Anthony Spinasse (Gamned) : "L’après coronavirus sera placé sous les signes de la confiance et de la sécurité"

Anthony Spinasse

Pas fini, le confinement. Et les interviews matinales de CB News non plus. Rendez-vous avec  Anthony Spinasse, co-fondateur de Gamned.

1) 7ème semaine de confinement et de télétravail… Après la mise en place d’une  nouvelle organisation, y-a-t-il eu des ajustements, des manques, des innovations. Tout est-il rose dans ce nouveau mode de travail  pour vos collaborateurs ?

Comme toutes les structures nous avons dû adapter notre organisation pour faire face à la crise sanitaire, mais si une activité se prête au télétravail c’est bien le digital. Loin de nous isoler, nous n’avons jamais été aussi connectés : Google Meet, Facetime, appels, Houseparty.. Nous alternons appels et visio, pour avancer sur les sujets mais principalement pour garder du lien et apporter un peu plus de chaleur humaine que nous sommes en mesure de le faire par e-mail. Cette pratique a d’ailleurs un impact positif sur les échanges et les prises de décisions, plus efficaces et constructifs que par e-mails interposés. 

Avec les équipes, nous avons mis en place des rituels pour garder du lien : des appels visio quotidiens pour chaque équipe pour démarrer la journée et des apéros plus informels sur Houseparty tous les vendredis (on peut garantir qu’il n’y a pas de consommation d’alcool au bureau ;))). Ces moments permettent de découvrir un peu plus le quotidien de chacun et de se détendre ensemble. 

2) Quelle sont les urgences de vos clients ? Que vous demandent-ils ? Quelles sont vos préconisations ?

Face à ces conditions exceptionnelles, nos clients ont besoin d’encore plus de conseil et d’accompagnement que d’habitude. La plupart ont vu leur temps de travail réduit et ont besoin de se reposer sur des acteurs en mesure de leur apporter des éclairages et solutions concrètes. Concernant la reprise ils comptent plus que jamais sur nous pour leur apporter des résultats et sécuriser leur activité. Nous avons d’ailleurs lancé Brave New Reality, une étude pour mieux comprendre les besoins du marché et anticiper l’évolution du secteur de la publicité digitale. Nous nous sommes associés avec huit partenaires pour réfléchir à des dispositifs adaptés à ces nouveaux enjeux, avec une très forte volonté d'accompagner la transition et la relance de l'économie.

 

3) Mesurez-vous d’ores et déjà l’impact financier de cette crise ?

A l’annonce du confinement, une grande partie des budgets de nos annonceurs ont été décalés et ce malgré l'augmentation du temps passé devant des écrans digitaux. En effet, les nouvelles habitudes de consommation des français, contraints à leur domicile, on fait naître des opportunités pour certaines marques et nous les encourageons à s’en saisir lorsque cela fait sens. Communiquer, même en temps de crise, reste une nécessité pour des nombreux acteurs : qu’il s’agisse de rassurer, d’informer ou très modestement d’inspirer. Pour les secteurs plus touchés par la crise et dont l’activité est suspendue, nous nous tenons prêts pour une reprise ambitieuse qui permettra de combler tout ou partie de l’impact financier de cette crise sanitaire. 

4) Y aura-t-il un avant et un après coronavirus dans le programmatique ?

Le programmatique est un levier qui évolue et s’adapte extrêmement vite au marché. Par définition, nous sommes capables d’adapter un message en temps réel en fonction d’une cible et d’un objectif donné tout en prenant en compte le contexte de diffusion. Aussi, l’initiative mentionnée plus tôt devrait nous permettre de modeler une nouvelle offre sur-mesure et ainsi de proposer des solutions adaptées aux enjeux des marques. 

 Pour nous, une chose est sûre, l’après coronavirus sera placé sous les signes de la confiance et de la sécurité - que nous placerons au centre de nos dispositifs. Concrètement, cela se traduit par des indicateurs de performances précis et garantis, pour permettre aux marques de mieux piloter leurs budgets. Mais je suis convaincu que cela nécessitera aussi des collaborations nouvelles entre les entreprises françaises, en soutien mutuel bien-sûr, mais également en co-création de nouvelles pratiques plus responsables dans notre secteur où tout reste à faire. Du respect de l’internaute à la réduction de son empreinte carbone, c’est toute la chaîne de valeur qui doit être repensée au prisme d’un rebond économique qui sache aussi (et surtout) être éthique et durable... 

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