Olivier Dulac (Sporsora) "le sport représente 1,8% du PIB..."

Olivier Dulac - Sporsora

Deuxième semaine de confinement...CB News poursuit sa série d'interviews de professionnels de la filière communication, initiée mardi 17 mars. Pour le sport, c'est un choc brutal. Olivier Dulac, président de Sporsora, l'interprofession du sport, s'est prêté à l'exercice. Voici ses réponses.

1) Comment allez-vous chez Sporsora ?

Olivier Dulac : passé le choc, nous essayons d’être constructifs et positifs, malgré l’arrêt total de notre secteur économique. Le sport et ses nombreux acteurs économiques sont en mode pause. Le sport de haut niveau avec les plus grands événements annulés ou reportés, entre autres Roland Garros, Euro2020, GP de Formule 1, Ligue 1 Conforama, Top 14 … et maintenant les Jeux Olympiques et Paralympiques Tokyo 2020. Mais aussi le sport amateur. L’activité physique des français est très contrainte ...même si se développent de nombreuses initiatives de sport à domicile.bCe sont les marques partenaires, les détenteurs de droits sportifs (clubs, fédérations, ligues, organisateurs privés d’évènements, athlètes …), les agences et prestataires, les médias …Tout un écosystème est touché. Le sport représente 1,8% du PIB. Dans la mesure où Sporsora fédère tous ces acteurs et organise de nombreux événements, notre activité est, comme vous l'imaginez sans peine, fortement perturbée.

2) Quels sont vos soutiens au niveau de votre ministère de tutelle ?

Olivier Dulac : le ministère des sports est actif au sein de la cellule de continuité économique et sociale pilotée par la direction générale des entreprises à Bercy. Elle dispose de deux relais que sont notre syndicat professionnel des employeurs du sport  (le CoSMoS) et la filière sport. Le secteur du sport est donc en permanence informé des mesures d’aides mises en place. Nous sommes également sollicités pour faire remonter des mesures plus spécifiques à notre activité permettant de maintenir la continuité économique. Notre secteur est composé d’une multitude d’acteurs souvent de taille réduite et dont l’économie est fragile. Nous jouons chez Sporsora, le rôle de relais d’information dans les deux sens.

 3) Qu'avez-vous mis en place avec vos membres pour continuer néanmoins vos missions ?

Olivier Dulac : voici quelques exemples concrets. Nous avons dès les premiers jours de la crise, mené une enquête auprès des agences et prestataires membres de notre organisation afin de remonter au ministère des sports des données d’impact. Les principaux résultats sont les suivants : 100 % des répondants se déclarent impactés par le coronavirus dont 62 % « très impactés » à « énormément impactés ». Ils envisagent en moyenne une perte de 28% de chiffre d'affaires. La perte est supérieure pour les petites structures en particulier pour les activités liées à l’organisation d’événements. La perte totale est évaluée à près de 150 M€. Nous avons ouvert nos contenus à nos écoles membres afin de leur donner de la matière pour l’organisation de leurs cours à distance. Enfin, nous avons évidemment suspendu tous nos rendez-vous physiques pour nous concentrer sur la reprise d’activité que nous espérons proche et informons régulièrement via le digital notre réseau des initiatives positives de nos membres pour résister à la crise.

4) Comment pouvez-vous être utile, votre organisation et votre segment en particulier, à la société pour faire face ?

Olivier Dulac : notre mission consiste à penser et influencer le développement de l’économie du sport. La tâche, ambitieuse en temps normal, est aujourd’hui devenue colossale …Notre objectif est d’informer et de maintenir le lien entre nos membres. Nous appelons à la bienveillance entre eux, à la bonne foi dans l’exécution de leurs liens contractuels afin que les plus petites structures ne disparaissent pas. Nous nous engageons à toujours faire valoir la voix du sport, secteur économique à part entière, levier de communication et de sens très puissant pour les marques. Il est de notre devoir de mettre tout en œuvre pour préserver ce secteur pour que très vite nous puissions à nouveau courir, frapper dans des balles, danser  … et que nous puissions retrouver la ferveur des rencontres sportives chargées d'émotions qui sont des vecteurs de lien social, de joie collective dont nous aurons encore plus besoin à la sortie de cette crise.

 

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