Kidtok Shop : Amnesty International dévoile la face cachée de TikTok
Amnesty International France dévoile Kidtok Shop, une installation présentée mardi matin place de l’Opéra, à Paris, à l’occasion de la Black Week. Cette mise en scène, qui présente une adolescente dans une boîte de poupée comme un produit en vitrine, dénonce la logique commerciale de TikTok et l’impact de son modèle sur la santé mentale des jeunes.
Cette initiative intervient après une enquête menée par l’ONG, qui révèle que l’algorithme de la plateforme continue d’exposer des adolescents à des contenus anxiogènes et dangereux tout en refusant d’assumer ses responsabilités.
La boîte présente Alice, adolescente fictive avec un faux profil d’utilisatrice qui contient son âge, son état émotionnel, ses habitudes en ligne, ainsi que ses recommandations algorithmiques et sa valeur publicitaire estimée. La scénographie a été pensée pour illustrer ce que l’ONG décrit comme « l’économie du mal-être »: un système qui maximise l’engagement, quitte à entraîner les jeunes dans des spirales de contenus nocifs, des régimes extrêmes aux vidéos faisant l’apologie du suicide.
En matérialisant ceci dans l’espace public, Amnesty International souhaite alerter citoyens, pouvoirs publics et plateforme sur l’urgence d’un encadrement plus strict. L’organisation appelle TikTok à revoir son modèle et à abandonner les pratiques qui optimisent l’engagement au détriment des droits humains.
Ces revendications sont aussi portées par des familles touchées par les dérives de l’algorithme, comme celle de Marie, 15 ans, dont le suicide en 2021 a été précédé d’une exposition massive à de de sombres contenus. Son histoire, aujourd’hui au cœur d’une plainte et du collectif Algos Victima, illustre selon l’ONG les dangers de ce système.