ajoute une fragrance supplémentaire
à ce film, soit un peu long, mais délicieusement
poétique par les temps qui courent. De quoi se
métamorphoser en satyre et lui offrir un sac. Vive le
paganisme !
CB News - E. V.
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XS LAB, DESIGN ET INNOVATION TEXTILE – En
prévision d'un avenir où la fête des
amoureux ressemblera à un rêve de David Cronenberg
, Joanna Berzowska and Di Mainstone du studio de design
montréalais XS Labs livrent leurs prototypes vestimentaires
d’anticipation qui, un jour viendra, combleront les futures
générations de dulcinées fashion
victimes. Répondant au nom venimeux de Skorpions, ces habits
sont kinétiques lorsqu’ils sont portés,
autrement dit animés de mouvements, lents et organiques.
Etranges parasites de peau qui respirent et bougent à leur
propre rythme, ces Skorpions prolongent la tradition de
l’habit objet de souffrance comme de convoitise,
puisqu’à la façon d’un corset
ou de chaussures trop petites, ils serrent ou contraignent le corps
selon leurs désirs, ouvrant ou fermant leurs
pétales textiles rehaussés de composants
électroniques et de Nitinol, un alliage de titane et de
nickel qui conserve une mémoire de forme.
CB News - Anne Melcer
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DRAGON-BRA, LA PERLA – Parce que vos seins le valent bien,
voici deux dragons sculptés en métal
doré, reliés par des rubans de satin noir. De
quoi nous transformer en princes charmants qui partiront à
l’attaque des bonnets que vous porterez, euh…
comme accessoire bijou sur un top ou sur une robe. Sur vos seins nus,
sûr, ils cracheront le feu. A 744 €, c’est
le moins qu’ils puissent faire.
CB News - E. V.
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CHRISTOFLE, ADELINE CACHEUX, BRIGITTE FITOUSSI – Un bon moyen de lui déclarer sa flamme, c’est de l’emmener au 9, rue Royale, sous prétexte de lui faire découvrir la collection Silver Ware de Bisazza (dessinée par Studio Job), visible jusqu’au 15 mars, et… de lui offrir un pendentif sifflet (« Siffle-moi »), histoire de le lui couper. En lui révélant qu’on est toujours sensible à sa silhouette. Autre piste, la deuxième collaboration de la jeune Adeline Cacheux, pour Christofle, avec « Les Enchaînés ». On eut pu suggérer un « e » supplémentaire (Enchaînées)… mais Brigitte Fitoussi, la DA, aura préféré une transgression soft à l’image de la dernière campagne de pub « plus sur le territoire de la sensualité que de la souffrance ».
CB News - E. V.
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LALIQUE, VALENTINE’S DAY – Si le collier Ronces de
la fantasmagorique collection Tempting Crystal (cf. Culture Zap
n° 4 du 7 février 2008) vous semble trop
révéler son caractère
épineux (590 €), rabattez-vous sur la collection
« Valentine’s day » 2008.
Incontestablement plus douce, voire sobre, et charmante. On ne zappe
pas sur Cœur Love purple necklace (220 €) et
Cœur Ruban black (245 €). Mais quel snobisme dans
l’univers du luxe (ils s’y mettent tous)
d’angliciser la Saint-Valentin ! Trop popu ou quoi ?
CB News - E. V.
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LOVE LETTER LIMELIGHT, PIAGET – L’enveloppe,
parée de galuchat ou pavée de diamants se
décachète (le sceau : un rubis cabochon ou un
diamant jaune) pour dévoiler un cadran noir ou
nacré, orné de douze diamants. Piaget signe
là une étonnante montre à secret qui
se referme sur le temps qui passe… de deux cœurs
qui battent à l’unisson. Une
déclaration à 22 900 €,
modèle présenté (boîte en or
blanc 18 carats sertie de 36 diamants taille brillant [env. 0,3 ct] et
d’un diamant jaune taille princesse [env. 0,2 ct] ; cadran
noir serti de 12 diamants taille brillant [env. 0,03 ct] ; mouvement
quartz Piaget 56P ; boucle déployante en or blanc 18 carats
; bracelet en satin noir) à 137 000 € pour le
modèle G0A32102.
CB News - E. V.
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BERNARDAUD, RUE DES ARCHIVES – Non, rassurez-vous, Bernardaud
est toujours rue Royale. Rue des Archives est juste un nouveau concept
de bougies parfumées propices à la
déambulation olfactive. Bois d’acajou, bois
d’ébène fumé, ambre doux
et… tabac blond (une note qui se raréfie) pour
une atmosphère de bibliothèque très
cosy où, pour la première fois, vous avez
levé les yeux sur l’autre… De quoi
ranimer la flamme pour les petites bourses (49 € tout de
même). Pour la rupture, Bernardaud, une rue du Calvaire ?
