Edouard Lauwick (Rakuten Advertising) : Une offre « transexpérience » est aujourd’hui possible 

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Avec la création de Rakuten Advertising, le groupe Rakuten affiche ses ambitions de rationalisation de ses activités publicitaires. Son senior vice-président Europe du Sud, Edouard Lauwick, explique les choix du groupe japonais pour une nouvelle organisation d'ores et déjà opérationnelle. Interview.

CB News : Mi-février, le groupe japonais Rakuten annonçait la création dans le monde de Rakuten Advertising, une nouvelle entité qui regroupe désormais l’ensemble de ses inventaires publicitaires, ses données consommateurs et ses produits adtech, après la fusion de Rakuten Intelligence et Rakuten Marketing. Pourquoi ?

Edouard Lauwick : Au sein du groupe, vous pouvez répertorier environ 80 métiers dont le plus connu est le e-commerce, bien sûr. Mais c’est également un opérateur téléphonique, une banque, etc. Pour chacun de ces métiers, il existait une activité dite de high-tech qui était Rakuten Marketing, géré à partir des Etats-Unis, à San Mateo (Californie). Nous avions en son sein deux grandes familles de produits : d’un côté l’affiliation et de l’autre, le display/programmatique/retargeting/prospecting… Puis, vous aviez également les sites Rakuten qui avaient soient une régie interne ou externe.

CB News : Il fallait donc rationnaliser ?

Edouard Lauwick : L’objectif de Rakuten Advertising, c’est la fusion des « régies publicitaires », même si je trouve le terme très oldschool aujourd’hui. Nos offres vont en effet au-delà. De la pure performance à l’affiliation, en passant par l’acquisition, des approches branding en fournissant une data exclusive à partir d'algorithmes propriétaires. Nous mutualisons tout cela pour offrir des expériences publicitaires qui soient beaucoup plus globales. Puis nous avions la volonté de véritablement créer une marque avec 55 collaborateurs dédiés rien qu'en France.

CB News : Quelle est votre approche ?

Edouard Lauwick : Notre approche de prospection, c’est de voir de quelles data nous disposons pour la mettre au service de l’annonceur ; pour lui amener les clients qu’il n’a pas encore. Par définition, nous sommes donc dans l’obligation de faire une offre spécifique. C’est du sur-mesure, même si l’annonceur ne s’en rend pas forcément compte. La technologie nous impose d’en faire, au final.

CB News : Comment allez-vous concrètement travailler ?

Edouard Lauwick : Pour les offres display et publicité, les agences et/ou annonceurs auront en face d’eux un seul et même interlocuteur qui fera les propositions. Différents formats (native advertising, retargeting, display traditionnel…) seront proposés pour chaque offre. La partie affiliation est pour sa part plus spécifique et très technique. Le plus souvent, elle n’est pas gérée par les agences.

CB News : Vous travaillerez uniquement à partir de vos data propriétaires ?

Edouard Lauwick : Nous avons en la matière des produits qui sont indépendants du groupe Rakuten, des produits de retargeting, de prospecting et des produits qui proviennent de nos « sisters companies ». Nous avons donc là de la data 1rst party comme de la data 2nd party et 3rd party. Nous les croisons-mixons.

CB News : Vous considérez-vous comme totalement opérationnel aujourd’hui ?

Edouard Lauwick : Oui, nous pouvons cibler les internautes en fonction des demandes des annonceurs. Nous sommes associés à Nielsen pour notre DMP, pour les ciblages ad hoc. Une offre « transexpériences » est aujourd’hui possible . Nous en sommes capables.

CB News : Peut-on imaginer, qu’à termes, vous puissiez vous occuper de sites qui ne figurent pas dans votre écosystème ?

Edouard Lauwick : Nous avons déjà beaucoup d’offres à gérer, des process cohérents à mettre en place, ce qui donne déjà beaucoup de travail. Mais s’il le faut, nous le ferons.

CB News : Avez-vous l’intention d’être présent au sein de structures interprofessionnelles ? Au sein du Syndicat des régies internet (SRI), par exemple ?

Edouard Lauwick : Nous sommes en train de nous faire certifier par Médiamétrie. Les annonceurs ont aujourd’hui l’exigence de s’afficher dans un environnement totalement safe. Mon rôle est de valoriser au mieux nos inventaires. Notre volonté est clairement de nous inscrire dans le temps. Nous sommes déjà présents au sein de la FEVAD ou encore de l’IAB France. Pour le SRI, nous ne fermons pas la porte, mais il est encore un peu tôt pour vous répondre.

CB News : Que représente Rakuten en France ?

Edouard Lauwick : C’est un marché important. C’est le 1er marché européen et c’est la 2ème place de marché de Rakuten dans le monde pour l’activité e-commerce, après le Japon. Au 4ème trimestre 2019, nous figurons dans le Top 15 des sites et applis de e-commerce avec plus de 10,3 millions de visiteurs uniques moyens par mois, soit plus d’un million de visiteurs uniques moyens par jour, selon l’étude Audience Internet global de Médiamétrie pour la Fevad.

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