Cannes Lions 2022 : Mélanie Pennec (DDB Paris) jurée Industry Craft - "l'exception culturelle existe-t-elle aussi en publicité ?"

melanie pennec

Elle adore l'exercice. Jurée dans la catégorie Industry Craft, Mélanie Pennec, directrice de création de DDB Paris, nous a livré, depuis le Palais des Festivals, quelques confidences. Après celles dans le magazine de l'été de CB News...

Qu'avez-vous vécu d'intéressant comme jurée dans cette catégorie rangée dans le pôle "craft" ?

Mélanie Pennec : le vrai truc intéressant, et même si c’est bateau, c’est le retour aux vraies salles de jury, aux vrais gens, aux vrais débats. Évidemment c’est agréable. Mais au-delà de cela, j’avais oublié à quel point un argument finement trouvé peut faire basculer un groupe de personnes. Pour le meilleur : un grand prix. Ou pour le pire : rien.

Que dit cette catégorie de l'époque ? Avez-vous trouvé par exemple eu beaucoup de cas sur la RSE ou l'inclusion ? Le "good" en général...

Mélanie Pennec : étrangement, j’ai vu beaucoup moins de travail pour des ONG que les années précédentes. Nous n’avons récompensé que très peur de « charities » (non éligibles au Grand Prix). Néanmoins oui, à l’image du grand prix, les marques s’engagent de plus en plus, et sur tous les sujets. L’inclusion, la pollution, l’éducation, la santé... Pour être tout à fait honnête, ça n’est pas la partie que je préfère de notre métier. Chez nous les gaulois, on n’est pas trop mélange des genres, et j’aime assez ça. Une marque qui s’impliquerait dans des combats sur lesquels elle n’est que moyennement légitime se ferait gentiment clasher il me semble. Je ne sais pas trop ce que ça dit de l’époque. Mais peut-être que la France résiste à la globalisation. Et que l’exception culturelle existe aussi en publicité ?

Le palmarès vous semble t-il un bon reflet des travaux proposés ?

Mélanie Pennec : Oui je crois. A part le Grand Prix en réalité. Il a été remis à une campagne qui rentre précisément dans la catégorie « marques qui veulent sauver le monde ». Mais le reste du palmarès me plaît beaucoup plus. Les golds que nous avons remis récompensent des campagnes de marques qui vendent des choses et du très beau graphisme. 

Parlez-nous de vos trois campagnes préférées primées ?

Mélanie Pennec : la catégorie photo était assez folle je dois dire. Ma campagne préférée : des photos de poules par des poules, "Heinz behind the lens". Un case study craft qui fait rire, c’est tellement rare, et ça fait plaisir. En moins drôle mais très beau, j’ai adoré le cas de refonte de l’identité du New York Philarmonics. Et enfin en rédaction, un poster live très drôle, « Chicago not in Chicago. » 

Et celle pour laquelle vous regrettez (vraiment) qu'elle ne soit pas "lionisée" ?

Mélanie Pennec : Je regrette que les poules n’aient pas eu de Lion d’or, j’aurais adoré les voir monter sur scène...

Enfin vous qui revenez à Cannes cette année, quelles sont vos premières impressions

Mélanie Pennec : Je n’ai vu aucune pub qui parle de la Pandémie. Et ça, ça fait plaisir.

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