Frédéric Langagne (Euronews) : « il y a une demande croissante pour la personnalisation »

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Directeur commercial d’Euronews, Frédéric Langagne répond aujourd’hui aux questions de CB News, alors que la période de confinement se poursuit et que les professionnels de la publicité, de la création, du marketing, des médias, de l’audio ou encore de la high-tech s’interrogent sur comment vivre avec cette crise et, surtout, comment en sortir.

6ème semaine de confinement… Comment va Euronews ?

La période sans précédent que nous vivons rend la mission d’Euronews encore plus déterminante. Je veux rendre hommage à mes collègues journalistes qui travaillent sans relâche pour continuer à informer nos audiences toujours plus nombreuses. Toutes nos éditions (à la fois TV et digitales) sont mobilisées pour donner une information de qualité en temps réel, mais aussi proposer des contenus plus positifs à ceux qui veulent apprendre, se cultiver ou se divertir. Avec une vraie spécificité en ce qui nous concerne : nous sommes la seule chaîne d’information véritablement européenne, avec des journalistes de plus de 30 nationalités travaillant pour nos 12 éditions linguistiques distinctes, et avec des bureaux et des correspondants à travers l’Europe.

Comme beaucoup d’autres médias établis, nous avons constaté un afflux vers nos plateformes : 33 millions de visiteurs uniques notamment sur le seul mois de mars, un niveau jamais atteint. On constate un intérêt à la fois pour l’information liée au COVID, mais aussi des sujets qui n’en parlent pas et permettent de s’évader, en témoigne la forte croissance de notre plateforme Euronews Living, dédié à la consommation durable et éthique. Nos partenaires distribution nous ont sollicités pour étendre la disponibilité d’Euronews et/ou Africanews de manière temporaire ou permanente : plus de 22M de foyers supplémentaires en Europe, Amérique du Nord, Asie et Afrique ont accès à au moins l’une de nos chaines. 

Avec l’affluence constatée vers nos plateformes, nous nous sommes joints à CNN International et BBC Global News pour offrir un inventaire publicitaire gratuit à hauteur de 50 millions de dollars à des organisations publiques de santé multilatérales et nationales pour diffuser leurs messages vitaux. L’OMS a été la première à répondre à notre offre. Ensemble, nous atteignons plus de 800M de personnes à travers le monde.

Vos process, vos programmes, vos clients … Tout était à revoir ? Une gageure lorsque l’on est une chaine internationale d’information ?

Cela a été un défi, comme pour beaucoup d’entreprises, de médias. La santé et le bien-être des salariés est évidemment la priorité. Je souhaite saluer d’ailleurs les initiatives de notre département RH qui s’en assure au quotidien. C’est dans des moments difficiles comme cela qu’on mesure également les valeurs et l’humanité d’une entreprise.

Au quotidien, en tant que média international avec des bureaux partout dans le monde, nous avons par exemple l’habitude de travailler par visioconférence. Notre service informatique a fait un travail rapide pour permettre à tous ceux qui le pouvaient de travailler de chez eux, y compris la totalité des journalistes digitaux et même certains journalistes TV qui sont habitués depuis longtemps à Euronews à utiliser des kits de journalisme mobile. Cela étant dit, il est évident que des tournages n’ont pas pu avoir lieu et ont dû être reportés pour certains de nos programmes plus longs en particulier, mais nos équipes redoublent d’inventivité pour produire du contenu différemment.

Mesurez-vous d’ores et déjà l’impact financier d’une telle crise ?

Il est difficile à ce stade de le mesurer pleinement. Comme tous les médias, nous sommes confrontés à des programmes qui sont en pause ou à la difficulté pour certains de nos clients de prévoir ce que sera l’après-crise. Nous avons cependant, dans les deux dernières années, augmenté de 50% nos revenus publicitaires, développant et diversifiant notre clientèle, un avantage dans cette période incertaine. Nous avons également renforcé notre studio créatif Embrace qui accompagne nos partenaires dans la création de contenus sponsorisés ou de hub digitaux, adaptés aux nouveaux comportements et habitudes de consommation.

Il y aura un avant et un après cette crise, que ce soit en termes de contenus de programmes que d’organisation du travail ou encore de l’approche commerciale ?

C’est indéniable, et il est sans doute trop tôt pour en mesure l’ampleur. En ce qui concerne l’approche commerciale, certains de nos clients sont fortement impactés par la crise, je pense à ceux travaillant dans le secteur du tourisme par exemple. Notre régie a donc de plus en plus une fonction de conseil auprès de nos clients, en lien avec nos équipes recherche qui analysent les nouveaux comportements des audiences. Nous avons constaté qu’il y a une demande croissante pour la personnalisation et il faudra que les annonceurs soient prêts à adapter leur offre publicitaire. Nous avons développé des solutions permettant à nos clients d’adapter leurs messages et créer une relation avec des audiences à travers de multiples marchés. Avec 12 éditions linguistiques distinctes, nous captons l’attention d’audiences très diverses à travers le monde et cela nous donne une position unique sur le marché.

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