Rencontre avec Olivier Lopez de l'agence Joga
La SHORT INTERVIEW, l'interview singulière by #Shortlist vise à mieux connaître les dirigeants des sociétés qui ont choisi d’exprimer leur créativité et d’affirmer leur singularité dans le Yearbook by CB News. Nous leur proposons une dizaine de questions au choix, et demandons des réponses plutôt « short ».
Voici Olivier Lopez, Président co-fondateur de l’Agence Joga.
Trop de data tuent-elles la pub ?
Non, l’abondance de data ne tue pas la pub. Ce qui la tue, c’est sa mauvaise utilisation. Quand la data sert à personnaliser, à mieux comprendre les gens, à nourrir les créas avec de meilleurs briefs, là c’est super. Mais quand la data supplante l’idée, quand elle prend le dessus sur la créativité, là… ça ne va plus. Côté client, la data, ça rassure. C’est carré, c’est chiffré... Et c'est surtout une façon d'essayer de mettre de la certitude sur un métier qui, par nature, n’en aura jamais vraiment. La data vend de la précision. Sur ta cible, sur tes moments de consommation... elle ne vendra jamais de la sécurité. Chez nous, tout doit toujours être au service de l’idée. Et au fond, la data, c’est juste plus de billes pour avoir de meilleures idées. D'ailleurs le marché l’a globalement bien compris. Regardez Publicis : ils sont à fond sur la data, et pourtant Publicis Conseil a été élue agence de l’année deux fois de suite à Cannes Lions. Preuve qu’on peut marier data et créativité sans perdre son âme.
Et l’IA, comment vous l’intégrez dans votre agence ?
On est très attentifs à son évolution. Aujourd’hui, il y a beaucoup de fantasmes autour de l’IA. La vraie question, c’est : comment valoriser l’IA ? Comment en faire une source de gains, alors qu’aujourd’hui, pour les agences, ça reste surtout des coûts — de formation, d’abonnement, de mise à jour… On entend partout des voix qui s’expriment très fort sur le sujet, parfois avec beaucoup de certitudes sur ce que ça va changer. On n’a pas cette prétention. Alors on préfère rester à l’écoute et curieux.
Quelles sont les qualités pour s’épanouir chez Joga ?
La première, c’est la curiosité — ça rejoint ce qu’on vient de dire sur l’IA. Ensuite, la recherche de plaisir : si ce n’est pas chiant pour nous, il y a des chances que ça ne le soit pas non plus ni pour le client, ni pour l’utilisateur final. Il faut de la ténacité - trouver des idées marrantes c'est quelque chose de très sérieux. On tombe, on se relève, on avance, et on garde notre enthousiasme. L’important, c’est de faire les choses à fond. Ce n'est que de la pub, raison de plus pour essayer d'en faire des bonnes.
Et dans 10 ans, vous voyez Joga comment ?
On veut continuer à grandir, mais à notre rythme. Pas courir après la taille, ni après les prix. Juste continuer à avancer sainement. L'agence se porte bien, et dans le contexte actuel, c’est déjà une belle réussite. Notre objectif, c’est de garder les fondamentaux du métier : des idées fortes, une vraie relation humaine avec nos clients, et le plaisir de faire de la bonne pub. Évidemment que la data et l’IA seront des composantes essentielles de notre activité, mais elles ne doivent jamais écraser ça. On va surtout s’attacher à notre moto : les pubs qu’on prend plaisir à voir sont celles qu’on a pris plaisir à faire. Alors on va continuer à prendre du plaisir à créer. Tant qu’on s’amuse à faire ce métier, on sait qu’on est sur la bonne voie.