Simon Bouanich (Pulp) "nous ne sommes pas en télétravail, nous sommes en bureau-maison"

Simon Bouanich, co-fondateur de Pulp

Voilà nous y sommes...Dans la quatrième semaine de confinement. C'est difficile. CB News a une chance. Celle de continuer d'informer. Nous poursuivons notre série d'interviews, débutée le 17 mars, avec aujourd'hui le témoignage de Simon Bouanich, co-fondateur de l'agence de branding et de design Pulp.

1) Comment y arrivez-vous ? A travailler, à inspirer, à créer ?

Simon Bouanich : « L’agence va bien, tout va très bien ! »...C’est le discours que beaucoup de dirigeants d'agence veulent faire passer. Permettez-moi, en introduction, de constater et d'admirer la capacité de résilience des Français face aux épreuves qui s’enchaînent. Après une année 2019 de manifestations continues, un début 2020 avec des grèves solides et maintenant le confinement, moi je dis chapeau . Ensuite, que pouvons-nous faire pour préserver nos entreprises et nos équipes ? Le chômage partiel ? Le report des charges ? Les impôts décalés ? Les emprunts BPI ? Que de la dette… La sortie va être rude. Les appels d’offres sont gelés, les compétitions se font rares, les innovations repoussées. Notre objectif, c’est de sortir sans trop de casse humaine et financière. Nous avons donc mis en place un temps partiel pour l’ensemble de nos collaborateurs (ce qui s’avère être un vrai exercice de jonglage entre les prévisions et la réalité !). Comment allons-nous sortir de cette épreuve, et « revenir à la normale » ?  Les vacances d’été ne seront plus très loin de la sortie du confinement. Allons-nous basculer dans tous les excès après ces mois de frustration ? Comment gérer les congés et la reprise ? Les gens auront besoin de se retrouver pour tirer un trait. En même temps pour les agences,  l’été est souvent rythmé par les compétitions, il va falloir trouver le bon équilibre.

2) Avez-vous "trouvé" de nouvelles sources d'inspirations ?

Simon Bouanich : dans le contexte actuel, notre créativité redouble d'énergie pour nous adapter et repenser nos modes de travail. L’ensemble de l’agence est à pied d’œuvre pour poursuivre son activité et accompagner au plus près nos clients au quotidien. Nos sources d’inspiration s’expriment à travers la mise en place de nouveaux outils collaboratifs avec nos clients, plus riches et plus interactifs. Concrètement, nous consolidons le lien avec nos clients de plusieurs manières. Nos audits se font par interviews en écran partagé. Nous accentuons les réunions de co-création. Des workshop peuvent réunir entre 10 à 12 personnes sur le même écran, un vrai exercice de voltige, mais très stimulant ! Nos créations sont présentées sur un écran et nous échangeons de visu via un autre écran. Cela fonctionne très bien et nos clients nous en sont reconnaissants. Nous ne sommes pas en télétravail, nous sommes en bureau-maison. Et notre job de tous les jours, c’est de continuer à garder le lien, le rythme et le désir de bien faire. Par exemple, chaque nouveau projet est, annoncé à l’ensemble des équipes. La technologie est la clé pour s’adapter à cette situation. Les grèves du début d’année nous ont servi de test et de rodage pour mettre en place des connexions informatiques fluides et fonctionnelles. Merci Zoom, Slack, VPN… Avec nos clients nous subissons les mêmes contraintes. De fait, il y a une meilleure compréhension et de la solidarité. Mais certains sont en difficultés ou repoussent des projets, surtout à l’international. Et puis, pour stimuler les équipes en interne, le planning stratégique produit, toutes les semaines, un document pour l’ensemble de l’agence appelé « La stratosphère » qui compile toutes les bonnes idées ou créations sur les marques et les produits ainsi que des inspirations artistiques.

3) Qu'est-ce qui vous manque le plus dans la pratique de votre métier ?

Simon Bouanich : la liberté… Nous sommes dans un métier de création, notre pire ennemi c’est la contrainte. Le confinement est par nature une forme d’emprisonnement, paradoxalement pour le bien de tous.

4) L'imaginaire est libre lui : où va le vôtre si vous deviez créer une identité visuelle/un objet/une campagne pour une marque ?

Simon Bouanich : nous avons créé la page Instagram L’Optimisterie (@loptimisterie). C’est une maison remplie d’initiatives positives, engagées, inspirantes et prometteuses. C’est une piqûre quotidienne d’optimisme, le meilleur des initiatives, élans de solidarité, innovations, esprits collaboratifs et ingéniosités du moment. Ce compte Instagram est nourri en permanence par l’ensemble des 50 personnes de l’agence et une sélection est faite par notre responsable de la communication. Nous sommes en train de repenser notre métier, notre marque et notre raison d’être, elle sera accompagnée d’une nouvelle signature.  Un travail très libre et inspiré en rupture avec notre historique. Évolution de notre positionnement, nouvelle identité, nouveau site, création de nouveaux outils et nouvelles expertises : un gros chantier pour nous. C’était dans les cartons mais le contexte et un peu plus de disponibilité nous ont donné envie d’accélérer pour être prêt dans deux mois. Une nouvelle marque inspirée de l’actualité serait de faire du pangolin la mascotte d’une future charte des Nations Unies pour la protection de notre planète qui se substituerait à tous les différents organismes et ONG, engageant l’ensemble des nations à respecter et protéger les espèces et la nature dans toutes ses composantes, au-delà des états, considérant que c’est un bien commun. Rêvons un peu….

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