40 millions de Français accros au e-commerce selon la Fevad

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La Fevad, Fédération du e-commerce et de la vente à distance (fédérant plus de 600 entreprises et 800 sites internet), dévoile sa nouvelle cartographie du e-commerce français pour l'année 2020 (étude sur l'année 2019). Un secteur pesant désormais plus de 100 milliards d’euros et touchant plus de 40 millions de Français autour de plus de 200000 sites (estimations à plus de 2 milliards de transactions). Retranscription de l'étude pour comprendre quelles sont les nouvelles habitudes de consommation des Français. 

Bonne nouvelle pour les acteurs du e-commerce car ce secteur progresse bien ! Selon la Fevad en effet, il reste dynamique auprès des particuliers, porté par la transformation digitale des entreprises, le développement de nouveaux services et l’essor de produits issus de l’économie circulaire. Un développement qui n'aurait pu se faire sans l'usage généralisé du smartphone (et nouveaux usages associés), qui offre aux consommateurs la possibilité de préparer, commander et suivre leurs achats en "mobilité ". 

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Le mobile, nouveau levier des  acteurs du e-commerce

Les ventes sur Internet, produits et services confondus, ont franchi le cap des 100 milliards d’euros en 2019, avec une progression globale de 11,6 % sur un an, poursuit la Fevad. Aussi, la vente de produits représente 44 % du chiffre d’affaires, contre 56 % pour la vente de services. Enfin, au cours des quatre dernières années, le e-commerce a progressé, en moyenne de 13 % par an. Outre la poursuite du développement de l’offre en ligne, ce secteur bénéficie d’une nouvelle augmentation du nombre d’acheteurs (usage grandissant du mobile). Un fait qui a retenu l'attention des sites leaders qui ont tout fait pour améliorer l'expérience client, depuis le site jusqu'au point de vente physique (49 % achètent sur Internet au moins une fois par mois à partir de leur mobile). À ce sujet d'ailleurs, les commandes sur mobile ont progressé de 4 points sur un an et pèsent désormais près de 40 % du chiffre d’affaires global. Reste à savoir cependant, cette fois-ci pour l'année 2020, si les consommateurs auront confiance ou non envers ces enseignes, en se rendant en boutique après le confinement, dû au virus Covid-19. Au total également, en matière de chiffre d'affaires, le e-commerce  pèse 103,4 milliards d’€, soit + 11,6 % par rapport à 2018. Côté transactions également, l'instance enregistre 1,7 milliard de transactions en ligne en 2019 (+ 15,7 % par rapport à 2018). Preuve que les habitudes de consommation changent et que les experts du e-commerce doivent étudier avec attention les attentes de ces consommateurs, tant pour rester leaders sur le marché, tant pour faire face à la concurrence qui sait de plus en plus évoluer sur le digital. 

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E-acheteurs et m-acheteurs, on fait le point

En plus des achats via mobile, l’achat sur internet à partir du mobile a séduit de nombreux consommateurs en 2019 (+ 3,1 millions, soit + 23,7 % sur un an). Désormais, 3 internautes sur 10 achètent à partir de ce device (les plus jeunes (25/34 ans) et les femmes notamment). Au total aussi, 8 personnes sur 10 font des achats via internet, tous écrans confondus (+ 800 000 sur un an), avec un taux d’e-acheteurs relativement homogène sur le territoire, allant de 72,0 % en Bourgogne-Franche-Comté, à 83,6 % en Occitanie, et jusqu'à 76,3 % en Ile-de-France. Ils sont d'ailleurs 89 % (global), des e-acheteurs a déclarer que l’e-commerce est globalement positif pour les consommateurs. Autre chiffre notoire de cette méthodologie : 16,3 millions de Français ont effectué des achats à partir de leur mobile au cours des 12 derniers mois (source Médiamétrie). Une alternative en somme, à la visite de centres commerciaux et/ autres grandes surfaces, lorsque ces derniers /dernières ne sont pas situées à proximité du domicile (aisons pratiques donc). Des achats qui ont donc un impact sur l'environnement (déplacements en voiture par exemple). Raison pour laquelle ces consommateurs regroupent les commandes afin de limiter les livraisons (71 %), ou trient les emballages des commandes (77 %), sinon se mettent à les réutiliser (45 %).

