La semaine vue par... Victor Faubert (Rosa Paris)

Victor Faubert

Le directeur général adjoint de l'agence Rosa Paris nous raconte sa semaine.

Victor Faubert est directeur général adjoint de l'agence Rosa Paris. Il nous raconte sa semaine.

CB News : Cette semaine, quel a été votre + ?’

Victor Faubert : Voir enfin naître un projet après presque 2 ans de travail pour une grande marque et accessoirement un « grand produit » de notre terroir, le Roquefort Société. Au-delà de la fierté de sortir ce film, je retiens surtout deux choses. D’abord, la force du travail d’équipe — à l’agence comme avec les équipes de la marque. Deux ans, c’est long, et sans confiance mutuelle et conviction partagée, ce projet n’aurait probablement jamais vu le jour. Ensuite, la satisfaction de contribuer à une campagne qui dépasse la simple communication d’une marque car derrière Roquefort Société, c’est aussi toute une filière au service d’un des produits les plus iconiques et nobles de notre terroir. Il ne me reste plus qu’à savoir si Alice, l’éleveuse de brebis rencontrée sur place, est fière du film — si oui, ce + deviendra un ++ !

CB News : Qu'est-ce qui a retenu votre attention cette semaine dans les médias ou la publicité ?

Victor Faubert : L’élan de fraicheur voire d’espoir que suscite l’arrivée d’un profil comme celui de Zohran Mamdani à la mairie de New York dans le contexte américain actuel. En tant que communicant, on ne peut être qu’admiratif de la façon dont il a mené sa campagne : storytelling hyper calé, contenus craftés nourris de références culturelles choisies avec justesse… On pourrait être tenté de penser que c’est la meilleure campagne de communication qui a gagné. Mais en y regardant de plus près on se rend compte que c’est aussi et surtout la victoire d’un programme clair, précis et engagé qui répond à la préoccupation n°1 des New-Yorkais : celle de ne plus avoir les moyens de vivre dans leur propre ville. Un programme dont il n’a pas dérogé du début à la fin de sa campagne en dépit des attaques du camp adverse quand son adversaire s’est borné à faire de sa candidature celle de « l’anti-Mamdani ». Un rappel qu’en politique comme ailleurs, les meilleures campagnes de communication sont celles qui se mettent au service d’un propos fort et singulier.  

CB News : Et qu'avez-vous appris d'intéressant concernant des initiatives à impact ?

Victor Faubert : L’annonce d’une levée de fond en crowdfunding du groupe Bonaloi que je suis avec attention et intérêt depuis plusieurs mois. Je suis passionné de bouffe au sens large (ça a peut-être un lien avec mon + de la semaine d’ailleurs) et je trouve le profil d’Eloi Spinnler, le chef à la tête de ce groupe, particulièrement intéressant. Formé auprès de grands chefs et au sein de grands établissements, il a très vite décidé de faire de son métier un levier pour défendre des convictions fortes. Il est d’une part un défenseur de l'anti-gaspi, qu’il applique à l’ensemble de ses établissements… y compris un buffet à volonté dont le modèle semble pourtant aux antipodes de l’anti-gaspi. D’autre part, il milite depuis des années pour un environnement de travail plus sain en cuisine, en défendant un management plus horizontal, plus collaboratif et surtout plus serein au sein de ses cuisines. Et ce qui est tout aussi intéressant, c’est sa capacité à vulgariser ses engagements auprès d’un public large qui dépasse les simples initiés et passionnés en créant des contenus YT et Insta cool, ludiques et bien produits dans lesquels ils invitent des personnalités issues du web et du divertissement. 

CB News : Et quelque chose vous a-t-il froissé ? Votre " - " de la semaine…?

Victor Faubert : Là, normalement, c’est le moment où je m’offusque de l’ouverture de l'espace Shein au BHV. Mais je crois que ce qui m’embête encore plus c’est ce que tout cela dit de notre société et de sa polarisation. L’ouverture d’un magasin Shein en France est problématique. Que cette ouverture ait lieu au sein d’un établissement aussi emblématique que le BHV l’est encore plus. Mais pour moi, le plus marquant est peut-être le gap qui existe entre les gens qui s’élèvent à raison contre cette ouverture et une autre réalité qu’on veut moins voir : celle de la file d’attente devant le BHV cette semaine et du chiffre d’affaires énorme de la marque en France.

S’il est nécessaire de se préoccuper de l’essor de Shein sur notre territoire, il est tout autant nécessaire de se préoccuper des raisons pour lesquelles les gens se tournent vers ce type d'acteur. Dans un moment de tension économique et de contraction du pouvoir d’achat, une des grandes forces de Shein est sans aucun doute de permettre à des gens de continuer à consommer dans une société où ne plus consommer peut être vécu comme une forme d'exclusion. Alors continuons à lutter contre Shein - c’est une nécessité - mais réfléchissons aussi et surtout à des façons de donner aux consommateurs des alternatives crédibles et séduisantes.

CB News : Le vendredi en général : votre week-end est-il déjà planifié ? un peu ? beaucoup ? pas du tout…

Victor Faubert : Trop de plannings le reste de la semaine pour en rajouter le week-end.

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