IA, désinformation, RP... L'état des médias en 2026 selon Cision
Le premier défi des journalistes en 2026 est de vérifier les faits et de lutter contre la désinformation, selon le Rapport sur l'état des médias de Cision*. Ils sont 50 % à placer cet enjeu devant les contraintes liées à la réduction des ressources, qui implique une baisse des budgets, de postes et plus de travail (49 %). D’autres problématiques sont mises en avant comme l’impact de l’intelligence artificielle (43 %) ou, plus éloigné, la concurrence des créateurs de contenus (28%).
En dehors de leurs recherches personnelles, les journalistes sont près de 66% à s'appuyer sur les contenus fournis par les services de relations presse (RP), comme les communiqués, pour trouver des idées de sujets. Les sollicitations sont nombreuses mais souvent peu pertinentes : près des ¾ des journalistes (72 %) estiment que moins de 25 % des propositions RP les concernent.
Les sondés sont presque en majorité (47%) à réclamer de la part des RP des data ou travaux de recherche, des informations sous embargo ou accès anticipé (45%), l’accès à des experts/opportunités d'entretien (42%) ou des invitations ou accès à des événements (38 %). À noter : l’e-mail reste le canal privilégié par lequel un journaliste souhaite être contacté (97 %).
Quel usage pour l'IA ?
L’inspiration pour les journalistes se trouve également sur les réseaux sociaux (45 %), les autres médias (37 %), les événements de réseautage (35 %) ainsi que les agences de presse. Les outils d’IA (ChatGPT, Claude…) se classent derniers, avec seulement 10 % des journalistes qui les utilisent comme sources d’inspiration.
Côté IA générative, près de 79 % des répondants indiquent l’utiliser, contre 53 % en 2025. Peu y ont recours pour la création d’articles : 27 % le font contre 20 % qui l'évitent complètement. Mais l’IA n’est pas la source principale des journalistes pour trouver des idées.
"Face à la déferlante IA, ces professionnels des médias qu’ils soient côté journalistes ou RP, font face à un double défi. Celui d’utiliser l’IA pour assumer la charge de travail et les délais de plus en plus courts imposés par les exigences du monde de l’information moderne et des réseaux sociaux ; tout en se prémunissant du danger de la désinformation, un défi qui supplante cette année celui de l’adaptation aux nouveaux modes de consommation de l’information", développe Cyndie Bettant, Directrice Marketing & Impact communication Leader Europe du Sud.
La star des journalistes : LinkedIn
LinkedIn reste le réseau préféré des journalistes. La plateforme de Microsoft est utilisée par 62 % des sondés (contre 59 % en 2025). Elle est également la plus utile pour le travail de 33 % des répondants. Côté usage, la plateforme est suivie par les marques de Meta : Instagram (54 % en 2026 contre 51 % en 2025) et Facebook (53 % en 2026 et 2025). À noter la progression de YouTube qui atteint 35 % contre 29 % il y a un an.
Dans l’ensemble, les réseaux sociaux sont moins utilisés par les journalistes, puisqu’ils sont passés de 64 % d’utilisateurs en 2025 à 54 % cette année. Le principal usage reste la publication/promotion de leurs contenus, suivi par l’interaction avec le public, puis le recueil d’informations pour écrire des articles.
Méthodologie : Cision a mené son enquête en janvier et février 2026. Des sondages ont été envoyés par e-mail aux membres de la base de données Cision Media, qui sont sélectionnés par les experts en recherche médias de l'entreprise pour vérifier leur position en tant que professionnels des médias, influenceurs et blogueurs. Le sondage a aussi été mis à disposition des professionnels des médias de la base de données PR Newswire for Journalists. L'enquête a recueilli les réponses de 1 899 personnes interrogées sur 19 marchés : États-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Finlande, Suède, Danemark, Norvège, Italie, Espagne, Portugal, Chine, Australie, Singapour, Malaisie, Indonésie, Taïwan et Hong Kong.