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Zoom sur la part du e-commerce dans le commerce

Si les ventes de produits sur Internet connaissent une démocratisation de l'usage, elles ne représentent toutefois, et en moyenne, qu'un peu moins de 10 % de l’ensemble du commerce de détail (en 2019 hors pharmacie, matériel médical/orthopédique). L’e-commerce gagne de l’ordre de 0,7 point de parts de marché par an, notamment grâce au développement des ventes en ligne des enseignes magasins. Cela avec un secteur qui s'en sort très bien (en milliards d'euros) : le tourisme (46%), suivi de près par les produits culturels (19%) et les produits maison-high-tech (25,0%). Cependant, le e-commerce représente toujours moins de 2% du commerce alimentaire et hors drive. En moyenne chaque e-acheteur passe 3,5 commandes par mois et dépense près de 2 577 € par an en ligne (en produits et services). Et 98% des e-acheteurs se déclarent satisfaits de leurs achats sur internet.

Le e-commerce créateur d'emploi

Toujours selon la fédération, le e-commerce, produits et services, représente plus de 200 000 emplois directs auxquels s’ajoutent un très grand nombre d’emplois chez les partenaires (transport et logistique). Aussi, 54 % des sites ont augmenté leurs effectifs en 2019 et 17 % des e-marchands (TPE/PME) ont recruté au moins une personne au cours de l'année dans leurs équipes. Un recrutement qui n,'est pas non plus moindre dans les plus petites zones ( 45 % des e-commerçants TPME implantés dans des communes de moins de 10 000 habitants). Aussi, la moitié de ces entreprises exploitent un commerce de centre-ville et 25 % des e-commerçants TPME sont implantés dans des communes de moins de 5 000 habitants (source Oxatis/Fevad/Kedge Business School, janvier 2020). 

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Le e-commerce attire de plus en plus d'artisans

Si  certains regrettent la perte de certains clients en magasin, la faute à l'essor de nouvelles technologies, d'autres en revanche, s'en réjouissent, démultipliant les dispositifs pour faire connaître leurs offres et leurs produits sur le territoire. C'est par exemple le cas des "crafted brands", ces marques françaises méconnues, lancées par des commerçants et des artisans à la recherche de nouveaux points de contact et/ ou distributeurs. Le e-commerce contribue donc au dynamisme des territoires, en favorisant le commerce de proximité et la dynamique omnicanale plébiscitée par les consommateurs. 57 % des e-commerçants TPME vendent également en magasin traditionnel, ou via leurs réseaux de distribution (71 % disposent d’une boutique en nom propre et 47 % ayant leur magasin en centre-ville). En matière de trésorerie par exemple, un site de e-commerce permet une augmentation de +14 % du chiffre d'affaires (pour un marchand qui utilise les deux canaux simultanément), selon les résultats d'une autre étude menée par Oxatis/Fevad/Kedge Business School en janvier 2020. Côté consommateurs cette fois-ci, un grand nombre de sondés indiquent qu'ils apprécieraient que certains commerces proposent une offre e-commerce, soit 75 % de e-acheteurs (baromètre Fevad/Médiamétrie, mai 2020). Ainsi, si les achats sur internet profitent à certains pour des raisons pratiques, ou pour la notoriété de la marque, elle peut être nocive à d'autres qui ne se sont pas engagés sur d'autres canaux, ou très peu... 

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Et les acteurs les plus plébiscités sont...

Parmi les grands acteurs du e-commerce, on retrouve sans surprise ceux qui proposent un large échantillon de produits (et catégories) : Amazon (avec pas moins de 26 121 000 clients obtenant un taux de 53,7% de pénétration,  Fnac avec 27,0%, Cdiscount (18,2 %) ou encore Veepee avec 13, 6% (dépassant la barre des 6 616 000 clients). C'est sans oublier E.Leclerc (11,1%). 

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La carte bancaire domine les paiements en ligne

Pour aller plus loin, la Fevad indique aussi quels ont été les moyens de paiement les plus plébiscités au cours de l'année.  En premier lieu les cartes bancaires (80,1 %), les portefeuilles en ligne (11,5 %), les crédits conso (3,9 %) mais aussi les virements/prélèvements (0,9 %) et les cartes privatives, chèques, chèques cadeaux, contre-remboursement, paiements en magasin, agence, mandat cash, lettre chèque ; un ensemble représentant 3,7 %. Là encore donc, les usages changent et le liquide est de moins en moins utilisé au comptoir/ caisse. 

