Françoise Nyssen : Mathieu Gallet, l’audiovisuel public et les Fake News…

Le 04/02/2018 à 12:23 par Thierry Wojciak

Non. Rien. Elle ne regrette rien. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, la ministre de la Culture Françoise Nyssen est notamment revenue sur la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel de révoquer le président de Radio France Mathieu Gallet. Elle justifie ainsi sa déclaration faite juste après la condamnation de M. Gallet à un an de prison avec sursis et 20 000 € d’amende pour « favoritisme », alors qu’il présidait l’Institut national de l’audiovisuel. Elle avait alors en effet déclaré que la situation était « inacceptable » et que le dirigeant de la Maison Ronde devait « en tirer les conséquences ». Au JDD, elle assure ainsi que le CSA a tranché « en toute indépendance » en considérant que les conditions « n’étaient plus réunies pour que Mathieu Gallet reste à la tête d’une entreprise publique », explique-t-elle. Si elle « ne regrette pas la phrase prononcée », la ministre de la Culture dit avoir ainsi « exprimé une parole politique. Celle que porte une ministre en exercice. Celle qui revient à l’État actionnaire. J’ai exprimé l’exigence d’exemplarité absolue à laquelle les dirigeants politiques et les dirigeants d’entreprises publiques doivent se conformer ». Elle précise cependant que « Je fais la part des choses. Je distingue le bilan de Mathieu Gallet à la tête de Radio France, qui est bon, et l’épilogue judiciaire qui a conduit à sa révocation ».

Par ailleurs interrogée sur les changements à venir pour l’audiovisuel public, Mme Nyssen l’assure, « rien n’est acté ». Toutefois, l’ambition est d’en faire un véritable « laboratoire de l’innovation dans les séries, les documentaires, les formats innovants", a-t-elle insisté, tout en souhaitant qu’il joue son rôle de « proximité » avec les téléspectateurs. Un audiovisuel public qui devra également travailler au corps la reconquête de la jeunesse, des enfants et des 13-30 ans, plus particulièrement, « dont les usages ont considérablement évolué ». Rejetant l’idée d’un « meccano institutionnel », la ministre entend privilégier « des modes d’organisation efficaces qui favorisent une mise en œuvre rapide des orientations stratégiques ». Elle dit également réfléchir à la nomination des patrons de l’audiovisuel public directement par leur conseil d’administration. Sur la pointe des pieds, également, elle avance une nouvelle fois l’idée un rapprochement entre France Bleu et France 3. Enfin, Françoise Nyssen précise que le gouvernement prépare actuellement les contours de la future loi contre les fake news annoncée par Emmanuel Macron. « Les mesures auxquelles nous travaillons d’ici à mars pour une loi sur -la confiance dans l’information- doivent permettre d’agir très rapidement quand une fausse nouvelle devient virale, particulièrement en période électorale. La loi prévoira des obligations nouvelles pour les plateformes, qui devront coopérer avec l’État et être transparentes sur les contenus sponsorisés. Une procédure de référé judiciaire sera mise en place pour faire cesser rapidement la diffusion d’une fausse nouvelle, lorsque celle-ci est manifeste », annonce-t-elle.

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