Philippe Lucas (Wellcom) : « Demain, ce ne sera plus chacun pour soi »

Philippe Lucas (Wellcom)

Quatrième semaine de confinement. C'est dur pour tout le monde… CB News poursuit sa série d'interviews débutée mardi 17 mars, avec aujourd'hui l'interview de Philippe Lucas, président-directeur général de l’agence Wellcom.

1) Comment allez-vous, après quinze jours de ce confinement ? Et Wellcom ?

Nous avons réussi à passer la première vague. Resserré les équipes, limité les dépenses, protégé la trésorerie mais surtout conservé tout le monde en télétravail. Certes quelques gardes d'enfants se sont imposées mais pas de chômage partiel sur nos équipes, à l'exception de 3 personnes en services support. C'est important, c'est un signal fort que nous voulons envoyer à nos équipes, à nos clients : nous sommes là !

En termes financiers, nous avons amorti la première vague mais sommes inquiets de la suite, la période de septembre à décembre qui risque d’être plus forte, plus économique, plus radicale. L'émotion nous lie, nous rassemble autour d'un même ennemi, le Covid-19. Demain, ce ne sera plus chacun pour soi pour défendre sa survie, son salaire. C’est aussi un message que je tente d'adresser à tous mes contacts, soyons solidaires maintenant et demain pour limiter cette deuxième vague.

2) Avez-vous une bonne nouvelle à partager ? De la part d'un de vos clients par exemple ?

Cette période est un véritable révélateur de la réalité des engagements RSE des entreprises et donc de nos clients et de nos relations de confiance avec eux, mais aussi et surtout de la solidité de notre organisation et de nos outils. La très grande majorité de nos clients sont solidaires avec nous, nous payent, nous soutiennent et nous travaillons déjà sur les opportunités de sortie de confinement/crise. Pour d’autres, nous profitons de cette période pour revoir les éléments de langage, analyser l’année, faire des brainstormings créatifs, renforcer les empreintes digitales et le réseau des influenceurs.

Nos collaborateurs avaient testé le télétravail lors des grèves de fin d’année mais mais sommes une étape plus loin : le télétravail plus le confinement, c’est vraiment très dur. Je les admire, surtout ceux qui ont des enfants à gérer en plus (l’avantage de l’âge). Nous avons créé des outils de liens et de partage nouveaux, nous renforçons les occasions de se parler... pour tenter de pallier la situation.

3) Vous avez récemment annoncé vous recentrer autour de la stratégie de marque et de la stratégie d’influence : comment y parvenir dans ce contexte ?

La situation actuelle de crise mais surtout de confinement renforce la dimension et le besoin de sens. Quelles sont les priorités de chacun, comment conserver un lien avec son entreprise, comment celle-ci s’inscrit-elle dans les priorités de chacun. Les entreprises et institutions ont une opportunité d’être réellement acteurs dans cet environnement. Acteurs vers leurs collaborateurs en communiquant avec eux, en gardant un lien, une motivation, plus on est loin plus il nous faut du sens. Acteurs envers la société via des contributions directes ou indirectes.

4) Si vous deviez expliquer en une phrase cette situation à un martien dans quelques années, ce serait ?

La soucoupe volante est cassée, on ne pourra pas rentrer chez nous, il faut inventer une nouvelle vie maintenant !

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