Edouard Rencker (Jazz Magazine) : « soutenir la musique et les musiciens est un impératif absolu »

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Avec cette 5ème semaine de confinement, CB news poursuit ses entretiens avec les professionnels de la publicité, de la création, du marketing, des médias, de la high-tech… Aujourd’hui, l’éclairage d’Edouard Rencker, propriétaire et directeur de la publication de Jazz Magazine, par ailleurs président du groupe de communication Makheia dont il nous a entretenu dans une interview parue mardi.

5ème semaine de confinement, comment va Jazz Magazine ?

Nous avons été parmi les premiers touchés par la crise, dès mars, puisque les concerts qui sont notre seconde activité ont été rapidement interdits. Nous avons dû également reporter notre traditionnel Festival Jazz Magazine. Et aujourd’hui ce sont la plupart des kiosques qui sont fermés. Donc nos activités traditionnelles sont à l’arrêt. En revanche, nous avons rebondi dès fin mars en lançant différentes initiatives : tout d’abord Digijazz, trois mois d’abonnement numérique gratuit sans condition et un accès à un an d’archives pour tous, mélomanes, amateurs de Jazz, curieux... pour rendre le confinement le moins difficile possible aux amoureux du jazz.

Ensuite nous avons créé des rendez-vous quotidiens sur l’ensemble de nos médias digitaux (site, Facebook, Instagram…) comme par exemple la playlist du matin, le billet de la rédaction, l’expo photo, le concert du week-end, sans oublier l’actualité que nous continuons de suivre évidemment.

Enfin, nous organisons ou co-organisons des « concerts confinés » en ligne…à suivre sur Facebook. Les retours sont positifs, nous enregistrons près de 1 000 nouveaux abonnés (gratuits) par semaine, ce qui prouve que notre communauté est très active.

Vos contenus, vos projets, vos process… Tout était à revoir ? Une gageure ?

Nous avons adapté nos canaux de diffusion et accéléré la digitalisation de nos activités, mais l’impulsion et le dispositif étaient là. Quant à la rédaction et l’ensemble de nos journalistes pigistes, il y a longtemps que nous télé-travaillons tous régulièrement. Seul véritable « crève-cœur », l’annulation des concerts. Nous en avions une trentaine de prévu cette année, avec des rendez-vous forts comme un hommage à Chet Baker qui devait se tenir au New Morning ce mois-ci. J’espère que tous les amateurs de musique et de live pourront se rattraper par la suite.

Mesurez-vous d’ores et déjà l’impact financier d’une telle crise ?

Nous allons probablement perdre un à deux mois de chiffre d’affaires. En fonction de la durée du confinement et de la gestion de sortie de crise. Nous avons demandé toutes les aides que permettent les dispositifs mis en place par le gouvernement : report de charges, chômage partiel et demande de PGE. Nous attendons les retours. J’espère que les politiques n’oublieront pas la situation difficile des professionnels de la musique dans leur ensemble et de la presse ! Soutenir les musiciens est un impératif.

Quand et comment sortir par le haut d’une telle situation ? C’est quoi le monde d’après ?

En re-imaginant nos circuits de diffusion, nos canaux de diffusion. En cherchant tous les moyens d’être plus prêts de nos différents publics. La crise a révélé que nos lecteurs étaient prêts à nous suivre sur tous les formats. Ensuite, et plus que jamais, en soutenant la musique, les musiciens, les jeunes talents. Nous aurons plus que jamais besoin d’être solidaire avec ceux qui font la création et rendent le jazz bien vivant.

Un album qui réchauffe le cœur à nous conseiller ?

En cette période quelque peu « morose », un album qui donne la pêche, à écouter fort…si les voisins sont d’accord : Live at Montreux de Marlena Shaw, chez Blue Note Record. Un extrait par ici.  

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