Nathalie Roland (Blondie Paris) "nous allons nous relever avec l’aide des médias"

Nathalie Roland - Blondie Paris

Deuxième semaine de confinement...CB News poursuit sa série d'interviews de professionnels de la filière communication, initiée mardi 17 mars. Nathalie Roland, fondatrice de Blondie Paris -  bureau spécialisé en conseil en relations presse, relations publiques et influence - s'est prêtée à l'exercice. Voici ses réponses.

1) Après une semaine de confinement, comment allez-vous ?

Nathalie Roland : je vais bien, je me confine, comme tout le monde (quoi que beaucoup -apparemment- n’ont pas bien saisi la définition de ce mot). Mes proches, mon entourage professionnel ont pris les dispositions nécessaires pour se protéger et c’est l’essentiel. Je prends très régulièrement des nouvelles de mes clients et vice versa. Nous restons en contact. En même temps, un sentiment très bizarre d’être si entourée et seule à la fois. Seuls ensemble. J’ai commencé le confinement total depuis le 13 mars, chez moi à Paris, seul endroit où je me sens en sécurité. En revanche le rythme de travail s’est affaibli de manière vertigineuse. Pour les agences RP comme la mienne, tout s’est arrêté du jour au lendemain. Blondie Paris a vu ses missions se décaler. Je suis très impactée comme la majorité du secteur. Personne ne sait combien de temps cela durera. Je vis au jour le jour.

2) Comment travailler en RP à distance, sans plus se voir en vrai : côté clients, partenaires de tous types et côté presse ?

Nathalie Roland : nous avons tous changé nos habitudes du jour au lendemain et je me suis adaptée. Grâce à des applications comme Teams, Zoom, FaceTime, pour échanger avec nos clients. Les premiers jours, j’avais besoin d’être connectée non stop aux médias pour suivre l’actualité, mais depuis 3/4 jours, j’ai décidé de couper quelques heures dans la journée pour me protéger ...car le climat devient assez vite anxiogène. Mon métier est basé sur les rencontres, l’humain, les rendez-vous. Depuis le confinement, je ne me suis jamais autant servi de mon téléphone pour APPELER. J’ai davantage besoin de parler, d’entendre les gens. Je laisse le temps à mes clients de s’organiser, de se poser pour mieux les accompagner ensuite sur leurs futures prises de parole qui seront essentielles.  

3) Votre mission initiale d'amplification médiatique a-t-elle déjà muté vers "autre chose » ?

Nathalie Roland : d’un commun accord avec chacun de mes clients, nous avons décidé de ne pas communiquer sur les lancements de campagnes qui étaient prévues la semaine du 16 mars, et les autres à venir et ce jusqu’à nouvel ordre. Les priorités sont ailleurs. J’ai d’ailleurs anticipé en prévenant quelques journalistes. En revanche,  je pense que les agences, tout comme les marques, ont et auront plus que jamais besoin de communiquer. "le jour d’après", il faut s'y préparer. Les marques chercheront davantage à être utile avant de faire parler d’elles. La façon de communiquer dans les prochaines semaines va être scrutée à la loupe. Le message devra être plus dans l'humain et la solidarité. Les prises de paroles seront sans doute plus ciblées qu’auparavant. Car il va falloir que vous preniez le relais pour mettre en avant toutes les initiatives, toutes les idées créatives qui auront pu naître de cette crise sanitaire sans précédent.

4) Qu'est qui vous a le plus étonné positivement dans la pratique de votre métier depuis le début du confinement ?

Nathalie Roland : j’ai été agréablement surprise par des clients qui spontanément ont pris des nouvelles dès le 17 mars et encore aujourd’hui. Énormément de groupes de discussions se sont créés, entre ami.es, familiaux et professionnels, particulièrement entre RP/Dircom : on se soutient les unes aux autres ! Nous échangeons régulièrement, nous sommes assez solidaires. Globalement, il y a beaucoup de bienveillance (ce mot si galvaudé et balancé à toutes les sauces) et ce que nous pouvons espérer, c’est un changement de comportement et de mentalité dans la durée...

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