L’Egalité des femmes n’est pas une condition générale de vente de bas de page
Le 8 mars, date de la journée internationale des femmes, la ville de Paris a déployé la campagne « Liberté Egalité* Fraternité ». Egalité, avec son petit astérisque qui renvoie à ces traditionnelles petites mentions « sous conditions » de bas de page. Comme si les femmes, sans le savoir, signait une liste de conditions générales sur lesquelles on ne leur a pas demandé leur avis. Signée BETC, la campagne est visible dans le cadre d’un dispositif d’affichage orchestré par Cityz Media. La communication liste ainsi, en miroir, ces conditions (une centaine…), comme être moins payée qu'un homme à poste égal, ne pas se sentir en sécurité lorsqu'elles marchent dans la rue, effectuer la majorité des tâches ménagères quotidiennes…. « Nombreux sont ceux qui affirment que l’égalité hommes femmes est faite, qu’il n’y a plus de problème en France. Aujourd’hui nous avons à cœur de rappeler à toutes et tous que non, on n’y est pas. Et que la liste des faits sociaux qui limitent l’égalité est encore longue comme le bras », insiste dans un communiqué Mercedes Erra, présidente et fondatrice de BETC. En point d’orgue, le soir du 8 mars, la devise revisitée a été projetée sur un écran au 1er étage de la Tour Eiffel.
La campagne sera dans la foulée diffusée dès le 10 mars sur 72 mobiliers urbains d’information (7ᵉ, 8ᵉ, 15ᵉ et 16ᵉ arrondissements), à côté de la Tour Eifel. Sur deux d’entre eux, le dispositif proposera un visuel complémentaire pour rendre le message concret : avec, sur le recto, la devise « Liberté, égalité*, fraternité » et la liste des conditions et, au verso, l’engagement d’inscrire le nom des 72 femmes scientifiques sur la tour Eiffel, et la liste de leurs noms. Un engagement pris par la mairie de Paris à ce que d’ici fin 2027, les noms de 72 femmes scientifiques figurent aux côtés des 72 noms d'hommes scientifiques déjà gravés sur le monument.