Rencontre avec Bruce Vinci de Fantastic

Bruce Vinci , Directeur général de l'Agence Fantastic
Bruce Vinci , Directeur général de l'Agence Fantastic

La SHORT INTERVIEW, l'interview singulière by #Shortlist vise à mieux connaître les dirigeants des sociétés qui ont choisi d’exprimer leur créativité et d’affirmer leur singularité dans le Yearbook by CB News. Nous leur proposons une dizaine de questions au choix, et demandons des réponses plutôt « short ».

Voici Bruce Vinci , Directeur général chez Fantastic

Racontez-nous la réussite dont vous êtes le plus fier au cours des 12 derniers mois ?

Sans hésiter : avoir fidélisé tous nos clients. C’est la preuve que notre modèle fonctionne, parce qu’il place le conseil en stratégie et création au cœur de la proposition Fantastic.

Notre organisation est horizontale, pour que le chemin de conviction soit le plus direct possible entre ceux qui ont les idées et ceux qui les reçoivent, sans strates inutiles.

On intègre le planning stratégique à chaque problématique et à toutes les étapes de conception. Le planneur devient le garant d’une relation inédite entre l’annonceur, l’agence et le consommateur, qu’il incarne sur toute la chaîne.

Ce modèle nous permet d’aborder avec la même exigence la réduction de la consommation de viande pour Accro, la charge mentale des repas pour Moulinex ou encore l’alternative à la fast fashion avec Bexley.

Enfin, on cultive un modèle de pensée Think Independent, une manière d’aborder le conseil en challengeant les briefs pour des éclairages neufs. Un client reste parce qu’on lui dit ce qu’il a besoin d’entendre, pas juste ce qu’il veut entendre.

Trop de datas tuent-elles la pub ?

La data, non. Ce qui a étouffé la créativité, c’est notre soumission à ses indicateurs. Tout est calibré pour performer selon les critères des plateformes. Et pour nourrir leur appétit, le marché s’emballe : il duplique, recycle, reformatte. Les exécutions se standardisent, les crafts se banalisent et les marques se confondent.

Pour reprendre un célèbre MC : on produit plus de matière grasse que de matière grise.

Chaque prise de parole tient désormais du fast-food : vite produite, vite consommée, vite oubliée. Absentes des dashboards, mémorisation et attribution sont les angles morts des KPI.

Saturés de messages, l’attention chute, les publics décrochent et nous rappellent qu’ils ne sont pas que des CPM, des audiences lookalike, ni des watchtimes à gratter.

Ce sont surtout des humains qui attendent qu’on les cueille, les fasse sourire, rire et parfois même réfléchir.

Créer plutôt que produire. Apprendre à jouer avec les règles des plateformes, sans faire leur jeu.Partir du principe, assez certain, que personne n’a demandé à voir vos contenus, et que c’est précisément là que tout doit commencer.

C’est en cela que réside la valeur des agences créatives : reconnecter les marques avec les gens.

Comment voyez-vous votre agence dans dix ans ?

Entre contenus internalisés, IA généralisée et plateformes qui contournent les agences, on peut se demander s’il faudra encore parler d’agence. Une chose est sûre : le conseil, la stratégie et création ne peuvent s’exercer à l’intérieur des organisations Marketing, faute de recul, ni chez les marchands de data, faute d’objectivité.

C’est ce qui rend notre positionnement pérenne.

À terme, les marques ne travailleront peut-être plus avec des agences : elles s’y abonneront comme à une ressource stratégique et créative continue. Et sur ce modèle, Fantastic a déjà pris une longueur d’avance.

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