Le Plan France Très Haut Débit pourrait être stoppé « d'ici la fin du mois »

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La filière des infrastructures de télécommunication en France s'est inquiétée vendredi des conséquences d'un ralentissement du déploiement des réseaux, notamment de la fibre, en pleine crise du coronavirus, et en appelle au soutien financier des pouvoirs publics. Le Plan France Très Haut Débit "pourrait être stoppé d'ici la fin du mois" alors que les autorités concentrent leurs efforts sur la lutte contre la pandémie, et "si la production s'arrête, il faudra 12 mois pour redémarrer", a alerté Infranum, fédération du secteur, dans un communiqué. "Sans la mobilisation totale de tous les acteurs (travaux publics, énergie, transport) et des donneurs d'ordre, la production pourrait tomber à l'arrêt total d'ici la fin du mois de mars", ce qui conduirait "à une perte de chiffre d'affaires de plusieurs milliards d'euros et la mise au chômage technique de 20.000 collaborateurs dès ce trimestre, dont de possibles licenciements et un réemploi (...) partiel jusqu'au début 2021", a-t-elle précisé.

Dans une étude présentée vendredi à l'AFP, le cabinet Oliver Wyman a noté une "diminution très forte des activités de déploiement de la fibre" dans plusieurs pays d'Europe (Italie, Portugal, Espagne ou Royaume-Uni), "que leur population soit confinée ou non". "Les opérateurs regardent s'ils sont capables de maintenir le déploiement dans des bonnes conditions sanitaires, avec des petites équipes et en évitant de rentrer chez les gens", a expliqué Emmanuel Amiot, spécialiste des télécoms au sein du cabinet. Selon InfraNum qui a interrogé ses adhérents, "un salarié sur deux (était) au chômage partiel après une semaine de Covid-19". "Ce scénario catastrophe coûterait plus cher à l'Etat que son soutien franc et immédiat à la filière. Des mesures peuvent et doivent être prises d’ici la fin du mois", a déclaré Etienne Dugas, le président d'InfraNum, cité dans le communiqué de l'organisation.

L'organisation demande donc un soutien "urgent" des autorités, avec des solutions à court terme pour les industriels qui "peinent à équiper leurs collaborateurs d'équipements de protection". Elle veut "le maintien de l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement des communications électroniques, ce qui inclut notamment la délivrance de permissions de voirie, le maintien des activités de travaux publics, la fourniture de matériel et la disponibilité des transports à prix régulés".  Ainsi, "la production pourrait se maintenir à un rythme largement réduit", et qui "garantirait une remontée en puissance plus rapide lorsque la crise sera passée". InfraNum appelle également de ses vœux un "soutien financier en faveur du maintien puis du redémarrage de la filière". Le plan THD vise une couverture intégrale du territoire d'ici à 2022 en internet très haut débit, principalement à l'aide de la fibre optique.

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