Les Français : champions de l'épargne, mais mauvais élèves de la finance

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Les Français épargnent davantage que leurs voisins européens, mais méconnaissent les mécanismes financiers de base et rechignent à placer leur argent sur des produits dynamiques au détriment de leurs intérêts à long terme.

Selon une étude Odoxa réalisée en décembre 2025 pour Abeille Assurances et Challenges, la France affiche un paradoxe financier saisissant. D'un côté, 56 % des Français mettent de l'argent de côté chaque mois, consacrant en moyenne 15 % de leurs revenus à l'épargne, un taux qui en fait des champions européens en la matière. De l'autre, ils se révèlent, selon leurs propres aveux, les moins à l'aise avec les questions financières parmi les trois grands pays européens interrogés (France, UK, Allemagne).

Dans un classement des compétences en matière de placements et d'épargne établi à partir des réponses de Français, d'Allemands et de Britanniques, la France arrive dernière avec seulement 12 % des citations, loin derrière l'Allemagne (51 %) et le Royaume-Uni (36 %). Cette perception est également intériorisée par les Français eux-mêmes : 51 % des Français s'estiment « incompétents » sur les questions d'argent et de placements, quand une majorité d'Allemands (53 %) et une large majorité de Britanniques (76 %) se sentent, eux, à l'aise dans ce domaine.

Ce déficit de culture financière a des conséquences concrètes. Seule une minorité de Français (48 % en moyenne) pense savoir précisément ce qu'est une action ou comment fonctionne l'inflation, contre une majorité chez leurs voisins européens. Cette méconnaissance se traduit par des comportements d'épargne sous-optimaux : 64 % des épargnants français avouent laisser dormir de l'argent sur leur compte courant, et 71 % déclarent préférer des placements sécuritaires à faible rendement plutôt que des produits moins sûrs mais avec un meilleur potentiel de rendement.

Cette aversion au risque est particulièrement préjudiciable en matière de retraite. Contrairement aux Allemands (53 %) et aux Britanniques (56 %), moins de la moitié des Français (43 %) savent qu'un placement dynamique sur le long terme est plus avantageux pour préparer leur retraite. Ils investissent donc moins dans ce type de produits, de 7 à 9 points en dessous de leurs voisins.

Des pistes d'amélioration existent néanmoins. La grande majorité des Français (79 %) souhaiteraient que l'école introduise davantage de cours sur la microéconomie, les placements et l'épargne. Par ailleurs, 67 % seraient favorables à être accompagnés par des professionnels, notamment lors de moments clés de leur vie : héritage (71 %), départ à la retraite (69 %) ou achat immobilier (68 %). Plus significatif encore, 57 % des épargnants aujourd'hui réticents aux placements dynamiques se disent prêts à changer d'avis si un professionnel le leur conseillait.

L’étude et sa méthodologie sont consultables ici.

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