Droits des femmes : la défiance envers les institutions atteint un niveau record

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(© Pixabay)

Un tiers des Français estiment que la situation des femmes s'est dégradée ces cinq dernières années. La confiance envers le gouvernement et la police chute tandis que 81 % des sondés souhaitent une loi intégrale contre les violences sexuelles. C'est le tableau dressé par le baromètre annuel d'Omnicom Media France pour la Fondation des Femmes.

Après des années marquées par des avancées - inscription de l'IVG dans la Constitution, relance du mouvement #MeToo - l'opinion publique française semble gagner par un sentiment de recul. Selon le baromètre 2026 réalisé par Omnicom Media France pour la Fondation des Femmes, 32 % des personnes interrogées considèrent que la situation des femmes s'est dégradée au cours des cinq dernières années, soit une hausse de +22 points par rapport à l'an dernier. Près d’un quart des répondants estiment par ailleurs que les droits des femmes ont été remis en cause sur la même période, une perception particulièrement croissante chez les 18-24 ans (+12 points en un an).

Masculinisme et extrême droite dans le viseur

La montée des discours masculinistes préoccupe près d'un tiers des Français, qui les perçoivent comme une menace directe pour l'égalité entre les sexes. Sur le plan politique, seule une minorité de Françaises (35 %) jugent les idées d'extrême droite compatibles avec le combat pour les droits des femmes.

Les violences sexuelles (63%) et les violences conjugales (63%) demeurent les premières préoccupations des répondants parmi les violences faites aux femmes, devant le harcèlement sexuel, en forte progression (57%, +7 points), notamment chez les jeunes (+15 points).

Barometre OMF Droits des Femmes



La protection des femmes s'impose comme la deuxième priorité d'action souhaitée pour les pouvoirs publics (40%), juste derrière la protection de l'enfance (52%).

L'État en perte de confiance, les associations plébiscitées

Le fossé entre les citoyens et les institutions ne cesse de se creuser. En un an, la confiance accordée au gouvernement dans la lutte contre les violences a chuté de 5 points, pour ne plus atteindre que 29 %. La police recule de 8 points (52 %) et la justice de 2 points (44 %). À l'inverse, les associations d'aide aux victimes consolident leur rôle de premier recours, avec 86 % de bonnes opinions, en hausse de 3 points.

Face aux « dysfonctionnements judiciaires persistants tels que les classements sans suite massifs, les délais excessifs et le manque de moyens pour l’accompagnement des victimes » (selon la Fondation des Femmes), 81 % des Français se déclarent favorables à « l'adoption d'une loi intégrale contre les violences sexuelles ». Ce texte, porté par une coalition de plus de 150 associations féministes et enfantistes, et adossé à plus de 140 recommandations, attend « une initiative gouvernementale pour aboutir ».

Méthodologie : étude réalisée en ligne, par Omnicom Media Group pour la Fondation des Femmes, du 2 au 6 février 2026, auprès d'un échantillon représentatif de 1000 personnes, selon la méthode des quotas.

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