Pauvreté en France : un taux de privation de 13,1%, en légère hausse, selon l'Insee
Renoncer à acheter de la viande, à chauffer son logement ou à partir en vacances: le taux de privation matérielle a atteint 13,1% en France métropolitaine début 2025, s'affichant en légère hausse sur un an, selon une étude de l'Insee publiée mercredi. Cet indicateur de la pauvreté, qui repose sur le renoncement des ménages à plusieurs produits et services jugés "souhaitables" dans la vie quotidienne, atteignait 12,7% début 2024, précise l'Institut national de la statistique et des études économiques. Il reste ancré "depuis quatre ans à un niveau élevé".
Contrairement au taux de pauvreté monétaire basé sur les revenus des ménages, le taux de privation repose sur une série de renoncements à des dépenses liées à la vie courante, comme se chauffer correctement, manger de la viande ou du poisson tous les deux jours, ou parvenir à payer à temps son loyer et ses factures. Si un ménage cumule au moins cinq de ces renoncements parmi une liste de 13, il se trouve en situation de "privation matérielle et sociale".
Dans le détail, l'Insee relève une forte hausse ces dernières années du nombre de ménages qui renoncent à consommer des protéines lors de leurs repas: ils sont 11,2% dans ce cas en 2025, contre 7,3% en 2020. De même, le nombre de personnes dans l'incapacité financière de chauffer leur logement est "bien plus élevé" à présent: 11,4% de la population est concernée en 2025, contre 6,7% en 2020. Par ailleurs, 22,2% des personnes déclarent ne pas avoir les moyens financiers de prendre au moins une semaine de vacances par an, un taux à peu près stable. La privation matérielle touche "nettement plus" les personnes au chômage que les personnes en emploi ou à la retraite: 35% des chômeurs sont dans cette situation, contre 9% des personnes en emploi et 9% des retraités. Certaines familles sont aussi particulièrement concernées par cette forme de pauvreté: 30% des familles monoparentales et 20% des couples avec au moins trois enfants, contre seulement 8% des couples avec un ou deux enfants.