Les créateurs de contenus et leurs audiences scrutés par l’UMICC
L’Union des Métiers de l’Influence et des Créateurs de Contenu (UMICC), en partenariat avec l’institut Ipsos et Favikon, publie une étude consacrée aux créateurs de contenu en France et à leurs audiences. Ce sont ainsi 430 créateurs de plus de 10 000 followers et 1 000 Français de 18-75 ans qui ont été interrogés
Alors ? Les créateurs de contenu en France sont majoritairement des femmes (70%), et 72% ont entre 19 et 35 ans et 53% entre 36 et 50 ans. 84% relèvent de la micro ou moyenne influence, avec une communauté inférieure à 250 000 abonnés, dont 42% comptent entre 10 000 et 50 000 followers. 59% des créateurs disent publier depuis plus de cinq ans tandis que 86% prévoient de poursuivre leur activité au cours des 5 prochaines années (57% en est tout à fait sûr). 30% y consacrent plus de 30 heures par semaine, tandis que plus de la moitié y dédient 20 heures ou moins. A une large majorité, la fréquence de publication est d’au moins deux fois par semaine tandis que 48% ont un niveau bac +5.
Le travail des créateurs couvre en moyenne 2,7 thématiques, principalement culturelles et créatives (83%), avec la Mode & Beauté (31%), Tourisme-Sorties-Voyages (26%), Santé-Bien-être-Fitness (22%) ou encore Cuisine-Nutrition (19%) et Décoration-Activités manuelles (18%). Mais 34% d’entre eux aborde également des sujets académiques, dont Culure-Education-Langues (15%), Actualité-Politique-Economie-Business (11%), Sciences-Technologie-Auto-Moto-Aéronautique (9%). Instagram s’impose comme le premier terrain d’expression : 90% des créateurs y publient, suivis de TikTok (63%) et YouTube (48%), Facebook (36%) ou encore, plus loin, la plateforme X (13%), Spotify (11%), LinkedIn (10%), Snapchat (8%), Apple Podcast (7%), Twitch (7%) et Deezer (6%).
Des freins ? Les créateurs entendent également souligner le manque de transparence des algorithmes (53%), la pression des statistiques (46%) ou encore le faible niveau de revenu et leur instabilité (43%). Le temps passé (31%) est également évoqué, tout comme la porosité entre vie pro et vie perso (29%). De même, si 40% des créateurs déclarent que la création de contenu est leur seule source de revenus, parmi les autres, la majorité en tire moins de 10% de leurs revenus totaux, et seuls 2% en tirent plus de 75%. 58% des créateurs interrogés disent exercer sous le régime de l’auto-entreprise, les autres formes restant marginales (entreprise individuelle : 15%, salarié : 6%, société : 6%). Par ailleurs, le déficit d’information sur les aides publiques apparait clairement : 85% des créateurs ne connaissent aucun dispositif, notamment du Centre nationale du cinéma et de l’image animée (CNC) seulement reconnu par 12% d’entre eux.
Chez les créateurs, encore, 67% déclarent s’être lancés pour partager leur passion, 51% pour exprimer leur créativité, et 43% pour échanger et créer du lien autour de centres d’intérêts communs. Les motivations plus professionnelles, comme gagner sa vie ou encore accéder à davantage d’autonomie se retrouvent plus loin, « confirmant qu’il s’agit d’un engagement d’abord porté par le sens et la création », soulignent les initiateurs de l’enquête. Sans surprise, leur modèle économique repose principalement sur les publications sponsorisées (55%), les codes promo/affiliations (30%), la publicité pendant la diffusion du contenu (29%) ou encore la production de contenu en marque blanche (15%). 20% avouent ne faire aucun revenu en tant que créateur.
La télévision, loin des préoccupations de 18-24 ans
Et côté du public ? Si pour 86% d’entre eux les réseaux sociaux sont d’abord utilisés pour se divertir, 65% les utilisent aussi pour se cultiver et 63% pour s’informer. Les sujets les plus suivis sont : musique (56%), humour (53%) ou encore actualité et politique (près de 40%). 31% des 18-24 ans passent par ailleurs plus de 15 heures par semaine sur les réseaux sociaux et plateformes de partage de vidéo alors que seulement 8% de cette tranche d’âge font la même chose devant leur poste de télévision. 95% du panel consomment YouTube, 91% Instagram ou encore 96% Pinterest. Les thématiques dites « académiques » (sciences, actualités, histoire…), attirent elles aussi le public : 80% sur X/Twitter, 57% sur TikTok, 54% sur YouTube, 44% sur Instagram, et 42% sur Facebook. Dans ce contexte, les internautes explorent en moyenne 5 thématiques, toutes catégories confondues, signe d’une forte ouverture éditoriale. Parmi les sujets académiques, l’actualité et la politique (38%), l’histoire (25%) et les sciences et technologies (24%) arrivent en tête. Côté culture et créativité, les thématiques les plus suivies sont la musique (56%), l’humour (53%), le cinéma et le théâtre (32%) ou encore la santé et le bien-être (32%). Enfin, sujet sensible : au glovbal, 48% des Français (69% des 18-24 ans – 59% des 25-34 ans – 58% des 35-44 ans) ont déjà acheté un produit ou un service après une recommandation de créateur. 18% ont acheté des produits Mode-Vêtement, 15% des produits Beauté, 13% des Livres et 12% des produits déco, films, vidéos ou voyages.