Audience radio : France Inter domine encore

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France Inter caracole toujours en tête des audiences radio au printemps, un succès insolent à l'heure où ce média peine à reconquérir les auditeurs perdus pendant la crise sanitaire du Covid-19. D'avril à début juillet, la première station de France affiche une audience cumulée de 12,5%, en hausse de 1,2 point par rapport à la même période de 2021, creusant encore l'écart avec RTL (10,1%, +0,1 point), selon les données Médiamétrie publiées jeudi.

Avec 6,9 millions d'auditeurs quotidiens, "on en gagne 700.000 en un an, soit la plus grosse progression du marché", s'est réjouie auprès de l'AFP la patronne d'Inter, Laurence Bloch, qui passera le flambeau à la rentrée à Adèle Van Reeth après huit ans de mandat. Ce renouvellement se fera "dans la continuité", promet-elle, vantant une "grande chaîne qui va rester libre, savante et populaire". Sa successeure imprimera toutefois sa marque, avec l'arrivée en provenance d'Europe 1 de Matthieu Noël, notamment pour un billet humoristique quotidien en remplacement de Charline Vanhoenacker. L'animatrice belge n'apparaîtra plus qu'une fois par semaine dans la puissante matinale de la station (4,3 millions d'auditeurs, +386.000 en un an) présentée par Léa Salamé et Nicolas Demorand.

France Inter a assis sa suprématie dans un contexte difficile pour la radio. Après un plus bas historique au printemps 2021, le média a séduit 39,4 millions d'auditeurs quotidiens, soit quelque 300.000 de plus sur un an, mais 800.000 de moins environ comparé à janvier-mars 2022. "Cela reprend doucement, c'est plutôt positif", tempère auprès de l'AFP la présidente de Radio France, Sibyle Veil. "La radio, c'est vraiment un média d'habitude. Or, le Covid a changé les habitudes" des Français, avec un recours accru au télétravail, dit-elle. Les antennes du groupe public ont, en tout cas, constitué des "repères" au milieu d'une actualité dense (guerre en Ukraine, élections, etc.), souligne la dirigeante. Toujours troisième, franceinfo tire ainsi son épingle du jeu (9%, +0,8 point), gagnant près d'un demi-million d'auditeurs en un an au terme de sa meilleure saison depuis 19 ans. France Bleu, en revanche, tombe à 5,2% (-0,4 point), malgré de "très bons scores" pour certaines "stations rurales", selon Sibyle Veil, pour qui la "priorité" des prochains mois sera de "redonner une dynamique" à ce réseau "utile" de 44 antennes locales.

Du côté des stations privées, on s'organise pour remonter la pente. RTL s'inspirera ainsi de sa rivale Inter à la rentrée, en dotant elle aussi sa matinale d'un duo d'animateurs (Yves Calvi et Amandine Bégot) et de nouveaux humoristes comme Bertrand Chameroy et Sébastien Thoen. La radio du groupe M6 signe tout de même "sa quatrième meilleure saison" en 20 ans, fait valoir son patron Régis Ravanas. Parmi les généralistes, la lanterne rouge Europe 1 poursuit sa dégringolade débutée il y a 10 ans, s'enfonçant à 3,8% (-0,5 point). La station du groupe Lagardère, passé dans le giron de Vivendi, continuera les synergies avec Canal+, notamment à l'occasion d'un nouveau rendez-vous quotidien dédié au sport en soirée, et fera appel aux services de l'écrivain Yann Moix. En attendant, l'ancienne rivale de RTL fait désormais quasiment jeu égal avec... RTL 2 (3,7%, -0,1 point).

Côté radios musicales justement, NRJ, en quatrième position toutes stations confondues, tombe à 7,9% (-0,5 point) devant Skyrock (5,8%, -0,5 point) et Nostalgie (5,5%, +0,3 point), qui "signe la plus forte progression" de la catégorie, selon Maryam Salehi, dirigeante de NRJ Group, son propriétaire.    Elle dépasse désormais France bleu et talonne RMC (5,6%, -0,2 point). Les indés radios, groupement de 129 stations locales, régionales et thématiques, reculent quant à elles de 0,8 point, à 12,5% d'audience cumulée.

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