Les Lionnes préparent le Off des Cannes Lions

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Les Lionnes préviennent "la croisette ne doit pas être la nouvelle Madison Avenue". Une référence très claire aux dérives qui sévissent dans le cinéma et dénoncés par le hashtag MeToo.  Le collectif, créé par Christelle Delarue, sera, à Cannes, aux côtés d’autres associations internationales, pour défendre les intérêts des femmes, et pour "siffler la fin de la récréation et de remettre le talent féminin où il mérite de trôner : sur le devant de la scène". Le Palais des festivals se présenterait ainsi "moins comme le temple de la création artistique que comme celui du sexisme ordinaire" avec des " jurys historiquement écrasés par les hommes, récompenses en forme de cooptations fraternelles, équipes non-paritaires, agences irrespectueuses des législations en termes d’équité, débordements et comportements déviants. Le tableau est sombre pour un secteur qui n’a pas grand-chose à envier à l’ère des Mad Men ". Concrètement ? Les Lionnes remettront tous les jours leur Prix. "Un Prix de la création équitable" explique Christelle Delarue, "nous allons analyser toutes les fiches techniques des cas présentés pour y compter l'apport du travail des femmes". Le collectif sera "quelque part sur la Croisette" pour installer un Off du festival. "L’heure est à l’éveil des consciences : de la blague lourde à l’agression physique ou sexuelle, il est vital d’ouvrir les yeux sur l’atmosphère épouvantable dissimulée, tolérée voire entretenue dans beaucoup d’agences. Celles-là même qui se voulaient “constructrices de symboles” et deviennent “destructrices de destin”. Quel meilleur endroit que le plus créatif des festivals publicitaires mondiaux pour lancer cet appel ? Quel lieu plus symbolique que la croisette pour en appeler à la responsabilité de chacun ? Quel moment plus propice pour rugir et dénoncer l’androcentrisme de la publicité ? ". Avec 89% d’hommes à la tête des directions de création dans le monde, "il n’est nul besoin de préciser les rôles auxquels les femmes demeurent cantonnées aujourd’hui. Si les femmes ne sont pas à la table des négociations, c’est qu’elles sont au menu !". 

Action de nuit

Dans la nuit du 5 au 6 juin, le collectif (qui compte 200 membres actifs) a mené une action d'affichage sauvage aux abords des agences parisiennes. Des affiches reprenant des phrases de témoignages recueillis ces derniers mois par le collectif (39 visuels témoignages). "L'idée initiale était de coller ces affiches autour de 70 agences" continue Christelle Delarue. Mais les forces de l'ordre les en ont empêché après une dizaine d'adresses visées.

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