Départ de TBWA\Groupe de l’AACC : Laurent Habib répond

Laurent Habib

Informé par courrier de la décision de TBWA\Groupe de quitter les instances de l’AACC, Laurent Habib, président de l’Association des agences conseil en communication, a répondu à Guillaume Pannaud, président du groupe publicitaire de la même voie épistolaire, doublée d’un article dans Les Echos. Dans cette réponse, le président de l’AACC s’attache à répondre point par point aux critiques de du président de TBWA, remarquant que leur désaccord porte sur "trois points fondamentaux". Le premier porte sur la nature même de l’association dont Laurent Habib souhaite qu’elle soit "un lieu de rassemblement ouvert sur toute la diversité du marché, et permettant au plus grand nombre possible de dirigeants de s’engager, de débattre et de participer avec énergie et dans le respect les uns des autres".

Deuxième point de désaccord entre les deux hommes et les organisations qu’ils dirigent, le combat pour la rémunération des agences. "Au-delà du fait que l’AACC ne pourrait pas organiser une entente (c’est évidemment prohibé), il est absolument faux de dire que notre association ne se bat pas sur les conditions des compétitions et la défense des rémunérations des agences. Ces dernières années, nous avons fait un travail considérable pour la défense du droit d’auteur, et, de façon plus globale, pour celle des agences dans toutes les phases de la relation contractuelle. Et nous l’avons également fait sur la question spécifique de l’activité digitale", écrit Laurent Habib. Celui-ci ne manque pas de rappeler la charte « La Belle Compétition » initiée et mise en œuvre par Catherine Michaud, CEO d’Integer France, agence du groupe TBWA France.

Le troisième point de désaccord pointé par Laurent Habib porte sur "la fragilité du marché", qui selon Guillaume Pannaud est cachée par l’AACC. Vision contestée par le président de cette dernière qui rappelle la création de "l’observatoire économique de la communication sur la base de 415 agences ayant régulièrement publié leurs comptes, et qui représentent 77 % du marché". Cet observatoire montre, selon Laurent Habib, que "de 2007 à 2015, le chiffre d’affaires réalisé par l’ensemble du marché a progressé de 34 %. Et entre 2010 à 2015, la croissance a été de 15 %. Quant au résultat d’exploitation, il s’est maintenu à 5 %, sans variation significative tout au long de la période". Reste la question du duopole formé par les deux grands groupes français, Havas et Publicis. Une situation contestée par le président de l’AACC qui écrit que les deux groupes "détiennent respectivement 23 et 22 % du marché, tandis que GroupM les devance, et que DentsuAegis les suit de peu". Et Laurent Habib d’ajouter qu'"Havas et Publicis ont su constituer parmi les meilleures agences françaises […]. Il faut être excellent pour les battre. Mais cela n’est jamais impossible", ajoute-t-il.

Regrettant que son confrère "sacrifie l’efficacité collective et la solidarité au profit de quelques coups d’épée qui risquent de s’avérer être des coups d’épée dans l’eau", Laurent Habib conclut sa réponse en appelant " chacun de nous à résister à cet appel, mais je vais me battre pour aborder les sujets urgents et complexes qui sont les nôtres — comment défendre la spécificité, la créativité et la valeur de notre métier ? Comment faire face à la montée aux géants du numérique ? Comment assurer une véritable égalité entre les hommes et les femmes ?"

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