Camping, mer, montagne : où iront les Français cet été ?

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(© Nemanja .O., Unsplash)

Qui enverra une carte postale aux grands-parents cet été ? Alors que la France s'est déconfinée depuis peu, VVF et VVF Ingénierie renouvellent une étude pour connaître les projets des français en matière de vacances estivales. Ces annonces les ont-t-elles rassurés et incités à faire des réservations ? Ont-ils modifié leurs choix de destinations suite à la levée des restrictions ? Enfin, quelles sont leurs craintes ? Et quel budget alloueront-ils à ces congés désormais ? 

La plage se profile à l'horizon. Enfin, pas pour tout le monde. En effet, alors que 69% des français restent statu quo et ne modifient pas drastiquement leurs plans pour les vacances, selon la nouvelle étude de VVF et sa filiale VVF Ingénierie, (cabinet de conseil) c'est le cas pour plus d’un tiers des français, (suite aux annonces du gouvernement) ! Aussi, un tiers des sondés est encore dans l’expectative et reste, de fait, sensible aux actualités. Une tendance à la prudence donc sur le territoire, tant sur la question des budgets, qu'en matière d'hygiène et de santé publique. Les exemples sont parlants et même chiffrés puisque 36 % des français sont encore dubitatifs quant à effectuer une réservation, et que 59% d'entre eux se montrent prudents quant à leurs futurs déplacements. 

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(© Unsplash)

Sur la plage abandonnée...

Une crise sanitaire qui a donc un impact considérable sur le moral des français et surtout, sur leurs dépenses, ainsi que sur la trésorerie des professionnels du tourisme (notamment aidés par les médias). Ainsi, même si les restrictions se font moindres pour rejoindre les quatre coins de l'Hexagone, il y a encore des freins pour partir en congés. À commencer par la perte du pouvoir d'achat. Parmi ces freins également, la crainte de devoir repousser ses congés, que l'employeur les annule, qu'il y ait une seconde vague du virus, que l'hébergement choisi n'ait pas été correctement désinfecté, ou encore, que le séjour prévu ne puisse être remboursé ! La crainte de la contamination elle, s'est cependant atténuée avec un recul de 17,3% de personnes craignant un confinement sur leur lieu de vacances (entre la première et la seconde vague entre avril et mai). Néanmoins, la crainte de la contamination sur le lieu de vacances reste stable à 54%.  Si bien que certains partiront au moment de la reprise, c'est à dire au mois de septembre (pour 10% des français). 

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(©  Feri & Tasos, Unsplash)

« Le premier enseignement de cette seconde vague d’enquête, est celui d’une bonne compréhension par les Français de la stratégie sanitaire du gouvernement. Par ailleurs, les annonces du 28 mai ont permis de relancer les ventes, avec une demande axée sur le littoral et la montagne, grande gagnante de cette période », témoigne dans un communiqué, Stéphane Le Bihan, directeur général de VVF.  « Mais, plus d’un quart des français revoient à la baisse le budget. Ces premiers ajustements budgétaires éloignent les Français des offres « all inclusive » vers le locatif avec services et animations. Ces économies portent aussi sur les modes d’hébergement, mais surtout sur les budgets dédiés à la restauration et aux activités  (....).Un plan de soutien à la consommation par le tourisme similaire à ceux de nos voisins européens pourrait favoriser la relance de l’économie touristique. Il poserait un levier de relance économique sur une période courte à fort impact. Le budget des vacances correspond globalement au revenu mensuel par foyer. C’est une manne financière importante et un levier de relance et d’amortissement de la crise économique et sociale ». Qu'en déduire alors ? Que le budget reste stable pour 60% d’entre eux, contre 27% qui le voient en baisse. Et 8% qui le voient en hausse. 

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Partir avec ou sans aides ? 

Pour plus d’un quart des français, les aides sont les bienvenues pour financer, en partie le départ en vacances (activités, loisirs, restauration, etc). Pour 74% des répondants en revanche, les aides du gouvernement n’ont aucune incidence sur leur budget vacances. 

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Un 4 étoiles contre un camping

Si pour certains les vacances n'ont pas de prix, d'autres ont revu les caractéristiques du logement. Pour 48% des français, le premier choix se porte sur l’accueil en villages vacances et sur le camping (en hausse de 8%). Sont ensuite plébiscités les gîtes et les hébergement particuliers (23%) plutôt que les hôtels. Autre fait constaté : le retrait d’Airbnb qui s’explique par l’absence de normes sur les garanties sanitaires, tandis que le choix de l’hôtel peut encore être suspendu aux réouvertures. À noter également que 22% des français ont fait baisser le budget consacré à l’hébergement, contre 70% pour qui il reste stable, sinon est en hausse (8% seulement). Un constat similaire quant à l'alimentation....

Buffet ou glaces, il faudra choisir

Là encore, le budget restauration sera restreint. Avec en prévisionnel, une baisse de celui-ci pour au moins 44% des Français. Un signe de changement profond dans le modèle de consommation des restaurants. Cependant, moins de la moitié des sondés ne viendra sacrifier ses petits plaisirs estivaux. En bref, des vacanciers qui ne changeront pas de comportement ! 

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Les loisirs, la culture et les sports sacrifiés ?

