Interruption Lion

Photo édito

Je n’ai jamais été très fort en philosophie. Au baccalauréat, au siècle dernier, j’ai eu 8. Sur 20. Pas de quoi être fier. Là, vous vous demandez pourquoi ce lamentable aveu. Rassurez-vous, je m’en suis remis, d’autant que je l’ai quand même eu, mon bac. Non, si je reconnais cette faiblesse, c’est simplement pour vous expliquer la difficulté à formuler un concept qui m’est apparu cette semaine selon lequel ce n’est pas parce que vous êtes utile que vous avez raison. Je m’explique : Au cours de la semaine cannoise qui vient de s’achever, Greenpeace a spectaculairement perturbé le festival des Lions. La première leçon de ces actions, c’est qu’elles sont remarquablement menées par des pros de la com et qu’elles mériteraient certainement une sorte de Lion de l’interruption. Et justement, c’est un ex-créatif repenti qui a commencé dès l’ouverture de la semaine en montant sur scène pour rendre le Lion qu’il avait gagné il y a des années. Parce que ce trophée récompensait une campagne pour une marque impliquée dans l’industrie pétrolière. Et son discours m’a fait penser à celui d’un adepte d’une secte. Entendons-nous bien (attention, on rentre dans la phase philo). Nous sommes tous d’accord pour dire que l’extraction de matières fossiles pour en faire du carburant est mauvais pour la planète autant que pour son atmosphère. Nous avons largement compris qu’il allait falloir s’arrêter et trouver des solutions alternatives (ce que nous faisons). Et si nous en sommes à ce niveau de conscience, c’est entre autres et assez largement, grâce à des gens comme ceux de Greenpeace. Pourtant, leur extrémisme quasi religieux sur ce sujet me paraît totalement irréaliste et condamner Totalenergie, BP ou Exxon comme d’autres le font de suppôts du diable me semble très excessif. Ces entreprises sont certes problématiques, mais leur transformation, qui a déjà commencé, ne peut se faire en un clin d’œil. Le monde est largement trop complexe pour être guidé par des injonctions binaires. Ce qui n’empêche pas de reconnaître que ceux qui les formulent font avancer le changement. Pas simple, mais vous étiez prévenus : 8 en philo.

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