Moins de journalistes dans les médias

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L'érosion des effectifs des médias s'est accélérée cette année, en raison de la crise du Covid-19, selon une étude présentée jeudi aux Assises du journalisme de Tours. Le nombre de journalistes titulaires de la carte de presse est tombé à 33.679 à la mi-2020, soit une baisse de 892 par rapport au 1er janvier, montre le baromètre social réalisé pour les Assises par le sociologue des médias Jean-Marie Charon, chercheur au CNRS et à l'IHESS. En baisse constante depuis 11 ans, le nombre de journalistes en France a chuté au total de 9,9% sur cette période. Et la baisse enregistrée cette année est bien plus forte que la moyenne (-371), relève encore l'étude, qui s'appuie notamment sur les données de la commission paritaire chargée de délivrer la carte de presse, la CCIJP. "On a cette année incontestablement une marche qui est franchie dans la baisse du nombre de journalistes", a commenté Jean-Marie Charon, en présentant ces chiffres. En outre, "un déficit apparaît clairement du côté des premières demandes (de la carte de presse, ndlr) qui tombent à 1.239", soit une chute de 28,7% par rapport au 1er janvier, pointe l'étude. Enfin, la part des journalistes précaires (pigistes, chômeurs...) au sein de la profession ne cesse d'augmenter : elle atteint désormais 24,12%, soit près d'un journaliste sur quatre. Ces résultats découlent surtout de la crise liée au Covid-19 et de ses multiples conséquences négatives pour les médias, qui ont déjà entraîné directement plusieurs plans sociaux (NextRadioTV, Webedia...), dépôts de bilan (Paris Normandie, Paris-Turf...), gels des embauches, avance le baromètre. Les médias ont en effet subi "un effondrement de la publicité", note M. Charon, ainsi qu'un "décrochage" de la vente au numéro combinée à la faillite de la messagerie Presstalis, mais aussi la "disparition de la matière" pour de nombreux journalistes avec l'arrêt des événements culturels, sportifs, associatifs... "Ces chiffres sont vraiment inquiétants" pour la production d'une information de qualité et le bon fonctionnement de la démocratie, a commenté Emmanuel Poupard, premier secrétaire général du Syndicat national des journalistes. Julie Lallouet-Geffroy, du collectif Profession Pigiste, a elle souligné la précarisation croissante de la situation des pigistes, de plus en plus souvent rémunérés sous le statut d'autoentrepreneur, beaucoup moins protecteur. A propos de journalistes précaires, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a annoncé dans un message vidéo diffusé aux Assises qu'un arrêté serait publié d'ici mi-octobre, qui "améliorera significativement l'accès des pigistes aux prestations sociales, en particulier en matière de congés maternité, remédiant ainsi à une situation particulièrement injustifiée".

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