Le musée de la Grande Guerre au front pour la santé mentale avec BBDO Paris
Le Musée de la Grande Guerre s’associe à BBDO Paris pour lancer « Les Âmes Cassées », une campagne consacrée aux traumatismes psychiques des soldats, de la Première Guerre mondiale aux opérations extérieures contemporaines. Soutenue par l’Union des Blessés et les Gueules Cassées, l’initiative s’inscrit dans le prolongement de la nouvelle tranchée pédagogique inaugurée en novembre 2024 au musée. Elle entend sensibiliser le public aux blessures invisibles, alors que la santé mentale a été désignée grande cause nationale pour 2026.
La campagne sera déployée en affichage urbain à Marne-la-Vallée, relayée sur BFMTV et La Croix, ainsi que dans des commerces parisiens et en Île-de-France, et sur les supports numériques du musée. «Parler de santé mentale et de blessures psychiques résonne fortement dans notre société, aussi bien d’un point de vue civil que militaire», explique Audrey Chaix, directrice du musée.
Le dispositif repose sur trois visuels réalisés sans intelligence artificielle, à partir d’images d’archives de soldats ayant souffert de troubles psychiques. Le premier consiste en l’impression à 1 916 exemplaires d’un même portrait de soldat, ensuite superposés et sculptés pour former une tranchée. "Une manière de dire qu’il est sorti de la tranchée en vie mais qu'une partie de lui est resté à l'intérieur” explique Benoit Oulhen, concepteur rédacteur de l'agence.
Le deuxième visuel présente un portrait soumis à un goutte-à-goutte de 823 gouttes de solvant pendant 24 heures, en référence à une journée de bombardement lors de la bataille de la Somme. Le choix du solvant renvoie à l’encre des affiches de mobilisation de 1914.
Le troisième portrait a été enterré pendant huit jours dans la boue d’une tranchée de la Somme, durée correspondant au temps moyen passé en ligne avant la relève. Imprimé sur un papier réactif à l’environnement, il porte les traces physiques de cette immersion. Les trois créations sont accompagnées de la signature : «N’oublions jamais ceux qui n’ont jamais pu oublier.»
Trois parcours pour mieux comprendre
La campagne comprend également trois films documentaires de 3 à 5 minutes, centrés sur des trajectoires individuelles. Le premier revient sur le cas d’Anthelme Mangin, soldat amnésique dont l’histoire illustre les mécanismes de dissociation et leurs conséquences identitaires. Le deuxième s’intéresse à un soldat atteint de troubles neurologiques sévères après un bombardement, afin d’explorer les liens entre traumatisme psychique et atteintes physiques durables. Le troisième prend appui sur la figure d’Ernst Jünger, auteur de Orages d’acier. À travers ses écrits, la campagne interroge le rôle de la création littéraire comme possible outil de préservation psychique pendant et après la guerre.
La campagne s’achève par un film consacré à la figure du Poilu. La caméra détaille une statue réalisée par Eugène Bénet, tandis qu’une voix off de soldat traumatisé vient nuancer la représentation héroïque traditionnelle.