Le projet de co-entreprise Canal+-Telecom Italia en stand-by

Le 08/03/2018 à 17:29 par Thierry Wojciak

Interrogé jeudi par le quotidien italien Il Messagero, le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, également président exécutif de Telecom Italia, es revenu sur le projet de co-entreprise Canal+-Telecom Italia. Il a ainsi souligné qu'il était "en stand-by à cause de retards dus à des formalités de procédure". Mais, a-t-il assuré, "la stratégie sur les contenus ne change pas et la réalisation de la convergence demeure pour moi une priorité". "Pour le moment, nous procéderons via un partenariat avec Canal+ articulé sur les licences, les co-productions", a-t-il précisé. Concernant le contentieux avec Mediaset, M. de Puyfontaine a répété qu'un accord "aurait beaucoup de sens", ajoutant : "Le projet stratégique a encore plus de valeur que quand nous l'avions proposé". Vivendi et Mediaset sont à couteaux tirés depuis que Vivendi est revenu en juillet 2016 sur un accord prévoyant l'achat de 100% du bouquet de chaîne de télévision payante Mediaset Premium par Vivendi et un échange de participations à hauteur de 3,5% entre les deux groupes. Le groupe français est ensuite monté à 28,8% du capital de Mediaset fin 2016 au cours d'un raid éclair qualifié d'"hostile" par la famille Berlusconi. Fininvest, la holding des Berlusconi, et Mediaset réclament au total trois milliards d'euros de dommages et intérêts en justice à Vivendi, selon le groupe français. Alors que Le Messagero l'interrogeait sur "le parcours accidenté" de Vivendi en Italie, tant concernant son entrée dans Tim et Mediaset "de manière véritablement non diplomatique", M. de Puyfontaine s'est dit "désolé" que le groupe ait "été perçu comme peu diplomatique, car ce n'était pas notre intention de l'être". "Vivendi a investi plus de 5 milliards d'euro en Italie", ce qui représente "une preuve d'amour", a-t-il dit.

Le président du directoire de Vivendi s’est en outre dit serein après l'entrée du fonds activiste Elliott au capital de Telecom Italia. "Par définition, l'approche d'un fonds activiste implique un degré de désaccord avec le mode avec lequel une société est gérée, mais nous ne connaissons pas encore dans le détail leurs intentions", a-t-il expliqué. Mais "attirer de nouveaux actionnaires est un élément positif. Il est toujours utile d'avoir un dialogue constructif avec tous les actionnaires, à condition que l'objectif soit le bien de la société et la création de valeur", a-t-il dit. Il a souligné que le groupe "serait heureux d'étudier (les) propositions" d'Elliott dès que le fonds aura examiné dans le détail le nouveau plan stratégique 2018-2020 de l'opérateur, annoncé mardi soir. Ce plan, "ambitieux" focalisé sur la "création de contenus innovants et de grande qualité", représente "un changement de rythme objectivement historique", a estimé M. de Puyfontaine, en soulignant que le groupe serait "uni pour le soutenir, avec la conviction qu'il est juste". Le fonds activiste américain Elliott, de Paul Singer, a annoncé mardi qu'il détenait des actions Telecom Italia, sans ne préciser combien ni depuis quand. Il a dit réfléchir à faire entrer de nouveaux membres indépendants au conseil d'administration de l'opérateur afin d'améliorer sa gestion, et contrer ainsi Vivendi, principal actionnaire avec près de 24% du capital. Elliott, qui est parfois qualifié de fonds "vautour", a souvent investi dans des entreprises en difficulté ou dont le titre est sous-évalué, en engageant souvent un bras de fer avec leur direction. 

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