CB News - E. V.
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BY KILIAN, BOUGIES PARFUMEES - Kilian Hennessy décline son
Œuvre Noire en paraffine et convoque loukoum de Turquie,
tubéreuse de Bangalore, lavande de Barrême,
patchouli de Java, rose de Damas et Oud du Laos en une collection de
six bougies (65 €). Nuits langoureuses en
cinémascope, enivrées de vapeurs
d’alcool et de philtres sensuels, garanties. Quand Barry
White rencontre Baudelaire…
CB News - E. V.
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PA DESIGN, ARTHUS BERTRAND – Pour dire je t’aime au
hasard, il suffit de lancer les dés de chez Pa Design pour
savoir à quel point ! Les dés amoureux sont en
bois gravé et peint de : je t’aime, un peu,
beaucoup, trop, à la folie ou pas du tout, 9,80 €
Pa Design. Dans le même style, mais un peu plus cher, 94
€, et en argent massif, il y a toujours celui –
incontournable – de chez Arthus Bertrand.
CB News - Cécilia Blachas
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SPRING IS AROUND THE CORNER, RUINART – Une demi-bouteille de
Ruinart Rosé et deux flutes dans un coffret qui les font
éclore. Bulles printanières à 75
€ chez tous les bons cavistes. Mon Ruinart, mon pistil, ou
l’allégorie du préliminaire,
c’est fort de champagne.
CB News - E. V.
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LADUREE, PHILIPPE ANDRIEU – La maison Ladurée sort
sa nouvelle collection de macarons pour tous les amoureux gourmands.
Philippe Andrieu crée deux packages, l’un
contenant deux macarons en forme de cœur, à
déguster dans le blanc des yeux, et, l’autre, de
huit pièces, au menu cœur de lait et confit fraise
et chocolat ganache et crémeux à la menthe
glaciale, le tout dans un joli coffret comme Ladurée sait le
faire.
CB News - CéB
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PA DESIGN, FRANZISKA HOLZMANN – Pour se promener dans la rue
sans perdre la main de l’autre derrière une couche
de tissu. Pa Design a créé une paire de moufles
plus un manchon à deux entrées, pour les amoureux
qui se baladent en laine polaire rouge, orange, gris ou
crème. Design Franziska Holzmann pour Pa Design.
CB News - CéB
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PORTAULT, PAURE DE LIT – Très loin du design, mais
tellement proche de nous, la grande enseigne de linge de maison
Portault a dessiné, sur la demande de Jacky Kennedy, cette
parure de lit à cœur, en 1962, qui n’a
pas pris une ride. Elle est toujours aussi vendue aujourd’hui
et se marie toujours à merveille dans nos
intérieurs, même les plus modernes.
CB News - CéB
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ADIDAS, LES BLEUS EN ROUGE – Pour ne pas le laisser tout seul
face à la lucarne lors des matchs de l’Euro 2008,
offrez-lui le maillot Away équipe de France de football dans
sa nouvelle livrée rouge. Même si ça
n’a pas porté chance à
l’équipe nationale, lors du dernier match amical
Espagne-France. Un joli geste à 70 € qui vous
ravira : le maillot utilise la technologie Climacool, qui assure une
régulation optimale de la transpiration du bon supporter des
Bleus.
CB News - E. V.
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SAINSBURY CENTER, ART ET DESIGN TEXTILE – D’un coup
d’avion, pourquoi ne pas convoler (voler avec votre conjoint)
jusqu’à Norwich en Angleterre, pour
s’extasier devant cathédrales et autres
forteresses gothiques ou romanes, avant d’aller
découvrir la cosmopolite et bigarrée exposition
Cloth & Culture Now, qui se tient au Sainsbury Center ? Mise en
relief des influences transverses entre tradition, culture et arts
populaires sur la création textile contemporaine, cette
exposition propose des œuvres venues d’Estonie, de
Finlande, du Japon, de Lettonie, de Lituanie et d’Angleterre.
Les 35 artistes sollicités mêlent techniques
ancestrales et techniques de pointe, couplant tapisserie, tricot ou
broderie, avec impression numérique, fibre optique ou
matériaux détournés. Les
résultats sont souvent insolites, entre art, design et mode
avant-gardiste.
Cloth & Culture Now, jusqu’au 1er juin. Sainsbury Center for Visual Arts University of East Anglia NR4 7TJ, Norwich. Puis, à l’automne 2008, au Whitworth Art Gallery, University of Manchester, Angleterre. CB News - A. M.
