Publicis : prudence, bons résultats mais la Bourse sanctionne

Publicis

En 2025, le groupe Publicis a performé. Et demeure prudent pour l'année en cours.

Le revenu net du groupe Publicis a progressé de 4,2% à 14,5 milliards d'euros en 2025, tandis que son bénéfice net est ressorti quasiment stable (-0,4%) à 1,65 milliard d'euros, selon des résultats dévoilés mardi 3 février. Il a dépassé ses objectifs de +5,6, grâce à des investissements dans l'IA, "un accélérateur de croissance et de différenciation", a expliqué Arthur Sadoun, PDG de Publicis, lors d'un échange avec la presse. En élargissant son offre de produits et services, et avec des technologies à base d'IA, Publicis a remporté en 2025 une quinzaine de nouveaux contrats avec des grands comptes comme Coca-Cola, LinkedIn, Mars et Nespresso, représentant en tout 8,2 milliards d'euros en 2025, a-t-il été précisé.

Le groupe a dépensé un milliard d'euros en 2025 pour des acquisitions ciblées dans les données, l'IA et l'influence et envisage la même enveloppe pour 2026.  Il a notamment acquis en mai dernier les entreprises américaines Captiv8, spécialisée dans le marketing d'influence grâce à des outils d'intelligence artificielle et Lotame, spécialisée dans la gestion de données mais aussi Hepmil Media, agence d'influenceurs en Asie du Sud-Est ou encore BR Media, société de marketing d'influence et contenus en Amérique Latine.

 La croissance a notamment été tirée par les États-Unis (+5,4% à données constantes), l'Europe (+4,2%) et la région Asie Pacifique (+5,8%).  La France affiche une croissance organique de +1,8 % portée par Connected Media et Intelligent Creativity tous deux en progression. 

La bourse sanctionne

L'action de Publicis a dévissé de plus de 10% mardi à la Bourse de Paris, après la publication de ces résultats financiers annuels, les investisseurs s'inquiétant de la concurrence que représente l'intelligence artificielle (IA) pour le secteur. Vers 16H20 heure de Paris (15H20 GMT), le titre chutait de 8,96%, à 78,64 euros. Sur les douze derniers mois, il accuse un repli de plus de 20%, portant désormais sa capitalisation boursière à environ 22 milliards d'euros. "Les perspectives financières pour 2026 sont moins élevées que ce que le marché imaginait et cela a donné du grain à moudre aux investisseurs qui depuis fin 2022, au moment de la sortie de ChatGPT, ont commencé à questionner la compétitivité du secteur publicitaire face à l'essor de l'intelligence artificielle", a expliqué Lionel Melka, gérant de Swann Capital. "Les investisseurs se disent que les espaces publicitaires d'aujourd'hui vont changer et vont basculer sur les robots conversationnels, laissant un flou sur la façon dont les grandes agences seront touchées", a-t-il poursuivi.

Face aux débats sur l'IA, le groupe français a pourtant montré son assurance en affirmant y voir "un accélérateur de croissance et de différenciation", a déclaré Arthur Sadoun, PDG de Publicis, lors d'un échange avec la presse en marge de la présentation des résultats du groupe. "Il y a tout ce débat sur : est-ce que l'intelligence artificielle aide ou pénalise notre secteur ? Chez Publicis, cela nous permet de gagner des parts de marché", a-t-il affirmé.

"Hors Publicis, le marché est en déclin", a souligné M. Sadoun. WPP, concurrent britannique de Publicis, a connu une année catastrophique, tandis que le numéro un mondial, l'américain Omnicom, qui a avalé Interpublic Group of Companies (IPG), a affiché des résultats contrastés plusieurs trimestres de suite.

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