Ursula Von der Leyen se dit favorable à l'interdiction des réseaux sociaux aux enfants
"Le moment est venu de fixer un âge de la majorité numérique", selon la présidente de la Commission européenne.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est dite favorable mercredi à l'interdiction des réseaux sociaux aux enfants, lors d'une conférence à New York organisée par l'Australie, qui est en train de mettre en place une telle mesure. "De nombreux États membres estiment qu'en ce qui concerne l'accès aux réseaux sociaux, le moment est venu de fixer un âge de la majorité numérique. Et je dois vous dire qu'en tant que mère de sept enfants et grand-mère de cinq petits-enfants, je suis de leur avis", a déclaré la cheffe de l'exécutif européen. Saluant le "rôle moteur" joué par l'Australie dans ce domaine, elle a rappelé les graves risques encourus par les mineurs en ligne : "cyberharcèlement, incitation à l'automutilation, prédateurs en ligne et algorithmes addictifs".
Dans ce contexte, "il est de notre devoir de faire tout notre possible pour donner aux familles les moyens de vivre en toute sécurité, notamment en permettant aux parents de dire non, ensemble, à l'accès aux médias sociaux pour leurs jeunes enfants", a-t-elle plaidé.
Australie, pays pionnier
L'Australie est l'un des pays pionniers en matière de régulation d'internet : son Parlement a adopté fin 2024 une loi interdisant les réseaux sociaux tels que TikTok, X, Facebook ou encore Instagram aux moins de 16 ans. Sans toutefois préciser les modalités de ce contrôle qui doit s'appliquer à la fin de l'année. Il y a deux semaines, Mme von der Leyen avait annoncé une réflexion au niveau de l'UE sur le sujet, avec la mise en place d'un panel d'experts chargé de lui faire des recommandations.
Et l'idée fait son chemin parmi les 27. Soutenue par la France et l'Espagne, la Grèce a ainsi proposé en juin de fixer un âge de majorité numérique à l'échelle de toute l'UE, en-deçà duquel les enfants ne pourraient pas accéder aux réseaux sociaux sans consentement parental. D'autres Etats ont apporté leur soutien à cette démarche, en particulier le Danemark qui préside jusqu'à la fin de l'année le conseil de l'UE.
En France, les appels en ce sens se multiplient, à commencer par le président Emmanuel Macron, qui s'est engagé début juin à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, si cela ne se faisait pas "d'ici quelques mois" au niveau européen. Et tout récemment, un rapport parlementaire sur TikTok a recommandé une telle interdiction, assortie d'un "couvre-feu numérique" pour les 15-18 ans.