Harcèlement : la direction de McCann Paris mise en cause

Les Lionnes - McCann

21 témoignages ont été reçus par l'association Les Lionnes concernant des comportements sexistes et de harcèlement au sein du bureau parisien de l'agence américaine McCann (groupe Interpublic). Précisément à la direction de la création. Soit Riccardo Fregoso et Julien Chiapolini. "Le nombre de signalements concernant les agissements de la direction de la création de McCann Paris constitue un record depuis la création de notre mouvement" explique Christelle Delarue, fondatrice de l'association, "sitôt après les derniers Cannes Lions, nous avions été contactés, concernant les Prix reçus par l'agence. Notamment celui, reçu pour la campagne "The non issue" pour L'Oréal Paris. Une récompense prestigieuse certes. Mais qui passait mal pour notre témoin qui nous a raconté les coulisses". Les Lionnes - qui fédère aujourd'hui 300 femmes travaillant dans la publicité - avait même primé cette campagne pour la première édition de leur prix de l'équité. Une récompense retirée mercredi 6 octobre. Date à laquelle une enquête, menée par le quotidien 20 minutes, a été publiée. Elle relate le climat de "terreur et d'intimidation" sur les femmes salariées "incitées à dénoncer leurs collègues ou à enquêter sur des éléments de la vie personnelle d'autres salariés". Plusieurs décrivent le "sexisme ordinaire",  des "blagues sur le viol, des remarques obscènes, des injonctions à sourire (...)  et la brutalité managériale instaurée dans l'équipe". Suite à ce premier témoignage reçu au cœur de l'été, d'autres suivent. En septembre, Les Lionnes en comptabilisent six. "Dans nos statuts nous déclenchons une amorce de dialogue, puis d'enquête avec les agences incriminées au bout de cinq témoignages reçus auprès de notre comité victimes. Nous sommes tous formés aux risques psychosociaux. Nous écoutons, dialoguons, co-enquêtons avec la DRH et formons. Notre rôle est de prévenir" continue Christelle Delarue. Après une mise en relation difficile et très lente avec la direction des ressources humaines, l'association ne rencontre la présidence de l'agence que le 16 octobre au soir. Après une tentative d'annulation la veille de la part de l'agence... malgré 18 témoignages reçus (l'anonymat des témoins est assuré par l'association). "Bruno Tallent et la directrice des ressources humaines ne prennent pas la mesure de la gravité de la situation" selon Christelle Delarue, "ils sont sourds et refusent notre aide. Ce qui est incompréhensible au vu de la gravité des faits. Pour un groupe américain, cette attitude est illisible". L'association comprend également qu'un avocat est engagé et que "l'actionnaire n'est pas au courant de la situation". Quelques jours plus tard, le 22 octobre, la direction demande des noms. Si McCann France n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet, la direction de McCann Europe a répondu à l'AFP qu'une "enquête interne a été menée sur les faits dénoncés par les Lionnes, en concertation avec les représentants du personnel et que rien n'a été trouvé pouvant corroborer les faits présumés". La médiatisation intervient en dernier recours avec cette nouvelle affaire. Durant la nuit du 5 au 6 octobre, sur la ligne 1 du métro et jusqu'au siège de l'agence à Neuilly-Sur-Seine, des affiches avec des verbatims des 21 personnes, ont été collées. "Notre boîte mail explose" conclut Christelle Delarue.

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