Twitter : Jack Dorsey reconsidère ses ambitions sur l'Afrique

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Le patron et fondateur de Twitter, Jack Dorsey, que le fonds d'investissement Elliott chercherait à évincer, a annoncé jeudi qu’il reconsidérait son projet de passer une partie de l'année en Afrique, invoquant notamment l'épidémie de nouveau coronavirus. « J'ai étudié mon projet de travailler de manière décentralisée, comme nous le faisons, avec mon équipe, lorsque nous sommes en déplacement, mais à la lumière du Covid-19 et de tout ce qui se passe par ailleurs, j'ai préféré reconsidérer cela », a-t-il écrit sur le compte Twitter des relations investisseurs de Twitter.

« Quoi qu'il en soit, nous continuerons de rechercher des opportunités en Afrique », a-t-il ajouté. Cette annonce de Jack Dorsey intervient une semaine après que des medias américains ont rapporté l'intention du fonds d'investissement Elliott Management de démettre le patron de Twitter. Selon la chaîne CNBC, le fonds de l'homme d'affaires américain Paul Singer lui reproche son intention de partir en Afrique, et le fait de ne pas se consacrer à 100% à Twitter, puisque Jack Dorsey dirige également Square, une autre entreprise qu'il a fondée, spécialisée dans le paiement numérique.

Jeudi toujours, lors d'une conférence dédiée aux investisseurs et organisée par Morgan Stanley, Jack Dorsey a qualifié d’« erreur » l'annonce de son départ, estimant avoir échoué à en expliquer les raisons. Il a soutenu que le déménagement en Afrique n'était pas un plan pour « simplement se reposer ou prendre un congé sabbatique », mais pour aider à démontrer la valeur du travail à distance et à « comprendre comment ne pas être surchargé à cause des fuseaux horaires ».

Twitter veut davantage réguler la violence des échanges

La plateforme a en parallèle annoncé qu’elle ne laissera plus passer les attaques « déshumanisantes » fondées sur l'âge, le handicap ou la maladie de groupes de personnes. Une nouvelle tentative de la plateforme pour policer des échanges en ligne souvent virulents, voire violents. Le réseau social avait décidé en juillet dernier de filtrer les propos haineux liés à la religion.

« Aujourd'hui, nous étendons cette règle aux propos qui déshumanisent sur la base de l'âge, du handicap ou de la maladie », a indiqué Twitter jeudi dans un communiqué en ligne. La plateforme fournit des exemples de tweets que leurs auteurs devront retirer s'ils lui sont signalés : « Tous les (gens de tel âge) sont des sangsues et ne méritent pas notre soutien » ou encore « Les gens qui ont (telle maladie) sont des rats qui contaminent tout le monde autour d’eux ». Ce dernier exemple résonne avec la crise actuelle du nouveau coronavirus, qui force les plateformes à réagir face aux contenus haineux ou mensongers, des messages racistes aux faux produits miracles, en passant par les théories du complot.

« Notre souci principal est de nous attaquer au risque de violences dans la vie réelle, et les recherches montrent que les propos déshumanisants augmentent ce risque », détaille Twitter dans son communiqué, sans faire référence au virus. Le réseau des gazouillis pas toujours tendres est engagé dans un mouvement plus large de lutte contre les propos haineux sur sa plateforme.

Il applique déjà des règles claires concernant tous les tweets appelant spécifiquement à la violence contre un individu ou une communauté, glorifiant le terrorisme ou harcelant une personne en particulier. Mais comme les autres réseaux sociaux, Twitter est régulièrement accusé de ne pas en faire assez pour lutter contre les discours de haine. Le groupe tente, difficilement, de concilier cet objectif avec la préservation de la liberté d'expression.

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