L'Autorité de la concurrence pointe la « dépendance » des créateurs de contenu vis-à-vis des plateformes

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Créateurs de contenu vidéo : l’Autorité de la concurrence alerte sur une dépendance structurelle aux grandes plateformes et appelle à plus de transparence sur la monétisation et les algorithmes.

Les créateurs de contenu vidéo sont dans une situation de « dépendance structurelle » face aux grandes plateformes du numérique, selon l’Autorité de la concurrence, qui appelle les géants de la tech à davantage de transparence sur la monétisation et le fonctionnement de leurs algorithmes. « Le rapport de force » entre les plateformes et les quelque 150.000 créateurs de contenu professionnels en France est « très significativement en faveur des premières », indique l’Autorité dans un avis publié mercredi, notant que « le secteur est aujourd’hui concentré autour de quelques plateformes incontournables » : YouTube, TikTok, Instagram et Twitch.

L’institution indépendante, qui s’était auto-saisie du sujet en mai 2024, a notamment interrogé pour ce travail des représentants des grandes plateformes mais aussi des créateurs de contenu aux millions d’abonnés comme Squeezie, Maghla, EnjoyPhoenix, HugoDécrypte ou Inoxtag. Ces derniers captent l’essentiel de l’audience et des revenus générés sur ces plateformes.

L’Autorité de la concurrence souligne que « pour un créateur de contenu, le recours aux plateformes est indispensable » pour exercer son activité, tandis qu’à l’inverse, « pour les plateformes, un créateur de contenu ne représente qu’une part marginale des revenus ». D’autant que celles-ci fixent unilatéralement les règles de rémunération et de partage des revenus, les conditions d’accès à la monétisation ou encore la visibilité des contenus.

« Les mesures de modération appliquées par les plateformes sont souvent opaques et pénalisent les créateurs », s’inquiète ainsi l’Union des métiers de l’influence et des créateurs de contenus (Umicc), citée dans le rapport. « Les contenus peuvent être supprimés et les comptes sanctionnés sans explication claire, ce qui crée un sentiment d’injustice parmi les créateurs ». L’Autorité de la concurrence appelle ainsi les plateformes à davantage de transparence sur les mécanismes de rémunération, le fonctionnement des algorithmes et les mesures de modération, tout en « garantissant des conditions équitables » pour les créateurs.

Elle alerte aussi sur les risques concurrentiels liés à l’usage des algorithmes déterminant la visibilité des vidéos, notamment en cas de favoritisme de contenus plus rémunérateurs ou générés par intelligence artificielle (IA), et plaide pour « une identification claire » de ces derniers. Face à l’imprévisibilité des revenus liés à la monétisation des contenus sur les plateformes, les partenariats commerciaux pèsent de plus en plus dans la rémunération des créateurs, l’Autorité soulignant à ce sujet « un déséquilibre important de pouvoir de négociation entre la majorité des créateurs de contenu et les plus grands partenaires commerciaux, à l’avantage de ces derniers », en particulier pour les créateurs à l’audience plus modeste.

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