David Philip (Lafourmi) : “Les influenceurs sont devenus des talents et des médias à part entière”
Plus d’un an après son arrivée chez Lafourmi en tant que directeur de la création, David Philip fait le bilan et annonce l’arrivée d’Ali Oumnia en tant qu’influence manager et Julien Hablainville au poste de head of craft.
CB News : Vous êtes arrivé chez Lafourmi depuis plus d’un an, après 10 ans passés chez TBWA\. Comment s’est passée votre arrivée et quelles sont les différences majeures ?
David Philip : Ce sont deux manières très différentes de travailler. D’abord de par la taille des structures. Passer d’une structure de plus de 500 personnes à une agence d’une cinquantaine de personnes offre plus de flexibilité. Tout va vite, les pôles échangent facilement. La réactivité s’en ressent. J’aime aussi ce format d’agence. Ça permet de remettre de l’humain. Je mets beaucoup l’accent sur ça auprès des équipes. “Parlez-vous, allez voir les gens à leur bureau, discutez, échangez”. Je veux qu’il y ait de l’humain dans les échanges. Il y a des choses qui sont impossibles à faire passer par mail ou par chat. Le ton d’une phrase, une humeur, un sentiment, une mimique, un doute, une certitude. Cinq minutes prises pour aller poser une question à quelqu’un à son bureau peut économiser 3 jours de boulot dans la mauvaise direction parce qu’un mail a été mal formulé ou mal compris. Paradoxalement, à l’ère où les agences de communication ont 800 outils pour communiquer, c’est maintenant qu’on communique le plus mal entre nous. Je pousse pour qu’on garde un maximum d’humain, de dialogue oral et d’échange naturel. C’est essentiel.
CB News : Quel est le bilan de ces premiers 18 mois ?
David Philip : Il est plus que positif. Nous avons remporté le lancement monde de Kiprunrunning de Decathlon. Deux clients historiques ont aussi décidé de continuer avec nous, beIN Sports et le Crédit Agricole. C’est un signe fort. Ça veut dire que le travail fourni séduit, mais surtout qu’il est efficace. Et que notre méthode de collaboration plaît à nos clients. Il y a aussi eu les partenariats avec Evian, Parions Sport. D’autres belles victoires arrivent. La campagne “CLR Academy”est également un des highlights de l’année et marque notre belle collaboration avec la verticale football de Decathlon. On veut produire plus de travaux de ce niveau.
Cette première année a aussi été celle des awards. L’agence a gagné la première boule rouge de son histoire au Club des Directeurs Artistiques. C’est un Graal créatif. L’agence a aussi remporté une boule bleue sur un client historique pour lequel ce n'était jamais arrivé. C’est bien. Ça veut dire qu’on atteint un certain niveau pour nos clients. L’objectif est de le maintenir. Les étagères de l’agence se sont aussi alourdies de 2 Silvers au Clio Sports, de plusieurs Grands Prix Stratégies, et d’un titre d’Agence de l'année au Grand Prix Sport Business. Ça veut dire qu’on travaille bien, sur les gros briefs comme sur les plus petits. Avoir contribué à hisser FDJ United au rang d’annonceur de l’année à ce même festival dès notre première année de collaboration est aussi une jolie victoire. Si on ne bosse pas pour les awards, ils viennent attester de la qualité du travail produit.
CB News : Pouvez-vous nous parler des nominations d’Ali Oumnia et Julien Hablainville ?
David Philip : En un an, l’agence a beaucoup évolué. Jordane Rabute est passé DGA afin d’élargir l’offre de l’agence et de proposer à nos clients des campagnes intégrées de A à Z. On a aussi fait venir deux directeurs artistiques déjà primés au Club des AD malgré leur jeune âge, Arthur Corde et Martin Lihoreau. On veut faire grandir l’agence, en publicité comme au social ou en event.
Leur nominations en sont les preuves. Ali Oumnia arrive en tant qu’influence manager. Quand je suis arrivé à l’agence, j’ai été impressionné par le très bon niveau du pôle social. En facilitant nos liens avec les influenceurs, il va nous permettre de proposer une offre encore plus qualitative à nos clients. Les influenceurs sont devenus des talents et des médias à part entière. Il ne s’agit pas juste de prendre ceux avec le plus de followers. Il faut choisir les talents avec une communauté qualitative et une ligne éditoriale qui match avec les messages de nos clients. L’offre est pléthorique. Il nous permet de faire les meilleurs choix comme il l’a déjà fait sur “Guess The Stadium” pour Crédit Agricole ou encore “
L'évolution de l’agence passe aussi par l’event, qui est devenu un point de contact essentiel pour les fans. La promotion de Julien Hablainville au titre de head of craft va dans ce sens. Il sera en charge d’offrir le meilleur craft pour nos clients, mais aussi de développer la branche event. De beaux projets sont en cours. Et le téléphone sonne pour de nouvelles opés. Ça va être cool.
CB News : Quelles sont vos priorités marketing sur le marché français pour les mois et années à venir ?
David Philip : Notre actualité est rythmée par les grands temps forts sportifs. Qu’il s’agisse de grandes compétitions comme Roland Garros, la Coupe du Monde de football, le Tour de France cycliste, la Coupe de France de football... Mais aussi par les temps forts commerciaux liés à la sortie de nouveaux produits ou la période de prise de licences sportives. La rentrée est propice à ce genre de prise de parole, donc dense en briefs.
CB News : La coupe du monde 2026 approche... Etes-vous mobilisés ?
David Philip : Oui, avec des marques partenaires de l’Équipe de France, pour lesquelles on travaille depuis un moment. Et la FFF évidemment pour laquelle on travaille depuis des années. Il y a aussi les marques qui veulent surfer sur l'événement sans pour autant en être partenaire, et qui nous contactent sur le tard.
La beauté de ce genre d'événements mondiaux, c’est aussi qu’ils peuvent donner lieu à des réactions, des briefs impossibles à anticiper, dictées par l’actu. C’est dans ce genre de moment que l’agilité et la réactivité sont essentielles. On ne parle plus de produire quelque chose en quelques jours, mais en quelques minutes, prise de décision client incluse. C’est assez excitant.
CB News : Comment abordez-vous la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les processus de création ?
David Philip : Plutôt très bien. C’est un outil comme un autre. On l’utilise déjà au quotidien pour nos présentations, comme beaucoup d’agences. Mais l’IA nous permet aussi de proposer des solutions à nos clients sur des sujets très précis comme la déclinabilité d’un produit d’un marché à l’autre par exemple. Dans la manière de produire, il y a un pli à prendre, mais aussi un sourcing important quant aux personnes avec qui travailler. Et comme partout il y a les bons, et les moins bons.
CB News : Y a t il des chantiers qui vous tiennent particulièrement à cœur pour les années à venir ?
David Philip : Garder un haut niveau en création. C’est la clé. C’est ce que les gens voient in fine. Ça passe par plein de petits combats au quotidien et beaucoup de discussions. Je veux aussi créer des ponts avec les écoles pour diversifier les profils des gens qui nous rejoignent, et ça passe par le fait d'être implanté en amont. Avoir des gens qui apportent un œil neuf, une sensibilité nouvelle ou des skills différents est toujours une richesse. Tout passe toujours par l’humain et la personnalité des gens. Ce sont les gens qui font une agence et son niveau.