La semaine vue par... Pauline Butor (Monks Paris)

Pauline Butor
Pauline Butor (© Petra Kallsback)

Les avancées de l'IA, DDB, l'interdiction des réseaux sociaux aux adolescents... L'actualité de la semaine selon la directrice générale de l'agence Monks Paris.

CB News : cette semaine, quel a été votre + ?

Pauline Butor : l'annonce d’une nouvelle femme, Française, dans l’Espace. Sophie Adenot, revenue au CNES à Toulouse pour la dernière fois avant de s’envoler dans la station spatiale internationale en février prochain. A cette occasion, j’ai aimé entendre ses sources d’inspiration et de motivation. Très jeune : Marie Curie, une exposition, son grand-père mécanicien pour l’armée de l’air. Pour moi c’est un symbole très fort, il faut être curieux, écouter ses envies, croire en ses rêves et s’en donner les moyens. J’aimerais que ça ouvre les perspectives, donne confiance et ambition à beaucoup de jeunes filles.

CB News : qu'est-ce qui a retenu votre attention cette semaine dans les médias ou la publicité ?

Pauline Butor : beaucoup de choses ! Sans les comparer, la disparition de MTV et de l’agence DDB sont là aussi des symboles. Les symboles forts d’un paysage publicitaire et médiatique en pleine mutation. On vit dans un contexte en évolution permanente. Il faut évidemment s’adapter, être agile, mais surtout inventer la suite. Cette évolution des grands acteurs reflète celle des comportements des consommateurs. Un autre élément marquant est le succès toujours plus grand des Black Friday et Cyber Monday et l’utilisation de l’IA pour profiter de ces, désormais installés, grands moments de promotion. D’après un rapport Adobe Analytics, nous avons battu un nouveau record aux Etats-Unis, avec un montant total de ventes supérieur de 9,1 % à celui de la même journée l'an passé. Et de plus en plus de consommateurs se sont laissés guider par l'intelligence artificielle pour naviguer entre les promotions. Le trafic vers les sites de vente au détail provenant de ces services a augmenté de 805 % par rapport à 2024 selon ce rapport.

CB News : chez Monks, comment envisagez-vous ces changements liés aux avancées de l’IA ?

Pauline Butor : nous pensons qu’il est indispensable d’allier créativité et technologie pour créer des "Real Time Brands". Des marques fortes, ancrées dans leur histoire, mais aussi beaucoup plus agiles et capables de réagir en temps réel au pouls de notre société et au façonnage de notre culture. Notre campagne la plus primée cette année, “Conduisez comme une femme” pour Victime et Citoyens, s’est d’ailleurs appuyée sur un insight fort "84% des accidents mortels sont causés par des hommes", avec une campagne d’affichage mais aussi grâce à l’IA, avec un chatbot qui répondait à tous les commentaires mysogynes sur les femmes et la conduite avec cette vérité sans appel. Très simplement, on se concentre sur ce qui crée de la valeur : stratégie et création. En s’aidant d’outils puissants pour gagner en efficacité. Et puis, là encore, il faut être curieux et se former. Je vous invite à suivre nos sessions ‘25 Minutes of AI’. Sessions ouvertes, que nous proposons à toutes et tous en externe.

CB News : et qu'avez-vous appris d'intéressant concernant des initiatives à impact ? Dans les médias, la rue, les magasins, chez des amis, au travail…

Pauline Butor : je suis de près ce que réalise DesCodeuses - que nous sommes très fiers d’avoir accompagné avec une campagne forte et primée sur les cyberviolences. Que ce soit se lancer dans la vie professionnelle, ou à un moment de reconversion, cette association fait un travail formidable avec notamment des ateliers gratuits pour donner, à toutes, les clés des métiers du numérique. J’ai découvert plus en profondeur leur formation aux métiers de la cybersécurité. Des métiers importants, d’actualité et d'avenir.

CB News : et quelque chose vous a-t-il froissé ? Votre " - " de la semaine…?

Pauline Butor : que le débat sur les réseaux sociaux et les écrans n’aille pas plus loin. Je ne suis pas certaine qu’il faille légiférer. Je ne crois pas qu’il faille aller jusqu'à l’interdiction pour les moins de 16 ans, comme l’Australie vient de l’adopter. Mais je suis convaincue que c’est un sujet fondamental dont les acteurs publics et privés doivent s’emparer. Le social média est une part très importante du travail de l’agence. Ce sont des médias et plateformes extrêmement puissants, qui ont un impact déterminant pour les marques comme pour les utilisateurs. Ils demandent de les manier avec expertise, créativité et précaution. Il faut absolument accompagner les plus jeunes.

CB News : le vendredi en général : votre week-end est-il déjà planifié ? Un peu ? Beaucoup ? Pas du tout …

Pauline Butor : je suis parisienne, j’ai 3 enfants entre 6 et presque 11 ans, j’aime l’art et la culture, voir mes amis et ma famille, m’évader régulièrement. Mes week-ends sont en général bien remplis et très planifiés, mais jamais trop en avance. Nous laissons toujours un peu de place à l’improvisation. Les meilleures soirées pyjamas, apéros, dîners, découvertes culturelles sont souvent ceux que l’on organise au dernier moment.

CB News : et pour planifier notre week-end, qu’est-ce qui t’a marqué dans l’agenda culturel ?

Pauline Butor : dans une année qui n’a jusque-là pas été très bonne pour le cinéma en France (recul de 14% des entrées selon le CNC), je me réjouis de 2 choses. Grâce au YouTube Ciné Club par MK2, j’ai découvert en avant-première lundi soir ‘Tête plongeante’. Ce très touchant documentaire s’empare du sujet encore trop tabou de la santé mentale en mettant en scène un joli mélange de jeunes, athlètes et champions du monde de 2018. Grâce aux partenaires, vous pouvez le voir sur YT, TF1+, TMC, l’Equipe, Society+ …. J’en profite pour dire bravo à YouTube, qu’on aime accompagner, et Wale Gbadamosi Oyekanmi qui a coproduit ce contenu utile en un temps record. Et puis j'ai hâte d’assister ce soir à l’avant-première mondiale d’Avatar, en souhaitant à cet autre partenaire important de l’agence autant de succès que pour Zootopie ! Et puis je suis toujours marquée par un ballet magnifique découvert début novembre : Racines à l’Opéra Bastille. Pour revenir à l’organisation, je vais essayer de prendre du temps pour réserver des places pour la saison danse 2026. Ça fait toujours un bien fou de se projeter dans du beau et des instants suspendus.

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