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CIV, GRANDE EPICERIE DE PARIS, DESIGN CULINAIRE – Pas de
Saint-Valentin sans se mettre l’os à la bouche, ni
flatter du regard et des papilles les races à viande,
grâce à la fête de la filière
bovine, qui se tient à la Grande Epicerie de Paris. Grands
carnassiers, adeptes des lieux branchés et designers en
quête de nouvelle pitance s’y rencontrent autour
d’une idée originale : découvrir les
qualités et la poésie de nos ruminants
à travers des œuvres de design culinaire (design Q
pour les initiés) signées de Marc
Brétillot – pro de la chose – et
d’une quinzaine d’étudiants de
l’ESAD* de Reims. Visibles depuis le coin boucherie de
l’Epicerie, photographies et sculptures ne valent pas toutes
le détour, mais les Totems pot-au-feu ou les Cartes postales
méritent à eux seuls que l’on y
traîne ses jarrets. Des animations-dégustations
ouvertes au public ponctuent aussi plusieurs soirées de
balades gustatives en pays races à viande. Enfin, ces odes
à nos belles robes voyageront en région, de La
Rochelle à Macon, avant de revenir au Ritz, le 10 mai,
telles des vaches sacrées, pour
célébrer le gagnant du 20e concours gastronomique
« Le Bœuf, les races à viande de France
».
DéSIGNe-moi une race à viande, jusqu’au 24 février 2008. La Grande Epicerie* du Bon Marché de Paris. CB News - A. M.
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MUSEE DE L’EROTISME – En plus des monotypes de
Degas ou des dessins érotiques de Pascin (cf. Culture Zap de
la semaine dernière, n° 4 du 7 février
2008), la deuxième raison d’aller au
Musée de l’érotisme est
l’expo « Confessions d’un
monte-en-l’air », à l’occasion
de la sortie d’un album illustré par Nicole
Claveloux sur un texte de Marcel Lerouge (Éditions Folies
d’Encre). D’abord déçu de ne
pas trouver d’authentiques confessions d’un
véritable monte-en-l’air, j’en ai
néanmoins accepté le postulat,
troublé, sans doute, par la proximité
littéraire avec le prince Mony Vebescu, héros des
« 11 000 Verges », d’Apollinaire. Toute
bonne bourgeoise sur le retour se souvient avoir laissé, des
étés de fournaise durant, fenêtre
ouverte, persiennes entrebâillées, fantasmant sur
l’outrecuidance de l’un de ces gentlemen
cambrioleurs superbement membré et entreprenant. 40 dessins
originaux illustrent les aventures rocambolesques et sexuelles
d’un monte-en-l’air dans un Paris début
xxe siècle. De soirées très mondaines,
aux enculades sur les toits de Paris, enfilades à
Notre-Dame, embrochages dans une loge de l’Opéra,
tout est bon pour ce turgescent voleur pour violenter en douceur
complice la bourgeoisie qui s’ennuie. Avant de quitter les
lieux, un petit achat, peut-être, la saint-Valentin
approchant, une jolie fantaisie anale, petit bijoux à ficher
soi-même dans le derrière de votre
compagne… Attention tout de même au retour de
boomerang.
Musée de l’érotisme, ouvert tous les jours, de 10 heures à 2 heures du matin, 72, bd de Clichy, 75018 Paris. www.musee-erotisme.com. Tél. : 01 42 58 28 73. CB News - Gérard Valat
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FIAT 500, MONTE-CARLO HISTORIQUE – Toujours très
attrayante, malgré ses 40 ans et ses formes très
rondes qui l’auront assimilée à un
petit baleineau, la Fiat 500 vient de parcourir presque sans encombre
le tracé du 11e Rallye du Monte-Carlo Historique. Aux
rênes : le brillantissime Bruno Sabby, vainqueur du Rallye
Monte-Carlo 88 sur une autre marque de Fiat Group Automobiles, Lancia.
A offrir à « Mon mec à moi, il me parle
des voitures »… Cote : entre 4 000 et 6 000
€. Imaginez-vous à la barre d’un
Optimiste, face aux courants contraires, vent debout, et vous
connaîtrez la sensation de piloter cette 3 CV mythique dans
la circulation actuelle.
CB News - E. V.
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MERCEDES TYPE S 1928, SAOUTCHIK, BONHAMS, RETROMOBILE – Pour
sa première vente aux enchères en France,
Bonhams, la troisième maison de ventes aux
enchères dans le monde, rapporte un total de 9 789 958
€ avec la ventes de 70 automobiles d’exception.
