Webedia-Eléphant : l’Autorité de la concurrence scrute le phénomène des Influenceurs pour autoriser le rachat

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De gauche à droite : Cédric Siré, Emmanuel Chain, Véronique Morali et Thierry Bizot

(© Véronique Fel)

L’opération de rachat du groupe de production audiovisuel Eléphant par le groupe Webedia en mars dernier a fait l’objet d’un examen par l’Autorité de la concurrence. Si la transaction n’appelle pas de remarque particulière de la part de l’instance, selon un communiqué vendredi, celle-ci en a en effet autorisé l’opération, elle en a surtout profité pour s’intéresser « pour la première fois » au phénomène des influenceurs. Car pour elle, ces influenceurs disposent aujourd’hui d’audiences « considérables » et sont donc en situation de monétiser leur activité via différents biais (insertion de publicités vidéos dans les programmes qu'ils produisent, sponsorisation de leurs programmes en images, placement de produits, partenariats, participation à des publicités ou à des campagnes promotionnelles ou à des programmes audiovisuels). L’Autorité s’est donc focalisée dans son enquête sur le « risque éventuel d’effets verticaux », liés aux positions respectives de Webedia, en matière de services de gestion proposés aux « talents et influenceurs », et du groupe Eléphant en tant que distributeur de droits de programmes audiovisuels. Des « effets verticaux » expliqués par l’instance, qui se « produisent lorsque les parties sont actives sur des marchés situés à des stades différents d'une chaîne de valeur », relève-t-elle, par exemple lorsqu'un fournisseur fusionne avec l'un de ses distributeurs ». Dès lors, selon elle, le risque « consisterait à évincer leurs concurrents sur ces deux marchés en liant contractuellement les influenceurs gérés par Webedia aux productions du groupe Eléphant afin de constituer des offres incontournables sur ces marchés ». Mais l’Autorité a considéré qu’aussi bien Webedia qu’Eléphant avaient des « positions limitées (…) sur leur marché respectif » alors que dans le même temps des groupes tels que TF1, M6 ou encore Canal+ disposent quant à elles, outre leurs chaines respectives, de filiales proposant des services à des influenceurs (Studio 71, Golden Network et Studio Bagel) et des sociétés de production ou de coproduction (Newen, M6 Studio et M6 Films, Studio Canal).

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