L’œil du club : "Le Club a changé"
La série L'œil du Club poursuit sa "saison 2" avec un président...
J’ai envie de profiter de cet espace pour dire que le Club a vraiment changé. Beaucoup nous soutiennent moralement, conscient·e·s de la valeur de cette belle institution. Mais ce que l’on mesure moins, c’est que derrière la fidélité de notre communauté historique, une nouvelle génération est arrivée. Certain·e·s me disent : « Je ne reconnais plus personne ». C’est vrai et c’est bien, moi non plus. Nous avons longtemps projeté une image d’entre-soi, à tort ou à raison. Une image difficile à effacer, ancrée dans les esprits, qui s’est traduit par moins de membres, moins de participant·e·s, moins de personnes aux cérémonies. Mais l’année dernière, nous attendions 600 personnes… 850 sont venues. Nous avons été débordés, et c’est la plus belle preuve de cette nouvelle communauté. Et il est important de saluer Marie-Catherine Dupuy, ancienne présidente du Club, qui a initié ce changement de fond. Aujourd’hui, toutes les catégories ont trouvé leur place dans nos organisations. Plus d’équilibre, plus de ponts entre les métiers. Même si nous ne parlons pas toujours le même langage, nous nous comprenons parfaitement. Peut-être parce qu’après tant d’années dominées par les « gourous » et les égos, une génération plus ouverte, mais tout aussi créative, s’est imposée. Ce que beaucoup oublient, c’est que nous, créatif·ve·s, sommes à la fin de la chaîne, au côté de la production.
Les mots, les images, le design
Nous sommes en première ligne face aux cycles et aux changements de rythme de l’industrie. Et au regard de ce que j’ai pu constater pendant les trois dernières années au Club, j’ai envie de rappeler que ce qui intéresse en premier lieu nos créatif·ve·s (et j’insiste, toutes générations confondues), ce sont les mots, les images, le design, toute cette culture qui nous entoure et bien sûr les idées. On aime les idées, mais aussi les mettre en forme avec tout ce que nous avons appris, à l’école, ou encore grâce à tout ce savoir accumulé que nous avons développé : la fabrication, la production… Comment expliquer à notre communauté et aux jeunes diplômé·e·s en création qu’iel.les devront désormais se contenter de trouver des idées marketing ? C’est une autre logique, et beaucoup préfèrent aller ailleurs. En choisissant l’indépendance, en rejoignant cette multitude de petits studios qui décrochent de gros comptes globaux, ou encore dans ces studios intégrés chez l’annonceur, qui attirent de grands talents avec une promesse créative réelle.
Le changement est déjà là.
La communauté créative est toujours bien présente, pas forcément là où on l’attend. Elle va là où elle peut continuer à faire, tout simplement, ce qu’elle aime, et nous la suivrons.Le Club soutient, depuis sa création, les métiers des arts appliqués à la communication, là où beaucoup de festivals privilégient les résultats, les vues, les classements. Il y a certains festivals pour cela, mais ce n’est pas le nôtre. Le Club change, mais il garde son cap : défendre la création, la culture, et celles et ceux qui les font vivre.