Le maintien du réseau cuivre important pour l'Arcep

telephone

"Le maintien d'un réseau cuivre de qualité dans le contexte de la transition cuivre-fibre est indispensable", a plaidé mercredi la présidente du régulateur des télécoms (Arcep), alors que le réseau téléphonique historique doit être remplacé par un réseau fibre optique à l'horizon 2030. "Certains territoires n'auront pas la fibre pour encore quelques années. Le maintien d'un réseau cuivre de qualité dans le contexte de la transition cuivre-fibre est indispensable", a déclaré Laure de La Raudière, présidente de l'Arcep, lors d'une audition mercredi par la commission des Affaires économiques du Sénat.

L'opérateur historique Orange a présenté en février son plan de fermeture du réseau historique en cuivre, seule source d'accès au réseau téléphonique pour plusieurs millions de Français, qui doit être remplacé par un réseau fibre optique. Le groupe prévoit une phase de transition jusqu'en 2025 pour "préparer" la fermeture du réseau avec notamment des expérimentations menées au niveau des communes, puis une phase de fermeture technique entre 2026 et 2030, avec le début de l'arrêt de sa commercialisation.

"Or, nous constatons depuis quelques mois, que, même si le volume global reste élevé", le déploiement de la fibre "ralentit de façon inquiétante dans les zones moins denses d'initiative privée et dans les zones très denses", a déploré Laure de La Raudière. "J'espère que le plan stratégique qui sera présenté par la nouvelle gouvernance d'Orange à la mi-février, sera l'occasion de rectifier le tir", a-t-elle ajouté. Ces déclarations interviennent alors que le "tarif du dégroupage", l'allocation versée à Orange par les opérateurs alternatifs souhaitant accéder au réseau en cuivre, fait l'objet d'un "contentieux" entre l'opérateur historique et l'Arcep.

Alors qu'"il y a encore 15 millions de lignes cuivre actives en France, ce qui représente 2 milliards d'euros de revenus annuels pour Orange au tarif du dégroupage actuel", selon Laure de La Raudière, "Orange a décidé néanmoins de contester devant le conseil d'Etat" le tarif fixé depuis 2020, a-t-elle déclaré. De son côté, Orange estime avoir enregistré 80 millions d'euros de pertes en 2021, et 130 millions d'euros en 2022, pour son réseau cuivre, tandis qu'il continue d'investir 500 millions d'euros annuels consacrés à son entretien. "Nous n'avons aucun élément aujourd'hui qui nous laisse pense qu'Orange ne peut pas respecter ses obligations (...) compte tenu des revenus qu'il tire actuellement de son réseau", a encore souligné la présidente de l'Arcep.

À lire aussi

Filtrer par