Crise Presstalis : les petits éditeurs dans la tourmente

Le 12/03/2018 à 18:05 par Thierry Wojciak
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Les magazines Le 1 et Canard Pc ont lancé des appels à leurs lecteurs, mis en difficulté par la crise que traverse leur distributeur Presstalis. "La quasi-faillite du premier distributeur de presse en France menace directement la survie de Canard PC", alerte la rédaction du magazine de jeux vidéo dans un appel aux abonnements de soutien, adressé lundi à ses 20 000 lecteurs. Alors que Presstalis, premier distributeur de la presse au numéro en France, est de nouveau au bord du gouffre, sa direction prépare un plan de sauvetage qui doit être financé par les éditeurs de presse (actionnaires du groupe) et l'Etat, comme lors d'un précédent plan en 2012. Les petits éditeurs contestent vigoureusement les mesures déjà prises par Presstalis (dont un gel de 25% de ses paiements aux éditeurs en décembre et janvier derniers) et celles décidées par le Conseil supérieur des messageries de presse (qui incluent un prélèvement de 2,25% sur les recettes des journaux et magazines pendant 5 ans). Vendredi, cinq éditeurs de magazines spécialisés ont porté plainte contre la coopérative des magazines, actionnaire à 75% de Presstalis, auprès du TGI de Paris pour "faux bilan". L'hebdomadaire Le 1 (34 000 exemplaires en moyenne) a également lancé un appel à ses lecteurs, disant que son indépendance était "gravement menacée". "On crée une inégalité évidente entre les titres qui ont les reins solides, soutenus par la publicité et des actionnaires, et les titres indépendants", a déclaré son directeur Eric Fottorino. "Notre capacité à investir est réduite à zéro, c'était notre assurance-vie", regrette-t-il. Canard PC estime que le "sauvetage de Presstalis" devrait lui coûter au minimum 100.000 euros sur 5 ans, même s'il a signé début 2018 chez le concurrent de la messagerie, les MLP. Pour diminuer ses coûts de distribution, Canard PC devrait passer dès cet été à un rythme mensuel, au lieu de deux numéros par mois. "Ne pas couler Presstalis mais couler les éditeurs qui la font vivre, ce n'est pas une solution", a déclaré à l'AFP Ivan Gaudé, directeur de la rédaction de Canard PC, qui compte 17 salariés. Selon lui, ces difficultés touchent "beaucoup de PME dans la presse, ça va se voir dans les prochains mois". Du côté du groupe So Press (SoFoot, Society, etc.), le confondateur Franck Annese relativise la situation : "On ne va pas mettre la clé sous la porte mais ça nous affaiblit. La presse est un secteur avec peu de marges". L'entrepreneur qui doit lancer deux nouveaux magazines cette année aimerait "qu'il y ait une vraie réflexion sur l'avenir de ces messageries, pour qu'on ne se retrouve pas dans la même situation dans deux ans", et qui permette aussi de mieux rémunérer les kiosquiers et distributeurs de presse. Selon la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, qui s'est saisie du dossier, les discussions autour du plan de sauvetage sont presque abouties. Voir également la position de Michèle Benbunan, présidente de Presstalis, telle qu'elle l'avait exprimée, le 3 mars dans l'émission Hedbo Com sur BFM Business. 

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