Est aussi sacrifiés avec la crise sanitaire, la pratique des loisirs. À ce sujet en effet, 37% des français se feront moins plaisir que durant les années précédentes. Néanmoins, plus de la moitié des répondants sanctuarisent leur budget consacré aux loisirs. Enfin, côté culture, la méthodologie indique que seuls 57% des français maintiennent leur budget dédié à des activités culturelles pendant les vacances. Mais pour 36% d’entre eux, il est malheureusement revu à la baisse (et en hausse pour seulement 7% des interrogés).

Quant au secteur du sport, qui aura souffert du confinement et de la mise en place des mesures de distanciation physique, il est lui aussi dans une mauvaise posture économique. Tout comme les activités culturelles, il souffre cette année d'une baisse de budget auprès de 37% des français. Cependant, plus de 60% d’entre ces (futurs) vacanciers, continueront de pratiquer une activité physique et maintiendront leurs dépenses.

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(©  Zachary Shea, Unsplash)

Concrètement, partir un peu combien ça coûte ?

Si la saison estivale n'est toutefois pas compromise sur le territoire tricolore, les Français souhaitant tout de même se déplacer (favorisant le tourisme en région), ces derniers n'auront pas à signer de gros chèques. En effet, alors que le budget moyen par personne consacré habituellement aux vacances se situe entre 500 et 1000 euros (équivalent à un mois de revenus par foyer), seuls 3% des répondants allouent plus de 2000€ par personne, à leurs vacances. Enfin, ils sont 16% à pouvoir être en mesure de dépenser entre 1001 et 1500 euros pour la période estivale.

La France, sinon rien

C'est mieux quand c'est local. La phrase n'aura jamais eu autant de sens qu'en cette période post-Covid. Avec un choix libre de destination, 59% des français resteraient en France, contre 5% qui souhaiteraient se déplacer en Europe. Aussi, ils ne sont que 7% à souhaiter traverser les frontières et pour finir, 34% à ne rien vouloir changer de leurs projets ! À noter que ceux et celles qui veulent explorer leur territoire, aimeraient se rendre dans une autre région (57%), contre ceux qui seront plus "casaniers" et ne quitteront pas leur position géographique (8%). Quant au choix du relief, le dilemme est toujours le même : mer ou montagne. Toujours selon VVF, ils sont désormais 44% à choisir la montagne (destination en hausse de 16% par rapport au questionnaire d’avril), contre les vacanciers préférant les plages (39%). Le tout, avec si possible, des offres alléchantes. 

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(© Unsplash)

Cap sur les offres alléchantes

Se reposer oui, mais sans pour autant devenir adepte du farniente. Pour 60% des français, découvrir la région de destination est le premier objectif. Viennent ensuite les offres de restauration (32%) et la randonnée (30%), qui concluent le trio de tête des services attendus. C'est sans oublier les activités de bien-être, sinon destinées aux enfants (piscine par exemple, activité parmi les plus recherchées par plus d’un tiers des français). Cela à l'instar des sports collectifs qui connaissent depuis plusieurs mois, un net retrait (3%) tout comme le sport de montagne. Par ailleurs, les touristes semblent friands d'activités typiques et locales (travail des artisans, par exemple). Une particularité cette année : le fait que certains préfèrent partir sans leurs enfants. Pour plus d’un tiers en effet,  leur garde sera confiée aux grands-parents (17%). Aussi parce que, faute de temps et de moyens, les colonies et centres de loisirs ne recueillent pas (encore), la faveur des Français pour les plus jeunes, pour ce type de service (2%).

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Chéri, il faut réserver !

En ce qui concerne les réservations (pour la plupart incertaines), 46% des français prévoient de réserver un mois avant leur départ. Un quart d’entre-deux préfèrent attendre la dernière minute contre 38% interrogés au mois d’avril. Effet de réassurance ? 24% des français réserveront à la dernière minute, soit 14% de moins qu’au mois d’avril. Conséquences ? Une prise de conscience de la part des acteurs de l'hôtellerie, qui revoient leurs services et mettent en place des solutions de remboursement en cas d'annulation. L'objectif étant de garder le cap et de convaincre la clientèle à tester ledit service. Ont donc été convaincus, autour de ces initiatives de sécurité, 12% de (futurs) clients supplémentaires (en comparaison V1 et V2). Néanmoins, cela pose quelques limites : tout le monde n'y adhère pas (avec 29% des sondés indiquant que cela ne change rien, 28% en V1). De quoi permettre aux acteurs de la restauration et de l'hôtellerie de faire remonter le taux de réservation (à 43%).

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Focus sur les mesures sanitaires sur le lieu d'accueil

Entre la crème solaire et le gel hydroalcoolique, il n'y a qu'un pas. Ou presque.  En tout cas, pour quitter son chez-soi et rejoindre son lieu de vacances, il faudra être équipé. À ce sujet, les Français se montrent exigeants, s'attendant à des logements et des équipements collectifs désinfectés (89%) et la mise à disposition de gel anti-bactérien (42%). En revanche, le marquage au sol pour la distanciation sociale ne semble pas une priorité. À noter également que 76% d’entre ces voyageurs privilégieront une zone verte pour leur destination de vacances. Alors, prêts à faire vos valises ?

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(© Unsplash)

Méthodologie : VVF et sa filiale VVF Ingénierie (cabinet de conseil, spécialiste d'études et de conduite de projets d'équipements touristiques) ont interrogé près de 5000 Français, du 21 au 26 mai 2020, pour connaître l’impact des annonces du gouvernement sur leurs vacances d’été.

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