Shein demande le report de son audition parlementaire
La marque chinois ne se rendra pas à la convocation du 2 décembre...
Le groupe Shein a informé jeudi la présidente de la commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire de l'Assemblée nationale qu'il n'allait pas se présenter à sa convocation du mardi 2 décembre en raison de l'affaire judiciaire en cours, a-t-il déclaré à l'AFP. Après deux reports de dates, le groupe asiatique de mode éphémère était convoqué le 2 décembre à l'Assemblée, mais il estime qu'une audition de ses représentants devant les députés "ne pourrait être envisagée qu'à l'issue de la décision du tribunal judiciaire" sur une possible suspension de la plateforme de e-commerce. Or l'audience judiciaire, initialement prévue mercredi, a été renvoyée au 5 décembre sur demande de l'Etat et cela "impose un ajustement de calendrier", selon Shein. "Je maintiens leur convocation au 2 décembre", a répondu Sandrine Le Feur, présidente de la commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, dans une réaction envoyée à l'AFP. "Une procédure judiciaire ne saurait priver les parlementaires de la possibilité d'interroger les personnes dont ils estiment l'avis nécessaire sur des questions de politiques publiques", ajoute la députée Renaissance.
"L'attitude de Shein démontre, malgré ce qu'ils peuvent dire, une véritable défiance envers les autorités de ce pays, cela devrait envoyer un signal aux consommateurs sur la confiance qu'ils peuvent accorder à cette plateforme", continue-t-elle. Sandrine Le Feur maintient par ailleurs sa volonté de saisir le procureur de la République si Shein ne vient pas répondre aux questions des parlementaires mardi. L'entreprise fondée en Chine et désormais basée à Singapour "réaffirme" pourtant "sa volonté de participer aux travaux" de cette commission. Shein avait décliné une première audition à l'Assemblée nationale le 18 novembre, devant la mission d'information sur les contrôles des produits importés en France, évoquant déjà l'échéance judiciaire du 26 novembre. La commission du Développement durable l'avait ensuite convoqué le jour même de cette audience initialement prévue le 26 novembre devant le tribunal, avant de reporter cette convocation au 2 décembre.
Devant le tribunal judiciaire de Paris, l'Etat demande une suspension du site pendant trois mois, après la découverte de la vente sur cette plateforme de poupées sexuelles d'apparence enfantine et d'armes de catégorie A. Mercredi, le ministère public ne s'est pas opposé à la demande de renvoi, mais a d'ores et déjà indiqué qu'il ne s'associerait pas à la demande de blocage du site Shein formulée par l'État. "Le parquet pourra considérer qu'un blocage pour 3 mois apparaîtrait disproportionné au regard de la jurisprudence de la CEDH (Cour européenne des droits de l'homme, NDLR), sous réserve de la justification à l'audience prochaine de la cessation effective de toute vente illicite", a précisé jeudi le parquet de Paris.