Agro-industries et climat : des résultats décevants
Seul le groupe Danone est jugé crédible sur sa stratégie de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre via par exemple la lutte contre la déforestation de Danone, JBS, Mars, Nestlé et PepsiCo sont "peu à même d'entraîner des réductions structurelles et conséquentes dans le secteur", affirment les groupes de réflexion NewClimate Institute et Carbon Market Watch. Dans le cadre de leur quatrième rapport annuel sur les ambitions des multinationales, de la mode à l'agro-industrie, en particulier celles qui affichent un discours volontariste, un extrait publié mardi 3 juin est dédié à "l'intégrité globale des stratégies climatiques" de cinq des dix géants de l'agroalimentaire. Le groupe français Danone obtient la note intermédiaire d'intégrité "modérée", l'américain Mars et le suisse Nestlé sont jugés "médiocres" tandis que l'américain PepsiCo et le brésilien JBS obtiennent la note la plus basse de "très médiocre".
Les groupes de réflexion identifient cinq postes clés pour réduire les émissions : une transition vers de plus en plus de protéines végétales, des engagements pour lutter contre la déforestation, la réduction des engrais chimiques, la réduction des déchets et du gaspillage et un cinquième qui rassemble la transition énergétique des sites industriels ou encore les emballages et le transport. Le rapport regrette que les produits à base de protéines végétales ne soient pas envisagés comme des substituts aux produits animaux, ce qui réduirait les émissions liées à l'élevage, mais plutôt comme des moyens de diversification des portefeuilles pour JBS, spécialiste de la viande, ou Nestlé, qui met en avant les bienfaits des produits laitiers dans l'équilibre nutritionnel. "Danone est le seul à avoir une cible de réduction de ses émissions de
méthane" associées à la production de lait, soulignent les auteurs. Les émissions agricoles sont essentiellement dues à l'élevage, en particulier celui des bovins qui rejettent du méthane en rotant, ainsi qu'à l'usage d'engrais, qui dégagent du protoxyde d'azote, le troisième gaz à effet de serre derrière le méthane et le CO2 mais le plus réchauffant. "Aucune des cinq entreprises ne reconnaît le besoin de réduire l'utilisation des engrais" responsables d'émissions au cours de leur production mais aussi lors de l'épandage, regrettent-ils, ajoutant que Nestlé et Danone ne mentionnent que le remplacement des engrais de synthèse par des engrais naturels. Sur la déforestation, le rapport pointe le manque de transparence pour mesurer les progrès revendiqués par les entreprises. Enfin, sur le gaspillage et les déchets, "seul Danone a des objectifs crédibles".