La livraison, ça compte aussi

La diversification des entreprises passe aussi par la mise en place d'options de livraison. Et les e-acheteurs en profitent. Alors que 85 % se font livrer sans se déplacer, 74 % se déplacent en points de vente pour récupérer leurs commandes. Aussi, 37 % des e-acheteurs sont abonnés à au moins un service de livraison. Enfin, certains récupèrent leurs achats au travail( 3 %), sinon en points relais (68 %) ou via le click-and-collect 2(8 %), la e-réservation (9 %). Enfin, vient la récupération de colis à la consigne (3 %). 

C'est quoi le cross-border ?  

Autre élément phare de l'étude : le fait que les e-acheteurs Français sont proportionnellement plus nombreux à acheter à l’étranger, que la moyenne des e-acheteurs européens (en Union Européenne ou hors Union Européenne). Un phénomène bien étudié par les marques, qui ont élargi les critères de disponibilité de leurs produits : 61 % des sites leaders vendent désormais à l’international et 27 % ont une présence sur les market places présentes à l’international. Mais comment expliquer cette frénésie du shopping alors ? La réponse réside dans le fait que l'Europe représente une population de 578 millions d’habitants, dont 87 % qui ont accès à Internet avec 67 % qui achètent sur Internet. Enfin, la France est le 2e marché e-commerce d’Europe après le Royaume-Uni. Cependant, si l'on compare les usages dans le monde, les Français ne sont pas les plus dépensiers (en matière de montant moyen par acheteur en milliards de dollars).

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Et le e-commerce pour les professionels ?

L’e-commerce inter-entreprises dépasse les 150 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés sur Internet, soit 130 milliards d’euros pour les entreprises de plus de 10 personnes et plus de 15 milliards d’euros pour celles de moins de 10 personnes (enquête Insee-TIC-TPE 2016). Avec un rythme de croissance de l’ordre de 15 % par an sur les 3 dernières années, les ventes B to B via sites Web représentent en moyenne 4 % du chiffre d’affaires total des entreprises (idem à la moyenne européenne), avec 2 % pour les entreprises de moins de 250 personnes. Au global, EDI et ventes via sites e-commerce totalisent 19 % du chiffre d’affaires total des entreprises de plus de 10 personnes. Aussi, en matière de e-commerce professionnel, le BtoB a le vent en poupe, tout particulièrement en matière de commerce et d'industrie. 

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En conclusion, le e-commerce entame un virage par rapport à l'année précédente (2018, donc) et séduit de plus en plus de grands acteurs, tant pour son aspect pratique, sa notoriété (échelle locale ou internationale), que pour des aspects de logistique ou de business.  

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Méthodologie : document conçu sur la base de plusieurs documents. A commencer par une base de 1297 interviews réalisées du 24 décembre 2019 au 02 janvier 2020, auprès des cyberacheteurs âgés de 18 ans et plus ayant réalisé au moins un achat en ligne au cours des 12 derniers mois. Pour Médiamétrie Observatoire des Usages Internet  et le T1 2020 : 2 vagues, du 04 au 11 mai et du 14 au 22 mai, auprès de 2 069 puis 2 019 internautes âgés de 15 ans et plus, pour mesurer les tendances en matière d’achats sur internet pendant et après le confinement. Pour Médiamétrie Observatoire des Usages Internet T4 2019 : 1297 interviews réalisées du 24 décembre 2019 au 02 janvier 2020, auprès des cyberacheteurs âgés de 18 ans et plus ayant réalisé au moins un achat en ligne au cours des 12 derniers mois . Pour le Baromètre Fevad/Médiamétrie Octobre 2019 : étude menée auprès de 4 012 internautes âgés de 15 ans et étude en ligne (CAWI) réalisée par emailing auprès de l’access panel de Médiamétrie, avec terrain d'étude compris entre le 22 octobre au 31 octobre 2019. Médiamétrie a réalisé cette enquête en redressant les résultats sur l’étude de cadrage « observatoire des usages Internet » afin d’être représentatif des internautes français de 15 ans et plus au T3 2019 Baromètre Fevad/LSA Sites Leaders Février 2020. 

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