Parmi elles, la Mercedes Type S de 1928, carrossée par
Saoutchik a été adjugée à 2
317 500 €. L’ancienne, y a que ça de
vrai. Surtout en mains.
CB News - E. V.
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JEAN-CHRISTOPHE BEDOS, BOUCHERON, CENT-CINQUANTENAIRE – Pour
le Pdg de la Maison Boucheron, qui fête aujourd’hui
ses 150 ans, le luxe doit se débarrasser des
méthodes proctériennes. Interview en deux temps,
en deux parutions (cf. Culture Zap n°4, du 7 février
2008). Parce que Boucheron, ses créations, sa com et son
esprit le valent bien.
Culture Zap : Pour les 150 ans, j’imagine que vous nous préparez, en termes de communication, de nouveaux portraits de femmes emblématiques… Plus contemporaines, au risque de se couper de l’Histoire, si chère aux étrangers, ou bien plus « corporates » ? Jean-Christophe Bédos :Non, pas de personnages emblématiques mais une présence humaine plus sensuelle. Intériorité et hyperféminité en sont les dénominateurs. Culture Zap : Quelle va être la prochaine étape du déploiement du cent cinquantenaire ? J.-C. B. :D’abord géographique avec un tour du monde de la collection (Moscou, Londres, Genève , Tokyo, Dubai…) ; puis, nous révélerons des hommages à Boucheron à travers des créations extérieures à la marque…, des produits extrêmement féminins… Culture Zap : Comment réagissez-vous à l’exploitation de votre marque dans le domaine des parfums et cosmétiques par L’Oréal ? J.-C. B. : Puissance de frappe et professionnalisme au service de la marque. C’est une excellente nouvelle. Culture Zap : Le lancement d’une fragrance est-elle prévue pour le cent-cinquantenaire ? J.-C. B. : Oui. Un nouveau féminin verra le jour en septembre .Dans le registre de l’élégance et de la distinction, orienté vers le charnel et très joaillier. Le parfum sera traité comme un bijou. Nous irons au bout de la logique Marylin… La fragrance sera portée comme seul bijou. Culture Zap : Nouveau code couleur, nouvelle identité visuelle, Reflets XXL, 7 parures en attendant, j’imagine, d’autres nouveautés… Comment faites-vous ? Depuis combien de temps prépariez-vous ce feu d’artifice ? J.-C. B. : Depuis fin 2006. Il fallait offrir un regard 360° sur Boucheron. Les premiers dessins de la collection des 150 ans ont été réalisés en 2007. La seconde étape de la présentation haute joaillerie (la première en janvier) interviendra au mois de juillet. Culture Zap : Une question sur votre parcours personnel… Comment change-t-on de culture en traversant une place ? J.-C. B. : Quand je suis arrivé chez Boucheron, je n’ai rien compris. Mes yeux étaient formatés par Cartier et l’Art déco. S’en sont suivis six mois d’immersion totale avec des chercheurs pour en déceler la grille de lecture, ce qui nous sert aujourd’hui à éviter les contre-sens. Une belle leçon d’humilité… Il faut éviter d’avoir des certitudes et d’imposer des points de vue. Quand on change de marque, on change de femme. Il faut éviter de reproduire les mêmes erreurs. Je suis passé à une marque qui était le négatif de l’autre. De l’extravertie à l’introvertie. Du solaire au lunaire, au symbolisme, à l’art nouveau. Culture Zap : Une marque qui s’adresse aux femmes est-elle résolument féminine ? J.-C. B. : Traiter l’offre avec une démarche marketing de segmentation de genre, c’est une erreur. Le marketing de segmentation est aujourd’hui dépassé. Le luxe s’est inspiré des méthodes proctériennes dans les années 80 et 90. Ça ne fonctionne plus. J’ai débarrassé Boucheron de tous ses process marketing. Nous sommes passé du one to many au one to few, au one to one. Nous nous orientons aujourd’hui vers la relation interpersonnelle. Propos recueillis par E. V.
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JULIE EL GHOUZZI, SOMMET DU LUXE ET DE LA CREATION Pourquoi la montre de luxe connaît-elle une envolée sans pareil ? De fait, les ventes des grands groupes en matière de montres connaissent des croissances exceptionnelles à deux chiffres. Soyons rationnel. On peut lire l’heure partout aujourd’hui : sur l’ordinateur, sur mon i-pod, sur mon téléphone, dans le métro, sur le GPS du taxi, sur mon chrono/pédomètre/calorimètre, sur la télé, sur le décodeur… L’heure n’aura sans doute jamais été aussi présente dans notre vie que ces dix dernières années. A quoi bon se doter d’une montre au poignet ? |
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