Communication et handicap : une étude de Dentsu pointe un déficit persistant de représentation
À l’occasion de la Journée internationale des personnes en situation de handicap (3 décembre), Dentsu, en partenariat avec l’Agefiph, l’Union des marques et le Manifeste inclusion, publie une étude révélant une perception encore très critique de la représentation du handicap dans la communication, malgré quelques signaux d’amélioration.
La question du handicap s’impose comme un enjeu central pour les acteurs de la communication, dans un contexte où inclusion et diversité deviennent des impératifs sociaux. Pourtant, l’étude menée auprès de 3 847 personnes en situation de handicap (PSH) fait apparaître une visibilité jugée rare, inégale et encore largement stéréotypée. Si 88% des répondants déclarent avoir déjà vu des campagnes intégrant des personnes handicapées, seuls 7% estiment que cette présence est suffisante. La télévision et les réseaux sociaux demeurent les espaces les plus visibles, en particulier pour les moins de 35 ans.
Au-delà de la visibilité, la qualité de la représentation interroge : 80% des personnes consultées considèrent que la diversité des handicaps est mal traitée, et 77% jugent les contenus souvent stéréotypés ou déconnectés du quotidien. Pourtant, la communication est perçue comme un levier majeur pour faire évoluer les mentalités. Les répondants citent notamment des initiatives inspirantes comme Les Rencontres du Papotin, le Café Joyeux, les campagnes SEEPH, DuoDay ou encore les Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, jugés positifs pour 62% des PSH.
L’étude met également en évidence un retard important en matière d’accessibilité numérique. Seules 2,3 % des publicités sont audio-décrites et 11% sous-titrées, tandis que moins de 10 % des sites web sont perçus comme réellement accessibles. Conséquence directe : près de la moitié des répondants (45%) ont déjà renoncé à consulter un contenu ou à participer à un événement faute d’accessibilité, et plus d’un tiers (37%) à un achat. L’enjeu touche aussi l’emploi, 39% déclarant avoir renoncé à postuler en raison d’un site carrière inaccessible, un taux qui monte à 49% chez les moins de 35 ans.
Ces résultats constituent un signal clair : « la représentation et l’accessibilité du handicap dans les médias et les dispositifs numériques ne sont pas encore à la hauteur des enjeux d’inclusion », souligne Christian Ploton, président de l’Agefiph. Même constat pour Christian Coquart, directeur RSE de Dentsu France, qui appelle à transformer les pratiques et à faire de l’accessibilité un standard créatif et un moteur d’impact pour les marques.
L’étude conclut à la nécessité de consulter systématiquement les personnes handicapées dans la conception des contenus et des outils numériques. Au-delà de la communication, c’est une transformation culturelle, organisationnelle et sociétale qui est attendue pour atteindre une véritable inclusion.
Méthodologie : l’étude a été menée en ligne, du 8 septembre au 13 novembre 2025, auprès de 3847 répondants en situation de handicap adhérents de l’AGEFIPH. L’étude est consultable ici.