Les Français toujours aussi inquiets de l'évolution de leur situation financière personnelle

Courbe

Le moral des ménages français a continué à se dégrader en mai mais "moins fortement qu'en mars et en avril", a indiqué l'Insee, qui précise toutefois que l'indicateur reste "bien au-dessous" de sa moyenne de long terme. En mai, il s'est établi à 86, soit quatorze points en dessous de cette moyenne basée sur la période comprise entre janvier 1987 et décembre 2021, et un point en-dessous de son niveau d'avril. Plusieurs composantes de l'indicateur sont en amélioration : le solde des ménages estimant opportun de faire un achat important progresse ainsi d'un point, "après une forte baisse en avril". La part des ménages qui s'attendent à une accélération des prix au cours des douze prochains mois plonge de 15 points, presque autant qu'en avril (-16 points), après une envolée de 54 points en mars. Enfin, "le solde d'opinion concernant l'opportunité d'épargner perd trois points". Bien que ces trois composantes de l'indicateur semblent indiquer un regain d'optimisme des ménages en mai, elles restent éloignées de leur moyenne de long terme. Les Français restent par ailleurs aussi inquiets qu'en mars et en avril de l'évolution de leur situation financière personnelle. "La part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France va s'améliorer au cours des douze prochains mois baisse" quant à elle de cinq points par rapport à avril, détaille l'Insee. Les ménages sont nettement plus confiants quant à l'évolution du chômage : "le solde correspondant diminue de quatre points, demeurant ainsi à un niveau très bas". Pour Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'OFCE, "on est dans une situation plus dégradée que lors du choc Covid", et "au-dessous" "de la forte dégradation lors de la crise des gilets jaunes" (fin 2018-début 2019, NDLR). Selon les données communiquées par l'Insee, l'indicateur mesurant le moral des ménages était descendu à 88 points en décembre 2018 et à 89 points en novembre 2020, les points bas des deux crises évoquées plus hauts. Les mois de mai électoraux sont traditionnellement des périodes lors desquelles "le moral des ménages a tendance à monter, sur l'idée de nouvelles perspectives, avec un nouveau programme", relève par ailleurs l'analyste. Mais, en 2022, "on est dans un climat extrêmement incertain", et "il y a peu de chances que les choses s'améliorent beaucoup" à court terme, selon lui. Pour soutenir le pouvoir d'achat, "l'Etat a fait pas mal avec le quoi qu'il en coûte (durant le Covid), puis le bouclier tarifaire, qui est une sorte de quoi qu'il en coûte énergétique. Mais jusqu'où ça peut tenir ?", s'interroge encore Mathieu Plane. Dans le même temps, "on voit bien que les entreprises ne sont pas forcément disposées à augmenter beaucoup les salaires", dit-il. "Ce sont certainement les ménages qui encaissent le choc".    

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