Baisse des dépenses de communication de l’Etat : qu’en pensent les journalistes ?
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé en septembre dernier le gel des dépenses de communication de l’Etat et l’ambition, en 2026, de les réduire de 20%, l’agence conseil spécialiste des sujets économiques, sociaux, corporate, politiques, institutionnels et de crise CorioLink s’est livrée à un état de lieux en interrogeant les journalistes sur les effets concrets de cette mesure. Mettant en avant, à 42%, une décision nécessaire à l’aune du contexte budgétaire actuel, 58% des journalistes pensent tout de même que cette décision induit des répercussions « néfastes ». 35% évoquent ainsi une décision « préoccupante » pour le débat démocratique et l’information des publics et 23% une décision cette fois « compréhensible », mais aux effets problématiques. Il n’en reste pas moins que 56% des journalistes considèrent que cette mesure nuit à la qualité de l’information des citoyens et 53% pensent également qu’elle affecte la transparence de l’action publique.
Quoi qu’il en soit, une large majorité du panel interrogé craint une dégradation durable de l’accès à l’information publique. Pour lui, parmi les priorités des investissements à maintenir pour l’information des publics, les relations presse arrive en tête pour 46% des répondants. Les campagnes de communication auprès du grand public (spot TV et radio, achat d’espaces publicitaires) se placent en seconde position avec 25% et l’événementiel complète le podium (8%). 17% des journalises estiment par ailleurs que les efforts doivent portent sur l’ensemble de ces postes. Quant aux sondages d’opinion, ils ne font fait l’objet d’aucune mention, pointe l’étude.
Si certaines campagnes (santé publique, recrutements de la fonction publique) ont été pour l’heure exemptées, 44% des journalistes interrogés estiment que d’autres thématiques devraient bénéficier d’un maintien des investissements : actions gouvernementales et services publics, communications auprès des consommateurs ou encore actualités relatives à l’environnement. Néanmoins, les journalistes s’adaptent. 56% ont d’ores et déjà adapté leurs pratiques en contactant par exemple d’autres sources ou en utilisant des canaux informels. 24% le font fréquemment et 32 % occasionnellement. Parallèlement, 53% des professionnels interrogés n’ont pas observé d’évolution sur la qualité des réponses transmises par les services publics, 33% ont pour leur part relevé des retours moins précis et moins complets.
Méthodologie : Enquête via un questionnaire auto-administré, à laquelle 52 journalistes ont répondu entre le 3 au 30 mars 2026. 67% des journalistes sont issus des médias nationaux et 33% des médias régionaux ou locaux. 25% d’entre eux couvrent des sujets économiques et sociaux, 19% des collectivités territoriales, 13% des sujets société, 12% du secteur public, 6% de sujets politiques, 4% des médias/de la culture et 2% de l’environnement (autres thématiques : 19%).